Entre la Martinique et Saint-Vincent, l’île est une des principales destinations écotouristiques de la Caraïbe.
Christophe Colomb, dit-on, découvrit Sainte-Lucie, un calendrier de saints à la main. L’île, au climat modéré par les vents alizés, prit, un 13 décembre, le nom du saint du jour. La polémique voudrait que la date de sa découverte soit inconnue : ce serait plutôt Juan de la Costa qui aborda dans l’île vers l’an 1500; 100 ans plus tard, une guerre « sans merci » franco-anglaise s’engage pour la possession de l’île. Malgré le courage dont firent preuve les indigènes, 150 ans de guerre extermineront les populations arawak et caraïbe. Française au XVIIIe siècle, l’île devint anglaise de 1814 à 1979, date de l’indépendance. Cette rivalité lui valut le surnom de « Belle Hélène ».
Les colonisations furent atroces pour la population, esclave des colons. « Contester à la race noire l’aptitude à la civilisation se serait donner un démenti formel aux témoignages historiques. S’il est vrai, comme l’affirme Hérodote, que la société égyptienne ait eu pour berceau l’Éthiopie, il faut saluer les nègres comme les instituteurs du genre humain. » La population d’aujourd’hui origine des forçats importés sur l’île. La langue créole descend du français. Joséphine, future impératrice, naquit à Paix Bouche. Castries, la capitale et port principal, porte le nom du maréchal de Castries.
Un pur ravissement, Sainte-Lucie (43 km de long sur 23 km de large) offre des plages frangées de cocotiers, un relief dominé par deux mythiques sentinelles, dénommées « pitons », des mouillages de rêve, aux eaux d’un bleu profond. Des villages colorés parés de bananeraies, des paysages à couper le souffle, des petits matins aux ciels teintés de rose !…
J’ai traversé une forêt tropicale intacte : la « Rain Forest », une forêt humide d’une rare beauté, une biodiversité incroyable; assise dans une nacelle, je pénètre à l’intérieur : des arbres gigantesques, des lianes qui s’entrecroisent, des ruisseaux qui chantent. Des fougères, dont le tronc unique, rectiligne, offre un bouquet de feuilles géantes en forme d’ombrelles; certaines nous frôlent au passage; des myriades d’orchidées se balancent dans les airs. Les flamboyants explosent de couleurs. Les rameaux filiformes du filao (casuarina) bruissent au moindre souffle. Les magnolias s’élancent vers le ciel, les « passes roses » buissonnent dans les clairières, et les grenadiers rougissent dans l’ombre; les fleurs des papayers ruissellent en éventail le long des feuilles ciselées… Lorsque les oiseaux s’envolent sur notre passage, on ne sait plus où regarder.
À quelques kilomètres de La Soufrière, « Fond Doux Estate », offert il y a 250 ans par le Roi Soleil aux frères Devaux, est un éco-hôtel qui se visite; on admire la splendeur de ses arbres géants en fleurs, les caféiers, les sous-bois de cacaoyers tapissés de pétales roses; depuis la terrasse, une jungle immense, dense et silencieuse, semble envahir l’espace planétaire. Les actuels propriétaires ont restauré le domaine dans l’esprit des lieux : des constructions écologiques avec le souci de préserver la nature. Le sol est biologique, la plantation reboisée; une culture vivrière recomposée : bananeraies, fruits exotiques, légumes; en tout, un millier d’arbres seront remplacés. Le chef du restaurant table sur la qualité et la fraîcheur des produits biologiques et offre un menu exquis.
Membres de plusieurs associations sur le tourisme responsable, ils assistent régulièrement à des conférences sur les nombreuses précautions à prendre envers les écosystèmes…et offrent une formation sur l’environnement au personnel de la plantation.
Par des sentiers bordés d’essences rares, j’arrive devant la maison Angélina… Je ne vous dirais pas à quel point ces cottages sont splendides…photos et vidéo.
Sainte-Lucie? « Un beau paysage inexprimé, de la beauté dont personne n’est le propriétaire. »
(Derek Walcott) (À lire absolument : un Saint-Lucien, Prix Nobel de littérature)
À savoir :
Le film Dr Dolittle, avec Rex Harrison, a été tourné dans la baie de Marigot.
Pratique :
Monnaie : Eastern Caribbean Dollar
Électricité : 220V
Infos : Aeroméxico, Sunwing
Merci aux hôtels Almond pour leur hospitalité :




Anne est une globe-trotter infatigable, journaliste-photographe-réalisatrice, curieuse de tout. Découvrir la société à travers l’architecture, l’art et les évènements spéciaux, la passionne. Elle a survolé le Périgord en avion ultraléger motorisé, a sondé l’âme russe en tournant un documentaire à Saint-Pétersbourg, intitulé Razgovor et sélectionné au Festival international du film sur l’art (FIFA) en 2006. Le documentaire et les voyages sont sa passion.
0 Réponses à “Sainte-Lucie, « l’île sous le vent »”