La Noche del Sol ou les adieux de Luciano Pavarotti à l’Amérique… (La suite)
Une symphonie de couleurs éblouissantes

En route... Crédit : Anne Antomarchi
La route bordée de montagnes aux sommets arrondis comme des dunes fuit devant un horizon sans fin. De gros buissons rabougris, emportés par des bourrasques de vent chaud, roulent sur le bas-côté. Il est facile d’imaginer que depuis la naissance du monde, jamais une seule goutte de d’eau n’est tombée sur ces terres arides et poussiéreuses; pourtant il semble que lorsque la pluie se manifeste, ces buissons reprennent rapidement racine là où ils se trouvent et reverdissent jusqu’à la prochaine saison sèche. Les montagnes brunies, enchevêtrées les unes aux autres, n’offrent pas la moindre trace de vie humaine : un amoncellement gigantesque, d’énormes rochers, arrondis, polis par des millions d’années, dénommés Pietras Bolas se dressent dans un chaos d’enfer : que s’est-il passé à l’aube des temps? Un spectacle était là, dans ces lieux uniques.
À 2000 m d’altitude, la route commence à redescendre. Le spectacle qui surgit alors est renversant. À perte de vue, un panorama inoubliable, un espace vertigineux où le ciel se confond avec l’immensité des vallées. Décors de brumes transparentes, où les vapeurs aquarelles, blanches, mauves, bleues, se diluent à l’horizon.

À 2000m d'altitude, vue sur la lagune avant de descendre... Crédit : Anne Antomarchi
C’est la Laguna Salada… une ligne de partage saline fermée et reliée au réseau de canaux de Mexicali, sèche pendant des décennies, remplie d’eau en 1984 pour éviter l’ennoiement après l’ouverture du barrage en amont des États-Unis. Depuis 1998, l’eau s’est évaporée. Lorsque le Rio Colorado est en crue, elle sert de bassin versant.
Pendant les périodes sèches, c’était un endroit d’entraînement pour les astronautes de la NASA, un lieu idéal pour les réalisateurs de films recherchant les décors identiques à l’Ouest sauvage ou aux déserts de l’Afrique du Nord.

Arrivée sur le site du spectacle Crédit : Anne Antomarchi
Aujourd’hui, les gens y viennent pour regarder les étoiles ou pour scruter fixement l’horizon, en espérant voir apparaître les extraterrestres. Elle est encadrée par un amphithéâtre de montagnes roses : au nord le Cerro del Centinela, au sud-est la Sierra de las Pintas, à l’est par la Sierra de los Cucapah et la Sierra Madre, et à l’ouest la Sierra de Juárez, qui laisse tomber plus de 1200 m de falaises abruptes sur ses rives.
C’est ici qu’aura lieu le concert.
« Qui à par nous, peut survivre ici disent les résidents avec fierté »
Les vapeurs flottent sur la Laguna, distillent une atmosphère
de mystère impénétrable. L’évènement, appelé La Noche del Sol, se tiendra ici dans ce règne du silence où rien ne vit, où rien ne pousse; 40 000 personnes sont attendues.
Les défis, dans la Laguna Salada, consistent en deux choses: pas d’électricité, pas d’eau. Les lignes électriques, à plusieurs kilomètres de la route reliant Tijuana à Mexicali, furent amenées à la Laguna. Le directeur artistique, M. Esma, espère allumer la Sierra Cucapah avec une brillante finale de feux d’artifice.
Recouverte d’une croûte blanchâtre de sel et de boue sèche, la surface du bassin de 1020 km2 (60 km de long et 17 km en son point le plus large) a été lissée et tassée par de lourdes machines afin qu’elle puisse recevoir les 40 000 chaises. Trois héliports furent construits sur l’emplacement, bien que Luciano Pavarotti eût projeté son arrivée en voiture. Sept allées tracées sur le site faciliteront les transports le jour du concert et l’accès au stationnement.
S’élèvera, comme un mirage, dans le désert, la gigantesque scène en tubes d’acier, tendue de toile blanche.
Avec des billets allant de 10$US à 1000$US, ce concert de grande envergure ne s’adresse pas seulement aux gens riches et célèbres, mais à tout le monde.

Hôtel Rosarito Crédit : Anne Antomarchi
Hébergement
L’hôtel-spa Rosarito Beach, construit en 1926, affiche sa blancheur éclatante et son bleu outremer, couleurs rares pour le Mexique. Noyée dans une végétation luxuriante, sa plage sauvage vous enchantera. Le restaurant s’ouvre sur la piscine et sur la très longue jetée dominant l’océan et ses couchers de soleil.
J’étais l’invitée du Conseil du Tourisme Mexicain.
À suivre…