Sur la route des Haciendas

Vieille hacienda où l’on traite le Henequen. Crédit photo : Anne Antomarchi

Vieille hacienda où l’on traite le Henequen. Crédit photo : Anne Antomarchi

Vers quelles contrées captivantes m’envolerais-je pour mes vacances? Où trouver l’endroit magique ignoré des agences de voyages? Au Mexique, tout proche…

Les charmes de l’époque coloniale

Vous êtes dans la région du Yucatán, au cœur du peuple maya.

Une longue route droite… La capitale, Mérida la blanche, se laisse admirer. Assoupie sous le soleil encore haut, elle se réveille lentement de sa torpeur et s’apprête à recevoir ses invités pour les promenades du soir.

Les Mexicains ont le sens inné de la fête : les lampions s’allument, les cristaux scintillent, les nappes colorées claquent sous le vent léger. Toute la ville entame une nouvelle nuit de festivités. Dans les rues piétonnières, les terrasses des restaurants rivalisent d’artifices; un cérémonial qui revient chaque soir comme si c’était le premier et unique soir de gala. Des portes entrouvertes s’échappent une musique entraînante, des odeurs alléchantes. Les calèches enrubannées et leurs chevaux attendent l’heure propice. Lire la suite de ‘Sur la route des Haciendas’

Japon : la terre a tremblé

Impossible de ne pas en parler : 10 000 disparus, 2 000 morts

Un séisme historique dans une zone sismique complexe

Source : Tristan Vey

 Les trois plaques eurasiatique, philippine et pacifique. En rouge la faille où s'est produit une rupture vendredi. Source : Jolivet - 1997.

Les trois plaques eurasiatique, philippine et pacifique. En rouge la faille où s'est produit une rupture vendredi. Source : Jolivet - 1997.

Observez comment le mouvement des plaques tectoniques peut donner naissance à ce phénomène dévastateur. Un graphique animé : très intéressant.
La secousse est liée à la rupture d’une faille très importante entre les plaques pacifique et eurasiatique. L’ampleur du phénomène pourrait avoir perturbé les autres failles de la région.
Le Japon est situé au carrefour de trois grandes plaques tectoniques. On appelle cela un « point triple ». Les plaques pacifique, eurasiatique et philippine se chevauchent ainsi les unes les autres dans un assemblage complexe à analyser. Le séisme, historique par son ampleur, survenu vendredi (magnitude 8,9), est lié à la rupture de la faille qui sépare la plaque pacifique de la plaque eurasiatique. À cet endroit, la première « plonge » sous la deuxième, dans ce que l’on appelle une « zone de subduction ».

« Aux échelles de taille et de temps géologiques, la croûte terrestre est élastique », explique Clément Narteau, géophysicien à l’Institut de physique du globe (IPG). « En temps normal, la plaque pacifique plonge sous l’Eurasie, qui est entraînée vers le bas par les forces de frottements », poursuit-il. On trouve donc à cet endroit une fosse océanique, appelée « fosse du Japon ». De temps en temps, l’accumulation de contraintes à l’interface des deux plaques provoque une rupture. La plaque eurasiatique se détend alors comme un ressort et remonte un peu. Plus le déplacement de la plaque et la taille de la faille sont importants, plus la magnitude du séisme est grande, plus le tsunami est violent. « Le Japon a probablement gagné un peu en altitude », remarque Clément Narteau, qui prévoit de nombreuses répliques dans les jours à venir pour dissiper l’énergie encore emmagasinée dans la faille. « Il peut y en avoir pendant des années, mais leur intensité et leur fréquence vont très rapidement diminuer », rassure-t-il.

« Le grand tremblement de terre du Kanto, en 1923, était lié à la rupture de cette faille », explique Robin Lacassin, responsable du laboratoire de tectonique de l’IPG. Ce séisme de magnitude 8 avait fait plus de 140 000 morts. Robin Lacassin n’est pas surpris par la violence du nouveau séisme, la faille pacifico-eurasiatique n’ayant pas cédé depuis plusieurs dizaines d’années. Celui-ci pourrait d’ailleurs bien être le Big One que les spécialistes attendaient « avant 2035 ».

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Carthage aujourd’hui

O162 la piscine du Da Saïd, à Sidi Boussaïd, avec vue sur le golfe de Tunis. Crédit photo : Anne Antomarchi

La mosaïque à la rose avec le prof Pierre Senay. Crédit photo : Anne Antomarchi

« Carthage, reine des mers », « Carthage est un navire à l’ancre ». Seule Venise lui est comparable, notait pour la décrire Strabon, écrivain né vers 64/63 av. J.-C et connu pour sa Géographie.

Au pied de la colline de Byrsa, en bordure du rivage, on aperçoit les deux bassins des ports antiques de Carthage qui témoignent de l’activité prodigieuse qui régnait alors dans le Bassin méditerranéen. Grâce à sa situation, sur une presqu’île au fond d’un golfe, elle surveille tout mouvement vers la mer. Sa position stratégique lui vaudra d’être, par sa puissance, la rivale de Rome. Aujourd’hui Carthage est une banlieue de Tunis et un site archéologique important.

Et Mosaïques lotus. Crédit photo : Anne Antomarchi

Et Mosaïques lotus. Crédit photo : Anne Antomarchi

Le monument africain le plus remarquable…

C’était à Carthage, le samedi 15 juin 2002, sur le site de la Rotonde, le monument africain le plus remarquable de la période paléochrétienne des IVe et Ve siècles, en plein midi sous le chaud soleil de la ville antique…

Monsieur Pierre Senay, archéologue, professeur au Département des sciences humaines à l’Université du Québec à Trois-Rivières, dirige depuis 1976 des fouilles sur le site de la Rotonde de Carthage, construite par les héritiers de Constantin, autour de 350 apr. J.-C. et enfermant sans doute une relique de la Sainte-Croix. Ce site comprend également les ruines d’une basilique « triconque » et un quartier ecclésiastique.

Fragments de mosaïques: le médaillon central. Crédit photo : Anne Antomarchi

Fragments de mosaïques: le médaillon central. Crédit photo : Anne Antomarchi

Le professeur Senay, assisté par des étudiants universitaires, tous passionnés d’archéologie, vient depuis plus de 25 ans à Carthage, animé par une passion : la découverte et l’étude de l’archéologie. Intarissable sur le sujet, il explique comment l’insertion de grandes amphores, en « terre cuite vide », dans le ciment, allège considérablement les immenses et lourdes « voûtes d’arêtes » (croisement de deux voûtes en berceau) qui ont permis la construction de très grands espaces avec arcades sans aucune traverse. Ce jour-là, le professeur Senay est particulièrement fier, car une équipe vient de découvrir une somptueuse mosaïque… nous assistons à la découverte le cœur battant… la mise au jour se fait lentement, sous nos yeux, les figures se précisent, les dessins en volute apparaissent sous les grabats… c’est un magnifique médaillon, on peut voir en son centre une vasque avec deux roses, le tout entouré d’une couronne de feuilles de lauriers. Délicatement les étudiants balaient, puis procèdent à l’arrosage avec plusieurs seaux d’eau… Habillée de marbres blanc, gris, bleu et rose, la voici resplendissante au soleil, l’émotion est à son comble!. Nous sommes songeurs devant tant de beauté dévoilée pour la première fois au grand jour : le chef-d’œuvre sorti des ténèbres 1 500 ans plus tard s’offre à nous dans toute sa splendeur! Professeur Senay : La partie dégagée mesure environ 2,30 mètres sur 3,30 mètres. Elle se trouve à une altitude moyenne de 37,96 mètres. Les losanges de la mosaïque sont typiques et sont propres à une période, qui elle aussi se situe à la fin du IIIe et début IVe. Elle date de la fin du IIIe, début IVe siècle.

Son nom sera : la Mosaïque à la Rose.

Il est midi à Tunis, le soleil darde ses chauds rayons place de la Casbah, des fontaines murmurent au centre de bassins fleuris de jasmins. À l’ombre des arbres, des jeunes filles, assises sur le muret qui borde le bassin, prennent leur repas de midi… C’est un enchantement que de se faufiler aux petites heures du jour dans les fraîches rues étroites de la Médina, à l’ouverture des échoppes… là une odeur de café vous guide jusqu’à une tasse fumante… ici trois hommes, assis sur des coussins dans une minuscule boutique surélevée, tirent l’aiguille comme le faisaient leurs ancêtres avant eux, dessinent et brodent en fil de soie, en fil d’or, de somptueuses arabesques. Dans le souk des chéchias, rien n’a changé, elles sont confectionnées à l’identique depuis des siècles… la journée ne suffira pas pour tout voir ! Lorsque l’harmonie reviendra, visitez ce pays : je n’ai que de bons souvenirs.

O162 la piscine du Da Saïd, à Sidi Boussaïd, avec vue sur le golfe de Tunis. Crédit photo : Anne Antomarchi

O162 la piscine du Da Saïd, à Sidi Boussaïd, avec vue sur le golfe de Tunis. Crédit photo : Anne Antomarchi

Se loger :

Sidi Bou Saïd

Au Dar Saïd, une ancienne demeure.

Avec restaurant piscine, hammam, et une magnifique vue sur le golfe de Tunis.

Se restaurer :

La Marsa : El Hawa, restaurant gastronomique, sur l’eau.

La Soukra : branché, le restaurant La Closerie

La propriétaire est un spectacle en soi.

Tunis : le restaurant Chez nous, depuis 1935, a reçu les plus grands du cinéma mondial.

Médina de Tunis : Dar El djeld, un somptueux palais décoré de mosaïques anciennes. C’est un endroit fabuleux!

Les Mémoires d’Adrien de Marguerite Yourcenar (Hadrien, empereur romain, père adoptif d’Antonin), à la fois roman, histoire, poésie…

Écouter l’Opéra Salammbô, magnifique! Dans le célèbre film Citizen Kane d’Orson Welles.

Carthage rivale de Rome

Aujourd’hui, la position géostratégique de Carthage est toujours enviée. En juin 2010, des manœuvres militaires « tuniso-américaines » se sont déroulées d’une manière discrète en Méditerranée… Une question se pose : Comment évoluera cette révolution et que nous dit l’Histoire?

La rivalité entre Rome et Carthage engendre pendant des siècles des guerres successives et cruelles, ayant pour enjeu l’hégémonie en Méditerranée occidentale.

En 241 av. J.-C., la guerre s’achève par la cession aux Romains de la partie carthaginoise de la Sicile. La Sardaigne et la Corse sont prises à Carthage. À son tour, Carthage acquiert un point d’appui en Espagne et reprend les hostilités. Le téméraire Hannibal envahit l’Italie, à la tête de 50 000 fantassins, 9 000 cavaliers et 37 éléphants, et franchit l’Èbre, les Pyrénées, le Rhône, les Alpes et atteint Rome en vainqueur. Hannibal infligea aux Romains une série de défaites, ravagea la majeure partie du pays méridional durant plusieurs années. Néanmoins, les renforts attendus n’arriveront jamais. Rappelé en Afrique, il capitule. En 149 av. J.-C., Scipion Émilien fit de Carthage une province romaine d’Afrique. Ainsi la Carthage romaine recouvre la punique, la médiévale emprunte aux ruines de l’antique, et la moderne, visitée chaque année par des milliers de touristes, témoigne de 3 000 ans d’histoire.

L’apport des Romains : le choc des civilisations

Des réalisations spectaculaires! La Tunisie sous domination romaine a connu un développement considérable, notamment dans le domaine de l’urbanisation, au demeurant déjà très avancé. Au nord, les cités ont exploité la relative abondance des précipitations et des nappes phréatiques, en se dotant de citernes domestiques ou publiques, de fontaines monumentales, de réservoirs et de puits, exploitant des nappes de surface ou des couches plus profondes.

Maîtrise de l’eau : un après-midi aux « thermes d’Antonin »

Les spas, les Romains les avaient découverts avant nous.

Chaque matin, l’Empereur discute avec ses administrateurs. Avec sagesse et générosité, il poursuit son action sociale, son objectif d’adoucir la condition des esclaves. Les peines d’emprisonnement doivent être plus clémentes : abolir la torture et assouplir le statut de la femme, lui accorder pratiquement les mêmes droits qu’à l’homme. C’est à cela qu’il songeait en se dirigeant vers les thermes. Son regard se porte au loin; le soleil, déjà haut dans le ciel, jetait un halo de lumière sur la mer. Il est ébloui par la beauté inégalée qui se dégage des lieux, comparables à ceux de Pompéi et d’Herculanum, bien que plus anciens. Les architectes et les ingénieurs avaient construit les thermes de Carthage en faisant appel aux techniques les plus évoluées et les plus originales de l’époque. L’approvisionnement en bois et en charbon se faisait par la mer; l’alimentation en eau, à partir de grands réservoirs installés en haut de la colline de Borj Jedid, eux-mêmes approvisionnés par le grand aqueduc de Zaghouan, long de 132 km, construit par Adrien au IIe siècle apr. J.-C. et restauré sous le protectorat français.

La beauté des lieux l’enchantait : les voûtes, d’immenses « salles des pas perdus » précédant les piscines d’eau froide, étaient recouvertes de mosaïques d’or et de pâte de verre aux arêtes juxtaposées, et supportées par d’imposantes colonnes de granit. Un effet particulier se dégageait de l’ensemble : la lumière sur les mosaïques apportait au sujet une sorte de ravissement le transportant dans un monde irréel; il n’a pas été inventé par les chrétiens, il viendrait de l’art romain.

L’Empereur passe devant l’amphithéâtre; ce soir auront lieu d’importants jeux de gladiateurs et d’animaux sauvages. Il s’engage vers les vapeurs du caldarium, dans la grande salle aux murs revêtus de riches mosaïques de marbre. Il ne s’offusque pas de côtoyer des hommes de toutes conditions; les thermes sont ouverts à tous. Il se baigna dans les bassins, puis le tayeb (masseur) frotta son corps avec du tfal : de l’argile réduite en pâte, puis après avec des huiles (extraites de plantes); sous l’effet d’un massage vigoureux, il oublia ses préoccupations impériales.

Un moment convivial dans le frigidarium (bassin froid) en compagnie de marchands propriétaires de riches villas : les femmes avaient leurs quartiers à part, sauf celles qui affichaient des mœurs légères. Il chemina pendant quelques heures, s’arrêtant au bord d’une belle fontaine… Saha! que le bain te soit bénéfique! Il discutait volontiers avec tous, toujours curieux des besoins de ses sujets. L’Empereur préférait la discussion à la guerre…, dit-on.

Dans ce lieu où les différences n’existent plus, tout est calme et volupté : les bains, c’était finalement comme dans le temple des dieux. Les Puniques et les Romains maîtrisèrent l’eau, ils laissèrent des témoignages impressionnants de leurs génies respectifs.

Suite la semaine prochaine : Carthage aujourd’hui… Une découverte romaine, j’y étais…

Visiter : le musée du Bardo

Remerciements : Office du tourisme de la Tunisie à Montréal.

Et à : www.selimtours.comde

Sur les traces de Salammbô

Les cavaliers à l’époque des guerres puniques  sont considérés comme les meilleurs cavaliers du monde.

Les cavaliers à l’époque des guerres puniques sont considérés comme les meilleurs cavaliers du monde. Crédit photo : Anne Antomarchi

Tunisie : sa position géostratégique en a toujours fait un lieu de convoitise. Déjà, au IIIe siècle av. J.-C., que s’y passait-il?

Pays du Soleil couchant, la Tunisie, au cœur de la Méditerranée, ancrée à la pointe est de l’Afrique du Nord, est l’héritière d’un riche et terrible passé : Berbères, Phéniciens, Romains, Arabes, Byzantins, Turques et Français y laissèrent leurs marques. Dans une centaine d’années, que laisseront en héritage les pays qui en attaquent d’autres, les gardent sous leur coupe, sous prétexte de leur apprendre à vivre?

Un pur délice

Une route bordée d’eucalyptus serpente au pied d’une colline; toute la poésie du monde méditerranéen est là dans les jardins en terrasses, où s’épanouissent des grenadiers, citronniers, orangers, de grands figuiers aux branches chargées de promesses. Les plages sablonneuses alternent avec les falaises abruptes; ombres et lumières se succèdent au gré du rivage. La mer scintille, la route courtise un instant les plages dorées, puis comme à regret, après quelques virages, s’élance vers les hauteurs, flirte avec les sombres cyprès. Le jasmin, dont le parfum capiteux embaume les vacances, vous conduit au sommet, vers ce village éclaboussé de blancheur. Vos yeux ne savent plus où se poser, c’est un pur délice.

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On nous ment sur la révolution tunisienne

Crédit photo : Anne Antomarchi

Source : Pierre Dortiguier

Ce qui se passe actuellement en Tunisie me va droit au cœur !

Les médias occidentaux proclament que le général Zine el-Abidine Ben Ali, ancien président déchu de la Tunisie, est un dictateur. Le mouvement de protestation tunisien est décrit comme la conséquence d’un régime antidémocratique et autoritaire défiant les normes de la « communauté internationale ». Toutefois, Ben Ali n’était pas un « dictateur ». Les dictateurs décident et dictent. Ben Ali était le serviteur des intérêts économiques occidentaux, un pantin fidèle obéissant aux ordres, avec l’appui soutenu de la communauté internationale.

L’interférence étrangère dans les affaires intérieures de la Tunisie n’est pas mentionnée dans les reportages médiatiques. Les hausses de prix de la nourriture n’ont pas été « dictées » par Ben Ali, mais imposées par Wall Street et le Fonds monétaire international (FMI).

Le rôle du gouvernement Ben Ali a été d’appliquer la médecine économique mortelle du FMI, laquelle, sur une période de plus de 20 ans, a servi à déstabiliser l’économie nationale et à appauvrir la population tunisienne. En tant que chef d’État, Ben Ali n’a pas pris de décision importante. La souveraineté nationale était un souvenir. En 1987, au plus fort de la crise de la dette, le gouvernement nationaliste de gauche d’Habib Bourguiba a été remplacé par un nouveau régime, fermement engagé à adopter des réformes du « marché libre ».

La gestion macroéconomique sous le commandement du FMI était aux mains des créanciers extérieurs de la Tunisie. Pendant ces 23 dernières années, la politique sociale et économique du pays a été dictée par le consensus de Washington. Ben Ali est demeuré au pouvoir, car son gouvernement a obéi et appliqué efficacement les dictats du FMI, tout en servant à la fois les intérêts des États-Unis et ceux de l’Union européenne.

Ce système a été implanté dans de nombreux pays. La continuité des réformes fatales du FMI requiert un « changement de régime ». La mise en place d’une marionnette politique assure l’application du programme néolibéral, tout en créant des conditions propices à l’effondrement éventuel d’un gouvernement corrompu et impopulaire ayant servi à appauvrir une population entière.

Le mouvement de protestation
Ce n’est pas Wall Street et les institutions financières internationales situées à Washington qui sont la cible directe du mouvement de protestation. Au début, les protestations n’étaient pas le résultat d’un mouvement politique organisé et dirigé contre l’imposition des réformes néolibérales. De plus, des indications laissent croire que le mouvement de protestation a été manipulé dans le but de créer un chaos social, ainsi que d’assurer une continuité politique. Des reportages non corroborés révèlent des actes de répression et d’intimidation par des milices armées dans de grandes zones urbaines.

La question qui importe est : comment la crise évoluera-t-elle? Et comment la question plus large de l’interférence étrangère sera-t-elle abordée par le peuple tunisien?

Du point de vue de Washington et de Bruxelles, on prévoit le remplacement d’un régime autoritaire par un nouveau gouvernement fantoche. Des élections sont envisagées sous la supervision de la soi-disant communauté internationale, auquel cas des candidats seraient présélectionnés et approuvés. Si ce processus de changement de régime devait être mis en œuvre pour le compte d’intérêts étrangers, le nouveau gouvernement mandataire assurerait sans doute la continuité du programme politique néolibéral ayant servi à appauvrir la population tunisienne.

Le gouvernement transitoire mené par le président intérimaire Fouad Mebazza se trouve actuellement dans une impasse, avec une opposition féroce émanant du mouvement syndical (UGTT).

Aperçu historique
En chœur, les médias ont présenté la crise en Tunisie comme une question de politique intérieure, sans offrir de perspective historique. La présomption veut qu’avec la déposition du « dictateur » et l’installation d’un gouvernement dûment élu, la crise sociale se résoudra tôt ou tard.

Les premières « émeutes du pain » en Tunisie remontent à 1984. Le mouvement de protestation de janvier 1984 a été causé par une hausse de 100% du prix du pain. Cette augmentation a été exigée par le FMI dans le cadre du programme d’ajustement structurel tunisien (PAS). L’élimination de subventions alimentaires était une condition de facto de l’accord de prêt avec le FMI…

À peine quelques mois après l’installation de Ben Ali comme président en novembre 1987, un accord majeur a été signé avec le FMI. Un accord avait également été conclu avec Bruxelles concernant l’établissement d’un régime de libre-échange avec l’Union européenne. Un programme de privatisation massive sous la supervision du FMI et de la Banque mondiale a aussi été lancé.

Avec des salaires horaires de l’ordre de 0,75 euro, la Tunisie était devenue un paradis de main- d’œuvre bon marché pour l’Union européenne.

Washington face à la colère du peuple tunisien : suite  ici

Ce qui se passe en Tunisie et en Égypte est un encouragement pour tous les peuples opprimés. Et ces derniers ne sont pas ceux que les médias occidentaux imaginent !

Haïti, un pays volé en cachette

Haïti, condamné à être l’arrière-cour de luxe des États-Unis puisque ces gisements de pétrole sont déclarés réserves stratégiques des États-Unis.

Chers lecteurs, tous mes vœux pour cette année qui commence… Vous avez passé de bonnes fêtes? Moi? Oui, par moments. Je dis « par moments »… C’est le temps de l’année où je voudrais être « la sorcière bien-aimée » pour changer certaines situations qui me découragent du genre humain! Un an qu’Haïti a été dévasté. Impuissant face à ce drame qui se joue presque à notre porte, chacun sait que certains pays ont entrepris un long voyage, les mains pleines d’offrandes, et que d’autres se sont bousculés pour arriver les premiers! Armés! Les pays comme la France, les États-Unis et le Canada sont-ils venus pour améliorer le sort des Haïtiens, les soulager de leur misère, véritablement j’entends? Si oui, ça se verrait. Haïti est pauvre, les chaînes de télé nous le rabâchent. Ces reportages, ces nouvelles, laissent les auditeurs dans l’ignorance. Sur place, les journalistes témoignent de la douleur des Haïtiens, pourtant c’est le silence… Où sont passés tous ces millions promis? Ça n’indigne personne. De quelle reconstruction parle-t‑on? Qui ménage-t-on? D’un côté on « kidnappe » un pays, de l’autre on fait semblant de l’aider. Je vous livre le fruit de quelques recherches.

Maurice Lemoine, du Monde diplomatique, nous dit : « À une classe politique haïtienne que menace le spectre de l’autodestruction, et qui n’est pas exempte de responsabilité dans l’état calamiteux du pays, qui donnera des leçons? Les institutions financières internationales, qui ont retardé le processus d’annulation de la dette, en dépit des problèmes auxquels faisait déjà face la population? Washington, la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI), la Banque interaméricaine de développement, etc. Les pays dits “ amis ”, qui ont cyniquement poussé à la descente aux enfers de la société haïtienne? Dès 1984, le FMI a obligé Port-au-Prince à libéraliser son marché. Les rares et derniers services publics furent privatisés, en privant d’accès les plus démunis. En 1970, Haïti produisait 90% de sa consommation alimentaire; elle en importe aujourd’hui 55%. Le riz américain subventionné a tué la production locale. En août et septembre 2008, la flambée des prix alimentaires mondiaux fit augmenter son prix de 50%, provoquant des émeutes de la faim. Un cataclysme naturel peut être imputé à la fatalité. La paupérisation honteuse et insupportable des populations urbaines et rurales d’Haïti, non. »

Haïti, immensément riche, pourrait être « le Dubaï des Caraïbes ». L’ex-président de la République dominicaine, Leopoldo Espaillat Nanita, explique dans Du pétrole, de l’or et de l’iridium en abondance en Haïti : « Les études et les recherches géologiques réalisées sur le sol haïtien indiquent que cette nation possède, avec la République dominicaine, le terrain aurifère non exploité le plus grand du monde. De même qu’il existe un minerai peu connu, l’iridium, utilisé dans la construction de navettes de l’espace et d’autres engins spatiaux. Ces deux ressources sont suffisantes pour alléger la “ pauvre ” vie des habitants d’Haïti. »

(17 décembre 2008) La compagnie EMX (entreprise de TSX) de Vancouver est heureuse d’annoncer qu’il lui a été attribué 27 nouveaux permis d’exploration dans le nord d’Haïti. Cette nouvelle transaction immobilière, en association avec EMX dont les permis précédents ont accordé à la compagnie la concession de 130 kilomètres de terre le long de la rive d’où émerge une nouvelle ceinture d’or. La mine historique de cuivre et d’or de Même est incluse dans le nouveau permis de concession. Toutes les nouvelles propriétés sont portées à l’actif de la compagnie : Alliance régionale d’exploration avec Newmont Ventures Ltd. Les 27 nouveaux permis accordés à EMX par le Bureau des Mines et de l’Énergie de la République d’Haïti, couvrent 230 560 hectares dans le nord d’Haïti. La superficie d’exploration de EMX totalise maintenant 281 858 hectares et couvre approximativement la moitié de la ceinture métallo-génique du massif du nord d’Haïti. Cette ceinture régionale minéralisée est composée d’un assemblage de cuivre, d’or et d’argent formé tôt dans l’arc insulaire, est située le long de la côte nord de la plaque tectonique des Caraïbes et devient le siège des projets d’exploitation minière de EMX à La Miel et à Champagne, aussi bien que le dépôt de Viejo Pueblo dans le pays adjacent, la République dominicaine. Pueblo Viejo a 215 millions de tonnes de réserves certifiées contenant probablement 20,4 millions d’onces d’or, 117,3 millions d’onces d’argent et 423,5 millions de livres de cuivre, en date du reportage de la fin de l’année 2007. EMX et son associé d’exploration, Newmont, explorent agressivement le contrat de la compagnie et se positionne comme la première entreprise du monde en matière d’exploitation des mines d’or. Ici plus d’information.

Le Gold Exchange Standard, c’est-à-dire l’évaluation de la richesse d’une nation avec le pouvoir de frapper la monnaie à partir de ses réserves d’or dans le Massachusetts, est en voie de retour. Les grandes puissances, dans le plus grand secret, sont en train d’acheter et de récupérer l’or partout dans le monde pour renflouer leurs caisses. Haïti va-t-elle perdre cette chance extraordinaire que lui réserve la « main divine » à cause des antinationaux au pouvoir? À côté de l’or (sans parler du cuivre) et de l’argent qui y sont associés, le sol regorge aussi d’un métal précieux, l’iridium (nord d’Haïti), dont parlent les médias haïtiens depuis au moins 1997. (Un métal noble est un métal qui résiste à la corrosion et à l’oxydation.)

Bob Rae, de son côté, affirme : « Les relations du Canada avec Haïti ne datent pas d’hier. Des missionnaires catholiques s’y rendent depuis des dizaines d’années. Les Haïtiens ont choisi le Canada comme pays d’asile et leur second chez-soi. [C’est la moindre des choses, non?] Les échanges commerciaux y sont très modestes, et l’ACDI y met en œuvre un programme d’aide depuis la fin des années 1960. Après les États-Unis, le Canada est aujourd’hui le deuxième plus grand distributeur d’aide étrangère dans ce pays. À suivre ici sur le site de Bob Rae, où n’est faite aucune mention sur les ressources naturelles d’Haïti.

Les donateurs privés ont fourni l’immense majorité des fonds nécessaires à son organisation : 14 millions de dollars en provenance des États-Unis, 7 millions versés par l’Union européenne et 5,7 millions par le Canada.

Chaque année, je passe les fêtes chez des amis à Frelighsburg. C’est l’endroit idéal pour croire que notre planète est en paix. Pas de portable, pas d’Internet, pas de radio… Ce matin-là, le sol recouvert de neige crisse sous mes pas, le soleil brille, je suis sur la piste d’un chevreuil, je vois sa trace qui s’arrête au bord de l’étang couleur d’argent, s’arrête sur la rive, continue plus loin et disparaît sous les futaies… C’était mon heure de silence pour Haïti; aujourd’hui j’écoute Luck Mervil à l’émission de Christiane Charette. Il crie : « Il faut “ changer le monde…” » Je veux y croire.

Istanbul, la belle du Bosphore (suite 3)

Istanbul est une invitation au voyage. À travers la richesse de son histoire, j’anticipe le plaisir… j’apprivoise le temps, afin de rester, encore un peu, dans ce désir… si inspirant…

La cour extérieure de la Mosquée bleue

La cour extérieure de la Mosquée bleue

Avant la découverte de monuments importants, musées ou paysages inoubliables, j’aime vagabonder sans but précis… m’imprégner de l’atmosphère de ces lieux inconnus, prête à saisir l’essentiel d’une vie quotidienne qui peu à peu se dévoile.

À Istanbul, la rencontre entre l’idée rêvée des lieux et la réalité… sera mon premier coup de foudre; cette incroyable énergie qui en émane, cette impression incomparable que le temps n’aura pas de fin… lorsque au cœur de la cité, l’art, l’architecture, les traditions… mille ans de son histoire, sont comme un livre ouvert… des pages que l’on tourne sans cesse…

Intérieur Mosquée bleue: Carreaux d’Iznik et fresques.

Intérieur Mosquée bleue: Carreaux d’Iznik et fresques.

« Sultanahmet » ou « la Mosquée Bleue » se dresse dans un vaste jardin arboré et fleuri. Ce jour-là, devant l’enceinte en marbre gris veiné de rose, un groupe de jeunes filles habillées de longues jupes se précipitent sur la volée de marches qui conduisent à une porte… vue du haut de l’escalier, c’est le choc! La cour centrale précède la mosquée, un complexe d’une harmonie parfaite se dresse dans le ciel… L’espace central abrite « la fontaine aux ablutions », décorée de motifs d’œillets et de tulipes entrelacés… La cour pavée de marbre offre aux regards un péristyle de 30 petites coupoles soutenues par 26 colonnes aux arches de marbre. Les six minarets ponctuent cette architecture hors du commun. Pour la Turquie, la Mosquée Bleue est le visage de la beauté.

Édifiée sous le règne du sultan Ahmet 1er sur les ruines d’un grand palais byzantin entre 1609 et 1616 : imaginez, à l’époque, sans la technologie moderne, le défi que les architectes ont dû relever afin de réaliser un projet aussi grandiose en si peu de temps! La façade extérieure change de couleur selon la lumière du jour… 260 fenêtres aux vitraux multicolores éclairent la salle des prières (64 m sur 72 m). Une coupole, de 33,60 m de diamètre, dont le sommet culmine à 43 m, vous donne le vertige! Ses murs sont recouverts de 21 043 de carreaux rouge, vert et bleu d’Iznik ; le Mihrab et le Minbar, en marbre blanc de la mer de Marmara… Monumentaux sont les quatre piliers en « pattes d’éléphant », élégantes ses galeries, couvertes d’arabesques… Dans le Mihrab, encadré de deux grands candélabres, se trouve un morceau de la Pierre Noire de la Kaaba, qui n’a rien de spécifiquement musulman.

Intérieur Sainte Sophie: Mosaïques représentant le Christ Pantokarator

Juste en face, séparée par un plan d’eau circulaire, se dresse Hagia Sophia, « La Divine Sagesse du Christ », dénommée la basilique Sainte-Sophie. Édifiée sous Constantin en 330, elle fut incendiée, puis reconstruite en 415 par Théodose et rebâtie à nouveau par Justinien, à partir de 532. L’empereur Justinien édifia le bâtiment avec le physicien Isidore de Milet et le mathématicien Anthémius de Trales… Ces architectes s’inspirèrent du Panthéon de Rome. La plus grande basilique chrétienne a vu le jour en 537 et fut terminée, mosaïques comprises, vers 563-578. Quelle prouesse architecturale! Mille ans avant la Mosquée Bleue.

Extérieur de la basilique Sainte-Sophie

Sa beauté était déjà connue… La légende raconte que Vladimir de Russie, dénommée Moscovie en 988, dépêcha plusieurs ambassadeurs de par le monde pour voir comment ils adoraient Dieu. Le choix se porta sur le christianisme de Constantinople pour la beauté de son culte : « Mais à Constantinople, la splendeur de la liturgie célébrée dans l’église Sainte-Sophie, l’encens projeté vers le ciel par le balancement des lourds encensoirs; par l’or des icônes, les hymnes célestes transportent d’enthousiasme les âmes slaves des envoyés du prince.  Nous ne savions plus si nous étions au ciel ou sur la terre! C’est là que Dieu demeure avec les hommes! » « Une acculturation réussie, une liturgie somptueuse et une spiritualité originale ont contribué à faire de cet héritage un “marqueur d’identité” dont la renaissance est aujourd’hui bien visible […] »

Intérieur de la Basilique Sainte-Sophie en restauration.

La basilique Sainte-Sophie est considérée comme la merveille des merveilles. Un dôme de 56,71 m de haut et de 30,31 m de diamètre est supporté par quatre piliers principaux, reliés entre eux par deux arches soutenues par deux demi-dômes, solidement implantés dans la salle des prières, vaste espace de 100 m sur 70 m. Chrétienne pendant 916 ans, mosquée pendant 432 ans, Sainte-Sophie est devenue un musée sous Atatürk (1935). Lieu de foi et de puissance, la transformation de la basilique en mosquée se fit dans le plus grand respect. En cette veille de Noël, intéressante est l’histoire de la chrétienté.

Le musée Hagia Sophia est en restauration depuis plusieurs années…

Joyeux Noël à tous et tous mes vœux pour l’année nouvelle!

Je reviendrai dans le courant de l’année 2011 avec une croisière sur le Bosphore… et ses musées fabuleux qui se dressent sur ses rives.

Remerciements : Remerciements à Air France : Montréal-Paris-Istanbul

L’hôtel Sofa : http://www.splendia.com/fr/the-sofa-hotel-residences-istanbul.html

Istanbul, la belle du Bosphore (suite 2)

« Dieu et l’homme, la nature et l’art, ont placé ou créé de concert le point de vue le plus merveilleux que le regard humain puisse contempler. » Alphonse de Lamartine

Une architecture grandiose.

Istanbul ! La richesse de son histoire et la diversité de sa culture font de l’ancienne Byzance une ville fabuleuse nullement nostalgique de son passé, tournée vers l’avenir. Le désir de modernité est évident… dans l’habillement, les boutiques de design, les galeries d’art. Ses origines chrétiennes, anatoliennes et européennes font qu’un Stambouliote est toujours prêt à discuter de tout avec un voyageur. Istanbul a été choisie, pour l’année 2010, avec la ville d’Essen en Allemagne et la ville de Pecs en Hongrie, capitale culturelle de l’Europe, une chance puisqu’à partir de 2011 seules les villes faisant partie de l’Union européenne pourront soumettre leur candidature. 

Pour clore en beauté l’année de la culture, la cité recevra à l’Antrepo 3, à Karakoy, du 3 au 17 décembre, l’exposition BodyWorld. Vue par 30 millions de personnes, elle met en scène 200 corps humains platinés grâce à un processus de conservation spécifique.

Hôtel Lush

Je choisis les hôtels où je dois vivre quelques jours avec soin… Je m’y installe pour deux ou trois nuits comme si je devais y passer des mois. Je souhaitais me déplacer à pied, on marche beaucoup à Istanbul, on gravit des collines. Le Lush Hotel, situé rue Siraselviler, offre 35 chambres, tout uniques par leur décor. La rue est bordée d’édifices Art nouveau… un style qui a fleuri à la fin du XIXe siècle dans le monde entier. On y déniche, au no 47, l’une des grandes tables d’Istanbul : le « Changa ».Le quartier comprend les quartiers nord de la Corne d’Or jusqu’au périphérique, Galata, Péra jusqu’à Taskim. Beyoğlu a tout pour attirer les Stambouliotes et les gens de passage : monuments, boutiques de fringues, théâtres, cafés et restaurants…

Un petit café sur une rue transversale à Istikal Caddesi.

J’aime me réveiller à l’aube avec l’appel du muezzin… sortir dans la rue et, tout de suite happée par l’atmosphère… marcher, juste avant l’ouverture des boutiques, au gré de ma fantaisie; tout respire le calme, et l’on a peine à imaginer qu’il en soit ainsi, tant il est vrai que l’animation y règne jusqu’à 3h du matin. Les boutiques lèvent les rideaux de fer… les étals débordent sur le trottoir… les odeurs de pain et de café chatouillent les narines… les marchands ambulants se font entendre et, soudain, c’est l’effervescence! Les comptoirs des pâtissiers impressionnent par la variété des douceurs!La place Taskim est un carrefour, on ne s’y attarde pas; mieux vaut prendre la rue piétonne İstiklal Caddesi, de 1,5 km de long; dénommée aussi la Grande rue de Péra, elle fait le lien entre la place Taskim et le vieux métro. Je m’y enfonce en ce début d’après-midi, un peu perdue… de quel côté descendre? Je ferai l’aller et retour… en zigzaguant dans les rues transversales qui montent ou descendent en escaliers, me faufile entre les passages couverts, comment résister? Un vrai régal. Trois millions de personnes y défilent chaque jour! Quelle énergie! Que d’odeurs, de couleurs, de sons!

Un restaurant Belle Époque influencé du Style Art-nouveau dans le "Avrupa passaji", un passage couvert.

Difficile de prendre des photos, pas le moindre recul, des têtes serrées les unes aux autres se déplacent en bloc; calme et décontractée est la jeunesse vêtue d’un jean, d’une minijupe… La cloche du tram rouge résonne, les enfants accourent pour s’y accrocher. Plus loin, le resto-bar « le 360 », au dernier étage d’un immeuble, attire mon attention; visiblement, on se prépare pour la soirée, un décor très tendance en rouge et noir. La vue de 360 degrés sur Istanbul est inoubliable!

Envie d'une petite crêpe?

Les boutiques se succèdent, il n’y a rien que la Turquie ne fabrique pas! Où irais-je souper? Saoule de tentations de toutes sortes… Les marchands ambulants offrent des marrons chauds, du maïs grillé. Une femme assise dans la vitrine avec tout son nécessaire est en train de faire voltiger de grandes crêpes appelées gözleme, farcies d’épinards et de fromage frais… Délicieux! Pour moins de trois dollars avec un verre de raki.Envie de dessert? La pâtisserie Markiz ouvre son salon à l’admiration. Son nom lui vient des fameux chocolats « Marquise de Sévigné ». Dans les années 1920-1940, Beyoğlu se nomme Péra. « Le Petit Paris Oriental » parle alors français et est présent sur l’avenue. Les panneaux Art nouveau et les vitraux Art déco sont l’œuvre des célèbres artistes J.A. Arnoux et Hippolyte Boulenger & Cie, de Choisy-le-Roi (France 1905).  

«Un peuple qui ne connaît pas son passé, ses origines et sa culture, ressemble à un arbre sans racines.» Marcus Moziah Garvey

La semaine prochaine, d’autres merveilles : palais, monuments, etc.

Remerciements à Air France : Montréal-Paris-Istanbul

http://istanbul.info.free.fr/tourisme.htmwww.venus-tourism.comInfo : Options Voyages Syd Starr
Tél.: 514 875-8500, poste 225
Personne-ressource : M. Philippe Dumez 

Crédit photos : Anne Antomarchi   

  

  

  

  

  

  

 

  

  

  

  

  

 

Istanbul, la belle du Bosphore

Monumentale, à la fois frénétique et paisible, celle qui fut Constantinople, la célèbre Byzance, fascine…

Istanbul, c’est le voyage des sens, j’en rêvais! La mégalopole européenne est aussi une grande ville d’Asie. Accrochée à ses collines, son cœur balance entre l’Orient et l’Occident, et entre ses rives scintille le Bosphore. De ses mosquées mystiques aux bars qui bordent son port, la ville, dont 60% de la population à moins de trente ans, déborde d’énergie… Le côté européen est lui- même séparé en deux par la Corne d’Or et, pour nous inciter à la promenade, ses deux rives sont reliées par le pont de Galata; le traverser à pied est un moment magique : ici se rencontrent la Corne d’Or et le Bosphore pour former un port naturel… Peu importe où se pause le regard : tout est magnifique, on ne se lasse pas de regarder; j’admire à ma droite un bâtiment de style Art Nouveau… Au loin, la tour de Galata veille sur le quartier français de Péra (signifie « au-delà »).

Ce matin-là, le pont grouille de monde : des touristes, bien sûr, et les habitués de toujours, les pêcheurs : installés côte à côte sur toute la longueur du pont, au bout de leurs lignes frétillent des poissons argent. Ils sont là jour et nuit. À quai, des bateaux restaurants en bois sculptés de dorures et peints de couleurs vives offrent au menu grillades et mezze; sur la colline, la silhouette de la mosquée de Soliman le Magnifique veille sur le paysage. Les eaux bleues du Bosphore nous livrent un spectacle ahurissant : tous ces bateaux… comment font-ils pour ne pas s’accrocher? Les ferries se succèdent dans un ballet incessant, certains arrivent, d’autres repartent vers les riantes berges asiatiques, se dirigent jusqu’aux portes de la mer Noire, ou encore mettent le cap sur les îles des Princes, au milieu de la mer de Marmara.

Des bateaux de croisière déversent sur le quai d’Eminonu des milliers de touristes avides de découvertes. Des cargos, venant de Chine et d’ailleurs, tanguent, immenses, chargés de conteneurs multicolores… Ils crachent une fumée noire dans le ciel bleu teinté de nuages roses. Inattendu… sous le pont de Galata se sont installés plusieurs restaurants où les spécialités de la mer sont à l’honneur… Le soir, romantique sera le dîner avec vue sur le Bosphore et son ballet de bateaux illuminés… avec un peu de chance, un feu d’artifice éclatera dans le ciel!

 

Sur la terre ferme, la circulation automobile est intense et bruyante; le klaxon résonne presque constamment; il salue le voisin… les taxis s’en servent pour libérer le passage, appeler leurs clients. Les autobus bondés démarrent comme s’il fallait gagner la Formule 1, s’arrêtent brusquement au feu rouge et repartent sur les chapeaux de roues! Faire le trajet debout est une entreprise quasi impossible. Si vous êtes une femme, un homme se lèvera et vous offrira son siège. Il est préférable de sauter dans un des tramways qui circulent silencieux, à travers la ville, et traversent, depuis 2005, le pont de Galata. On peut aussi héler un taxi pour se rendre d’un quartier à l’autre. Vous rêvez d’un peu de quiétude et vous êtes en forme? C’est encore à pied que, tôt le matin, vous partirez à l’assaut des rues étroites et pentues qui grimpent jusqu’à la tour de Galata, édifiée en 1348 par les Génois.

Ce jour-là, de jeunes stylistes présentaient leurs collections de vêtements sur la place à l’ombre de grands arbres. À quelques minutes des quais grouillants d’Istanbul, un calme étonnant… et une vue époustouflante : d’un regard vous embrassez toute la cité de Galata, Péra, le Bosphore, la Corne d’Or et la mer de Marmara.

Raide, la descente pourra se faire avec le plus vieux métro au monde (1871), long de 650 m. La semaine prochaine, à découvrir : un hôtel branché, des mosquées, des musées, des gares, etc. Je vous espère.

Se rendre : avec Air France : Montréal-Paris – Paris-Istanbul.

Remerciements à : www.guidesofistanbul.com

Agence de voyages : www.venus-tourism.com

Pour info : Options Voyages Syd Starr
514 875-8500, poste 225
Personne-ressource : M. Philippe Dumez

Crédit photos : Anne Antomarchi