Monthly Archive for mars, 2010

« Maman, papa est maintenant aveugle ! »

Une expérience en famille à l’aéroport… Crédit photo: Isabelle Chagnon

Une expérience en famille à l’aéroport… Crédit photo: Isabelle Chagnon

Suite des expériences de la semaine dernière…

L’automne dernier, je revenais d’une croisière en Arctique. Mon homme et ma princesse venaient me chercher à l’aéroport de Montréal.

À mon arrivée toutefois, je cherche. Je cherche encore. D’habitude, mon homme est déjà là et ma fille me saute dessus de joie avant même que je réalise que je suis débarquée de l’avion. Mais cette fois-ci, personne…

Je cherche toujours puis tout à coup, de l’autre côté de la barrière délimitant la zone des carrousels à bagages, je vois ma fille, mon homme… et ma chienne, un labrador de couleur noire ! Ils sont tous les deux assis sur un banc, la chienne au pied, et ils ne bougent pas. Mais qu’est-ce que ma chienne fait à l’aéroport ? Et pourquoi ma fille ne vient pas me sauter dessus ?? Mais c’est quoi l’idée de mon homme d’avoir une canne et de porter des lunettes de soleil à l’intérieur de l’aéroport ???

Je m’approche et paf, le scénario me saute aux yeux : mon homme fait semblant d’être non-voyant, il a amené notre chienne pour faire plus crédible et ma fille de 9 ans joue le jeu à fond !

- « Bonjour maman ! »

- « Mmm, bonjour ma chérie ! Mmmm (je me racle encore la gorge…) Bonjour mon chéri, alors, comment tu vas ? »

- « Je vais bien… » me dit-il en ne bougeant pas la tête d’un cheveu et en levant le bras du genre je-te-cherche-t’es-où…

C’est alors qu’une vieille dame au dos courbé s’approche de ma fille. Elle lui caresse la chevelure avec tendresse, lui offre un regard doux de compassion et lui donne un petit cadeau, une babiole sans doute rapportée de voyage !

Ben ça alors, pourquoi tant de gentillesse ? Ah oui ! La p’tite au visage d’ange, le papa non-voyant, la chienne guide au pied…

Après les bisous de retrouvailles, mon homme, ma princesse et ma chienne se lèvent et nous amorçons notre chemin vers le stationnement de l’aéroport. Nous arrivons au passage pour piétons pour traverser la voie routière du débarcadère, et là, nous assistons à quelque chose QUI NE NOUS ÉTAIT JAMAIS ARRIVÉ : l’agent préposé à la circulation, qui d’habitude engueule tout le monde (dégagez les voitures !, circulez !, partez ! dépêchez-vous de circuler !), eh bien là, il nous aborde comme dans une scène de Cendrillon, à la fin du film, quand la belle-mère s’aperçoit que la p’tite dernière peut lui rapporter quelque chose :

- « Bonjour belle petite fille ! Attendez, je vais arrêter le trafic pour vous laisser passer… »

Ben ça alors, pourquoi tant de gentillesse ? Ah oui ! La p’tite au visage d’ange qui tient le bras de son papa aveugle d’une main et la chienne supposément guide pour aveugle de l’autre…

- « Je vous souhaite une agréable journée et bon retour à la maison ! » nous dit doucement l’agent en offrant un magnifique sourire à ma fille.

Ben ça alors, MAIS Y’A PAS UN AGENT QUI NOUS A SOUHAITÉ UNE BONNE JOURNÉE AVANT !!!

Résultat de l’aventure : l’expérience a été une superbe occasion d’expliquer le genre humain à mon enfant. Les voyages, c’est fait pour ça. Pour vivre des expériences, pour expliquer la vie à nos enfants, pour leur faire découvrir les natures humaines…

- « Mais maman, pourquoi t’es toute surprise que l’agent m’ait fait un beau sourire et que la madame avec le dos courbé m’ait caressé les cheveux ? »

- « Suis-moi ma chérie. Viens, on va déposer mes bagages et la chienne dans la voiture et on va reprendre depuis le début. On va refaire exactement le même trajet depuis les carrousels à bagages, mais sans les lunettes de soleil et la canne de papa cette fois… »

Quelques minutes plus tard…

- « Allez, dégagez les voitures !, circulez !, partez ! dépêchez-vous de circuler !…», dixit monsieur l’agent !




Maman, papa m’a fait passer la frontière sans que tu le saches…

Il y a 5 ans, un douanier m’a tombé dessus. J’emmenais ma princesse de 4 ans rencontrer Mickey Mouse et une fois à l’aéroport d’Orlando, à l’arrivée, le douanier des douanes américaines nous a retenues pendant une heure, ma fille et moi. Interrogations, suspicion, ouverture d’un fichier, encore des questions.

« Qu’y a-t-il qui cloche monsieur le douanier ? »

-         « Le papa n’est pas avec vous… »

-         « On ne peut pas aller voir Mickey sans le papa ? »

-         « Si, mais où est votre lettre ? »

-         « De quelle lettre parlez-vous ? Mickey ne nous a pas envoyé de lettre… »

-         « Je ne parle pas de Mickey mais du papa. Quand vous voyagez avec votre enfant en l’absence de l’autre parent, vous devez présenter une lettre signée par cet autre parent qui vous autorise à passer la frontière sans lui. Vous devez avoir cette lettre, qui doit être notariée, pour pouvoir entrer aux États-Unis. »

-         « Mais je n’étais pas au courant !!… »

-         « C’est une nouvelle loi. Bon regardez la caméra maintenant. Je vais vous prendre en photo pour nos fichiers… »

Wow !! Me voilà fichée aux States parce que le papa n’a pas voulu venir avec nous rencontrer Mickey Mouse !

Cinq ans plus tard…

Lio, mon amoureux et papa de ma princesse, est aussi journaliste en voyage. Dans le cadre de notre travail et par curiosité innée, il nous arrive d’essayer des choses pour savoir comment ça se passe exactement. Samedi 20 février dernier, mon homme a un flash : aller magasiner aux States avec notre fille pour lui trouver un Wii qu’elle veut depuis des mois. On nous a dit qu’il n’en a plus un de disponible au Canada; alors mon homme décide de mettre le cap vers le sud pour en acheter un.

Ils reviennent en fin de journée.

« Maman, aujourd’hui papa et moi on est allés aux États-Unis ! »

Mes deux tourtereaux me racontent leur aventure. J’ai le derrière scotché au plancher…

« Mais comment avez-vous pu passer la frontière sans une lettre de ma part ? »

-         « Les douaniers de Lacolle, aussi bien celui de la douane américaine que celui de la douane canadienne, n’ont jamais posé une seule question. La seule chose qu’ils voulaient savoir, c’était comment j’avais rencontré un ami que nous allions supposément voir à Lake Placid. »

Non seulement aucun douanier n’a posé de question sur ma fille, mon absence et mon autorisation, mais ils se sont en plus attardés sur un détail insignifiant.

Le lundi matin suivant, je saute sur le téléphone et contacte le consulat des États-Unis à Montréal (http://montreal.usconsulate.gov).

« Tout parent qui voyage avec son enfant sans l’autre parent doit absolument avoir une lettre notariée et signée par le parent absent. C’est une procédure incontournable qui a été mise en place pour déjouer les enlèvements d’enfants. »

-         « Alors comment expliquez-vous que ma fille et son papa ont été magasinés chez vous il y a deux jours et sans que je le sache ? »

-         « Well, il arrive que les douaniers ne posent pas de question… »

-         « !!!!?????»

Quelqu’un a un p’tit remontant ?

Pour les parents qui souhaitent tout de même un modèle de lettre de consentement parental, consultez le lien du site du ministère des Affaires étrangères du Canada.




Le fou rire de la Mi-Carême

Crédit photo: Isabelle Chagnon.

Crédit photo: Isabelle Chagnon.

Il est 17 heures 30. C’est le premier des trois jours de la Mi-Carême et ce sont les enfants qui ouvrent la fête. Le village de Fatima, le seul des Îles de la Madeleine qui célèbre la Mi-Carême, est tout excité. Dans les maisons qui reçoivent les Mi-Carêmes, les meubles du salon ont déjà été rangés, et des cartons recouvrent complètement le plancher. Quand on reçoit entre 1000 et 1400 personnes en trois soirs, qui dansent et qui giguent, on veut limiter l’érosion du plancher…

Les enfants enfilent leurs costumes, de la tête au pied. Le masque est l’élément clé : il ne faut pas se faire reconnaître du premier coup. Passer la Mi-Carême, c’est entrer dans une maison et attendre que les hôtes posent des questions ou scrutent les indices corporels pour découvrir qui est caché sous le costume.

Six heures. C’est le moment d’y aller. Rrrominet, un couple de souris, Merlin l’enchanteur et mémé se pointent à la porte d’une maison. « Rrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr….. » font-ils à l’unisson. C’est le cri que font les Mi-Carêmes quand ils veulent entrer. On ouvre la porte et la joyeuse bande de rigolos entre. Rrrominet se met à danser, le couple de souris se fait des mamours avec le bout du nez, Merlin et mémé s’assoient sur les chaises qui ont été disposées en cercle dans le salon. Personne ne parle : la voix donne trop de bons indices… Il arrive parfois qu’un tel apporte son violon et que tel autre sorte son accordéon. Aux Îles, il y a toujours un musicien dans la famille…

Les hôtes observent attentivement les quatre Mini-Carêmes qui viennent d’entrer. Puis, LA spécialiste du démasquage de la maison s’avance de plus près. En effet, certains sont plus doués que d’autres pour démasquer les enfants : « Ma fille est très bonne pour reconnaître les gens seulement par leurs mains ou leurs yeux » raconte Georgine, une des plus grandes fans de la Mi-Carême de Fatima.

Sa fille est effectivement toute une spécialiste. Elle prend son rôle très au sérieux. Elle se penche sur Rrrominet et le regarde droit dans les yeux. Elle lui prend ensuite les mains. Mais Rrrominet a des gants. Pfff ! Pas de problème : à tâtons, elle peut deviner si c’est une fille ou un garçon ! Elle regarde à nouveau les yeux, la silhouette puis paf : « C’est Olivier à Jacques ! »

En effet, c’est Olivier à Jacques…

Le masque est alors retiré et c’est l’éclat de rire ! Le couple de souris, Merlin et mémé y passeront également. Georgine apportera ensuite son sourire et le plateau de sandwichs. Un verre de jus, une bouchée et hop, la bande se lève. Une quarantaine de maisons les attendent…

Pour un aperçu de la Mi-Carême de la semaine dernière en photos : www.facebook.com/photo_search.php?oid=8416471029&view=all

Pour l’historique : www.tourismeilesdelamadeleine.com/magdalen-islands/actualite-34-rrrrrrrrrrr-faites-vous-entrer-les-mi-caremes.cfm

Si un jour vous allez à Fatima pour passer la Mi-Carême, allez rencontrer Georgine et Christine, chez William à Fidèle. Fou rire garanti !




Des phoques qui traversent les rues !

Une rencontre heureuse aux Îles de la Madeleine... Crédit photo: Isabelle Chagnon

Une rencontre heureuse aux Îles de la Madeleine... Crédit photo: Isabelle Chagnon

Je suis toujours aux Îles de la Madeleine pour la semaine de relâche de ma fille de 9 ans, qui s’étire un peu (pas ma fille, la semaine de relâche !). Je vous le mentionnais la semaine dernière : les expéditions d’observation des phoques ont été annulées cette année faute de banquise assez douillette pour faire une bonne pouponnière pour les bébés.

Mais ici pas de problème; si on ne peut pas aller aux phoques, et bien les phoques viennent à nous ! Ma fille et moi ne le croyions pas au début, mais c’est finalement vrai : aux Îles de la Madeleine, il arrive que les loups-marins (c’est comme ça qu’on appelle les phoques ici) traversent les routes !!! Pourquoi ? Ils sentent la mer, plus agitée de l’autre côté d’une dune ou d’une île, alors hop, ils prennent le chemin le plus court…

Dimanche dernier donc, au tournant de la route à Grosse-Île, ma fille me lance : « Maman !!! Il y a un phoque là, sur la dune !!! »

On freine, on débarque et tout doucement, on s’approche de la magnifique créature. Il n’en fallait pas plus pour se faire une nouvelle amie…

En matière d’aventure, les Îles de la Madeleine ont de quoi réjouir les enfants l’hiver. En plus de l’observation des loups-marins, il y a notamment la pêche à l’anguille sur glace, le kayak de mer, le surf cerf-volant (kitesurf) sur neige et sur glace, les inconditionnelles randonnées le long des falaises qui prennent des allures de grottes de glace en hiver et la Mi-Carême de Fatima, cette semaine. Je vous en reparle la semaine prochaine…

Côté hébergement, une adresse à retenir dans la capitale du homard, Grande-Entrée : La Salicorne. Ouverte à longueur d’année, décor champêtre dans les chambres, vue splendide sur l’île Boudreau, en première loge pour un concert du vent, magnifique par jour de grandes bourrasques !

Bonne semaine !




Jouer à cache-cache avec la banquise…

La banquise des Îles-de-la-Madeleine, un peu mince cette année...  Crédit photo: Isabelle Chagnon

La banquise des Îles-de-la-Madeleine, un peu mince cette année... © Isabelle Chagnon

Pour sa semaine de relâche scolaire, ma fille de 9 ans a décidé de troquer ses copines pour des phoques et des mouettes. Le terrain de jeu qu’il lui fallait : la banquise. Coup de chance au Québec : celle qui se trouve le plus près de la maison est aux Îles de la Madeleine. À pile on prend le bateau de Souris, à l’Île-du-Prince-Édouard, à face on prend l’avion. C’est face. On fait du pouce à Dorval et c’est Air Canada Jazz qui nous embarque…

Arrivée aux Îles. Disons que cette année, l’hiver a trimballé plus de Celcius positifs que de Celcius négatifs. Résultat : la banquise est tellement petite et mince que les expéditions d’observation des blanchons, les petits bébés blancs mignons des phoques, ont été annulées. Les hélicoptères seraient trop lourds pour que la glace les supporte et de toute façon, plusieurs mamans phoques seraient restées au large du Labrador, plus froid, pour y mettre bas. Certaines mamans qui auraient fait le voyage jusqu’aux Îles de la Madeleine mettraient sinon déjà le cap vers le Labrador. Les mamans phoques peuvent retarder leur accouchement de trois semaines, hop, comme ça, si les conditions ne leur sont pas favorables. Wow! Pratique, non?

Qu’à cela ne tienne. Les phoques sont peut-être un peu difficiles à trouver cette année, mais il y a tout de même un filet de banquise, par endroits, autour des Îles. Elle est peut-être petite, mais comme dans les films : magnifique, immaculée, mystérieuse et mobile…

« Maman, regarde, il y a une fissure ici… »

Debout devant l’étendue de glace, à regarder un phoque respirer par un trou et à danser comme des feuilles à cause du grand vent des Îles (pas le phoque, mais nous!), tout à coup, clack! et sscccrraaack!! La petite fissure s’élargit, et en quelques secondes, paf!, la grande plaque de glace se détache de la terre ferme et commence à prendre le large. ET NOUS QUI VOULIONS SAUTER DESSUS POUR ALLER ADMIRER LE PHOQUE DE PLUS PRÈS!!!

On saute alors dans la voiture pour la suivre. On contourne la baie et on prend le premier virage. On arrive au quai de Pointe-aux-Loups. Recouvert de neige et de glace, le quai a l’air d’une grosse tarte à la meringue! Au loin, la glace qui continue sa route…

Le vent souffle, la neige s’amasse sur la route, on rebrousse chemin. 1 à 0 pour la banquise.

Le lendemain, retour sur les lieux. Plus de banquise! On cherche, on longe les falaises d’argile qui font la renommée des Îles de la Madeleine, on parcourt quelques kilomètres. Puis on la retrouve. Ah! C’est maintenant 1 à 1…

Le vent continue de souffler. Le vent est une marque de commerce des Îles! Puis une odeur de phoque. Elle vient de Havre-aux-Maisons. C’est l’appel des croxignoles!

« Des croqui quoi, maman? »

– « Des croxignoles. C’est la croxi-fête de Havre-aux-Maisons en fin de semaine, et les Madelinots font la queue pour se procurer des croxignoles, une sorte de beignet cuit dans l’huile de phoque. »

Les croxignoles étaient au rendez-vous. Un pur délice! Allez hop, on continue. Les Îles de la Madeleine ont d’autres trésors d’hiver à nous dévoiler…

Bonne semaine de relâche à toutes et tous! Et à la semaine prochaine…