
La banquise des Îles-de-la-Madeleine, un peu mince cette année... © Isabelle Chagnon
Pour sa semaine de relâche scolaire, ma fille de 9 ans a décidé de troquer ses copines pour des phoques et des mouettes. Le terrain de jeu qu’il lui fallait : la banquise. Coup de chance au Québec : celle qui se trouve le plus près de la maison est aux Îles de la Madeleine. À pile on prend le bateau de Souris, à l’Île-du-Prince-Édouard, à face on prend l’avion. C’est face. On fait du pouce à Dorval et c’est Air Canada Jazz qui nous embarque…
Arrivée aux Îles. Disons que cette année, l’hiver a trimballé plus de Celcius positifs que de Celcius négatifs. Résultat : la banquise est tellement petite et mince que les expéditions d’observation des blanchons, les petits bébés blancs mignons des phoques, ont été annulées. Les hélicoptères seraient trop lourds pour que la glace les supporte et de toute façon, plusieurs mamans phoques seraient restées au large du Labrador, plus froid, pour y mettre bas. Certaines mamans qui auraient fait le voyage jusqu’aux Îles de la Madeleine mettraient sinon déjà le cap vers le Labrador. Les mamans phoques peuvent retarder leur accouchement de trois semaines, hop, comme ça, si les conditions ne leur sont pas favorables. Wow! Pratique, non?
Qu’à cela ne tienne. Les phoques sont peut-être un peu difficiles à trouver cette année, mais il y a tout de même un filet de banquise, par endroits, autour des Îles. Elle est peut-être petite, mais comme dans les films : magnifique, immaculée, mystérieuse et mobile…
« Maman, regarde, il y a une fissure ici… »
Debout devant l’étendue de glace, à regarder un phoque respirer par un trou et à danser comme des feuilles à cause du grand vent des Îles (pas le phoque, mais nous!), tout à coup, clack! et sscccrraaack!! La petite fissure s’élargit, et en quelques secondes, paf!, la grande plaque de glace se détache de la terre ferme et commence à prendre le large. ET NOUS QUI VOULIONS SAUTER DESSUS POUR ALLER ADMIRER LE PHOQUE DE PLUS PRÈS!!!
On saute alors dans la voiture pour la suivre. On contourne la baie et on prend le premier virage. On arrive au quai de Pointe-aux-Loups. Recouvert de neige et de glace, le quai a l’air d’une grosse tarte à la meringue! Au loin, la glace qui continue sa route…
Le vent souffle, la neige s’amasse sur la route, on rebrousse chemin. 1 à 0 pour la banquise.
Le lendemain, retour sur les lieux. Plus de banquise! On cherche, on longe les falaises d’argile qui font la renommée des Îles de la Madeleine, on parcourt quelques kilomètres. Puis on la retrouve. Ah! C’est maintenant 1 à 1…
Le vent continue de souffler. Le vent est une marque de commerce des Îles! Puis une odeur de phoque. Elle vient de Havre-aux-Maisons. C’est l’appel des croxignoles!
« Des croqui quoi, maman? »
– « Des croxignoles. C’est la croxi-fête de Havre-aux-Maisons en fin de semaine, et les Madelinots font la queue pour se procurer des croxignoles, une sorte de beignet cuit dans l’huile de phoque. »
Les croxignoles étaient au rendez-vous. Un pur délice! Allez hop, on continue. Les Îles de la Madeleine ont d’autres trésors d’hiver à nous dévoiler…
Bonne semaine de relâche à toutes et tous! Et à la semaine prochaine…

Isabelle Chagnon est journaliste et photographe en voyage. Taïna, sa fille, n’a que quatre mois quand elle part avec elle pour la première fois. Depuis, Isabelle fait des voyages avec les enfants une de ses spécialités. Elle a cosigné le guide Ulysse Voyager avec des enfants.



Une super-idée pour la semaine de relâche, ça! Bon séjour!