Monthly Archive for avril, 2010

Kayak version Bagdad à Virginia Beach !

Crédit photo : Isabelle Chagnon

Crédit photo : Isabelle Chagnon

On est à Virginia Beach et hier, ma fille et moi avons pris part à une randonnée en kayak dans le Back Bay National Wildlife Refuge. L’Office du tourisme nous avait annoncé qu’on aurait droit à an exciting kayaking adventure de deux heures. Nous avions très hâte !

Hier donc…

À peine le pied dans la réserve naturelle que le paysage serein et mystique nous enveloppe de ses beaux atours. Le cours d’eau est un véritable miroir, les oiseaux chantent déjà, et les arbres forment une tonnelle splendide au-dessus de l’eau.

Le guide arrive. Il nous tend les vestes de sauvetage et met les kayaks à l’eau.

- « Good morning tout le monde ! Avant de partir pour notre beautiful aventure, voici comment il faut pagayer… »

On se positionne tous, ma fille et moi et un autre duo papa-fils, puis on imite les gestes que fait le guide.

- « Vous devez mettre vos mains comme ceci et chhhhiiiiiooooouuuuuccchhhhiiiiii… »

QU’EST-CE QUE C’EST QU’ÇA ??? Un tremblement de terre ? Des dinosaures ? Des effets spéciaux ? Ben non, ça ne se peut pas; on n’est pas à Busch Gardens mais bien dans une réserve écologique naturelle ! Pourtant le ciel tremble au-dessus de nos têtes, et le guide se voit obligé d’arrêter de parler. On ne l’entend plus du tout tellement le bruit est hallucinant. On regarde tous vers le ciel et on aperçoit deux avions militaires qui donnent une super gifle aux nuages. Wooow !!

- …chhhiiiioooouuuuuccchhhiiii… « Well, alors on recommence; vous devez tourner tout le haut du corps vers la gauche quand vous pagayez du côté gauche… »

Les oreilles encore sous le choc, on répète les mouvements du guide. L’exercice permet de nous échauffer un peu. Puis au bout de cinq minutes :

- « Durant la randonnée, pour mieux repérer les oiseaux et les tortues, il ne faut pas parler trop fort ni crier et chhhhiiiiiooooouuuuuccchhhhiiiiii… »

ENCORE !! Deux autres avions militaires nous passent au-dessus de la tête, et le guide se voit de nouveau obligé d’arrêter de parler. Impossible de l’entendre de toute façon et pourtant, il est juste à côté de nous… Mmmm, étrange scepticisme à l’horizon. Faut pas crier mais les avions militaires, eux, s’engueulent à jet froid !

Fin de la mini-formation. Alors on embarque tous à bord des kayaks, puis on amorce l’aventure. Je suis seule dans mon kayak avec mes 27 appareils photo. Je suis prête à tirer le portrait de tout ce qui s’appelle oiseau, tortue, rat musqué, serpent, name it ! Ma fille est avec le guide. Un super truc que je vous offre d’ailleurs : quand vous faites une randonnée en motoneige, en kayak, en moto ou autre, confiez votre enfant au guide, qui est plus expérimenté que vous et qui connaît tous les trucs. Votre enfant se retrouvera ainsi en première loge et, si vous faites une connerie du genre oups-je-renverse, vous épargnerez votre enfant!

On avance lentement. Les arbres défilent à mesure que nos kayaks glissent sur l’eau. Il fait bon, c’est calme, et hop, j’entends même un petit oiseau chanter. Puis :

- chhhhiiiiiooooouuuuuccchhhhiiiiii…

QUOI ??? Encore des avions militaires ? Je lève les yeux et je les vois arracher le ciel sur leur passage. Bye bye les pit-pit du petit oiseau. Impossible même de m’entendre respirer ! Woooow ! Y’en a beaucoup des avions militaires dans le coin ! Mentionnons qu’il y a plusieurs bases militaires en Virginie (Navy et Air Force), que des tonnes de militaires doivent s’entraîner et que des milliers de familles de militaires font rouler une grosse économie dans l’État.

- « C’est une réserve naturelle ici, alors ce ne serait pas un peu normal que les militaires n’aient pas le droit de survoler la réserve ? », demande Dave, le papa qui prend part aussi à l’expédition.
- « Well, les militaires font tout ce qu’ils veulent ici… »

Mmmm… C’est bon pour la faune, le tourisme et l’art de vivre ça !

On continue la balade. Celle-ci s’avérera musclée non pas pour nos biceps mais pour nos tympans. Aux cinq minutes, des jets militaires sortiront de je-ne-sais-où pour fracasser le ciel comme des malades.

On est maintenant en fin de parcours quand tout à coup, mes fesses se serrent, foudroyées par le plus haut niveau de stress. Venant de derrière moi, j’entends :

- TATATATATATATATA…..

AAAÏÏÏÏÏEEEE !!!!!!!! Au secours !! C’est quoi ça ? Mais c’est une mitraillette que j’entends là !?!?!?!? AAAHHHHHH !!!!!!!!

- « Well, c’est maintenant l’heure des exercices de tirs pour les militaires, là-bas, un peu plus loin… », nous annonce le guide !

Je tombe à la renverse ! Je regarde ma fille de 9 ans, et elle me jette un regard de type plus-du-tout-certaine-que-l’aventure-en-kayak-est-une-bonne-idée… Puis :

- chhhhiiiiiooooouuuuuccchhhhiiiiii…

Ah c’est pas vrai ! Encore ceux-là ! Mais comment est-ce possible d’apprécier la nature dans un vacarme semblable ?

On arrive au quai. Je débarque mes 27 appareils photo (j’ai pris 8 photos, car disons qu’avec les jets, c’est difficile de repérer la faune ! Certains prétendent ici que des espèces seraient même devenues sourdes à cause du bruit). Je débarque donc mes appareils photo quand ma fille arpente déjà le sentier pour remonter vers le bâtiment d’accueil.

- « Ça va ma chérie ? »
- « Sais pas trop. C’est bizarre ici. On dirait qu’on est dans un jeu Nintendo ! »

Résultat de l’aventure : la balade était belle mais inécoutable. Très dommage.

Virginia Beach est une destination vacances qui lorgne les familles, mais qui est à la fois victime de la présence de ses militaires. Armée et tourisme ne font pas bon ménage. Ici, impossible de se laisser bercer par les vagues pour s’endormir. Portes et fenêtres doivent restées fermées. Hier soir, le dernier jet à avoir craché ses décibels est passé au-dessus de nos têtes à 23 h et 5 minutes ! Virginia Beach a de belles choses à offrir aux familles, mais mieux vaut être prévenu.

La semaine prochaine, je vous parle de l’Aquarium de Virginia Beach. Des programmes assez cool y sont offerts aux enfants…

- chhhhiiiiiooooouuuuuccchhhhiiiiii…

NOOOON !!!!!!!!!!!




Cosmodôme de Laval : ou comment prendre enfants et parents pour des imbéciles

Je les avais oubliés ceux-là. Par chance. Mais voilà qu’ils m’ont envoyé un sondage il y a quelques jours. Un sondage de satisfaction. Oh boy ! J’en ai long à dire. Oups : le sondage oblige le répondant à n’énoncer qu’une seule chose à la question développement demandant d’indiquer ce que notre enfant a le moins apprécié durant son séjour. MAIS Y’A DES TONNES DE CHOSES À DIRE !!!!!

Voici de quoi il est question.

L’été passé, je nous inscris, ma fille et moi, au camp spatial parent-enfant de 24 heures du Cosmodôme de Laval, avec expérimentation des véritables simulateurs au programme.

Je me présente avec ma puce à 10 h le matin, le samedi 1er août 2009.

Première activité, en salle d’ateliers : « Avec ces objets, vous devez construire une capsule spatiale que vous lancerez du 3e pour observer ce qui se passera », explique la monitrice, Audrey, à notre groupe (6 enfants/6 parents). Ce qu’on a fait, en réalité : on a mis un œuf dans un ballon qu’on a ensuite soufflé et enfoncé dans un verre en styromousse, pour amortir le choc. Résultat : toutes nos « capsules spatiales » se sont écrasées comme des pâtes molles, et quelques parents et enfants ont même été aspergés de blanc et jaune d’œuf. Super !

Heure du lunch. Au menu : pâté chinois. Consigne : une seule ration par personne.

On achève notre ration et j’aperçois Sandra, fin vingtaine, ici avec sa petite sœur de 10 ans. Sandra fusille des yeux les deux dernières bouchées qui traînent dans l’assiette de sa petite sœur.

– « T’as plus faim, heeeiiinnn ??? », lui demande Sandra. Et hop, à peine la petite sœur a-t-elle répondu dans la négative que les deux bouchées étaient engouffrées dans la bouche de Sandra. « Franchement, ils auraient pu penser aux adultes pour les portions ! », m’a confié Sandra.

Programme de l’après-midi : on nous emmène dehors jouer au ballon (!?!?!) puis direction la salle d’ateliers, encore. Le trajet nous amène dans la salle des simulateurs. Ils sont là, devant nous, grands, attirants et… déserts. Mais pas touche !

– « Maman, c’est quand qu’on va faire les simulateurs ? »

– « Je ne sais pas ma chérie. Suivons le programme. »

La monitrice : « Vous devez maintenant construire une fusée que vous propulserez ensuite. »  Ce qu’on a fait, en réalité : on a collé des bouts de papier en forme de triangle aux deux extrémités d’une paille qu’on a ensuite insérée dans une pompe à air actionnée par un bon coup de pied. Super !

Repas du soir. Au menu : pizza de la pizzeria du coin. Consigne : une seule pointe par personne, enfant ET parent. Yooouuu-ooouuu !!?? Y’a des parents ici, vous l’avez remarqué ??? Je regarde à ma gauche et j’aperçois M. Richer, le papa d’un jeune garçon de 11 ans. Je l’observe pour savoir comment celui-là va se débrouiller, lui qui, vraisemblablement, est davantage du genre une-large-all-dressed-à-moé-tout-seul-pis-pas-touche. Il enfonce dans sa bouche l’unique part de pizza à laquelle il a droit, puis garde un œil sur l’assiette de son fils. Puis j’aperçois Sandra, qui mitraille maintenant des yeux la croûte qui traîne dans l’assiette de sa petite sœur.

– « T’as plus faim, hhheeeiiiinnnn ????? » Puis Sandra empoigne la croûte. Puis l’assiette ! On aurait dit un aspirateur végétal !!!

Après les miettes, direction le Centre des sciences de l’espace, connexe au Cosmodôme. Il est 18 h 30.

– « Maman, c’est quand qu’on va faire les simulateurs? »

– « Mmm… Je ne sais vraiment pas ma chérie. Mais j’imagine que c’est pour bientôt là ! »

– « On va faire un rallye dans le Centre des sciences. Vous avez une heure pour parcourir les lieux pour trouver les réponses du rallye », explique la monitrice.

Puis elle nous distribue les feuilles : il y a… 74 questions ! Mais je n’ai pas envie de faire un examen !!!! Je vois les autres parents et enfants parcourir le musée, la bouche ouverte et le nez scotché sur les plaquettes d’informations. Pas le temps de contempler, s’imprégner, s’enrichir. Je dis à ma fille que je me charge du questionnaire et qu’elle peut aller s’amuser en paix… À la question « J’ai passé 69 mois dans l’espace avant d’être ramené sur la Terre, qui suis-je ? », j’ai répondu « Stephen Harper » et ainsi de suite.

Après le marathon, direction la salle de cinéma du Centre pour voir le film Magnifique désolation. Mmm, ce titre est très évocateur ici…

– « Monsieur, à quoi ça sert les boutons bleus sur les sièges ? », demande un garçon à Frédéric, le second moniteur. « Em, plus à rien maintenant. Em, le Cosmodôme se fait vieux… »

Fin du film. Dodo.

Le lendemain….

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Dormir dans une cage de hamster !

Quoi de plus banal que de séjourner dans une chambre d’hôtel. Pire : dormir dans un lit ! Beurk… Quand on est un enfant, on adore faire dodo dans un endroit totalement super top cool olé ! Eh bien, voici une adresse pour vivre une aventure hors de l’ordinaire : la Villa Hamster ! Et au sens propre du terme…

Cette villa totalement inusitée est située à Nantes, une ville dans l’ouest de la France, juste en dessous de la Bretagne. Voici le programme : on se fait des cuisses de hamster dans la Grande Roue du salon, que l’on peut ensuite transformer en divan ou en table à manger. Pour se désaltérer, on monte sur le cube à laper afin d’y boire l’eau qui sort du mur. Le soir venu, on dort dans une cage perchée dans les airs. Pas convaincu ? On enfile alors la cagoule hamster et la ceinture queue de hamster, puis on s’exerce au jeu avec une souris mécanique mise à sa disposition…

C’est comme vous voulez; vous pouvez aller dormir dans un hôtel ou faire du camping, mais à votre place, j’emmènerai moussaillon revisiter les nocturnes à la manière d’un rongeur.

Bon dodo !