Monthly Archive for septembre, 2010

En direct de Terre-Neuve : un milk-shake nommé Igor

Je suis arrivée un jour avant Igor (na-na !), l’ouragan de la semaine dernière qui a désordonné quelques endroits à Terre-Neuve. J’étais à St John, la plus grande ville de l’île. Cà ressemble à quoi un ouragan dévastateur qui passe au-dessus de notre tête ? Fermez les yeux et imaginez-vous dans un broyeur à lait fouetté… Avant d’appuyer sur « on », remplacez le lait par de l’eau, remplacez les fraises par des pommes de pin, un ballon oublié dans le jardin et des couvercles de poubelle et remplacez les glaçons par des branches d’arbres, des troncs entiers parfois, et les bacs des poubelles maintenant…

Je me suis réfugiée au Ryan Mansion, une grande maison blanche qui fait office d’hôtel. Douillet, cossu, du savon qui sent très bon et un garçon de service du soir qui est très serviable. Les deux stars de la maison sont le Prince Charles et le Titanic. Le premier a mis sa photo dans ma chambre et le second a mis sa vaisselle (des répliques) dans ma salle à manger. Le premier était de passage dans les environs en 2009 et le second a conclu son ultime voyage dans les environs en 1912. 

Durant les heures fatidiques où Igor n’était vraiment pas de bonne humeur, c’est fou toute la visite qui est venue frappée à ma fenêtre : bouts de gouttière, morceaux de toiture, membres de feuillus et conifères, oiseaux (mais on n’a pas le temps de voir lesquels) et autres. J’ai aussi réappris quelques pas de danse ; mon partenaire, le Ryan Mansion, tremblait tantôt son disco, tantôt son twist, parfois son rétro… Je n’ai eu qu’à me laisser porter et guider… Les luminaires ont également revu leurs sept carrés et les interruptions d’électricité ont joué un rôle de maître éclairagiste et effets spéciaux.

J’ai crains pour Camilla (qui était du voyage avec son Prince) mais surtout pour la vaisselle du Titanic. Particulièrement celle de la 2ème classe, qui est d’un bleu éclatant. Le Ryan Mansion dispose des répliques du contenu des vaisseliers de la Première classe du Titanic, de la Deuxième et de celui de la Table du Capitaine.

Le Ryan Mansion, Charles et Camilla, la vaisselle du Titanic, le garçon de service très serviable et moi avons survécu à Igor, qui a été plus destructeur vers le nord-est et le sud-est, soit du côté de la Bonavista Peninsula et de la Burin Peninsula. J’ai constaté également que ce qu’il y a de surprenant aussi avec un ouragan, c’est quand on met le nez dehors pour la première fois après que le méchant caractère de Mère Nature se soit calmé ; on trouve des choses qui n’étaient pas là la veille, et on cherche d’autres choses qui étaient là la veille mais qui n’y sont plus… J’ai vécu mon lendemain de veille comme une belle balade dans un marché aux puces et comme une surprenante chasse au trésor…

Je parcours donc Terre-Neuve depuis et la semaine prochaine, je vous livre des histoires charmantes et des adresses à Terre-Neuve qui plairont certainement à vos enfants…

Si le Titanic enchante vos chérubins, le Johnson Geo Centre de St John consacre une aile de son musée à l’histoire du Titanic et son naufrage.

Bonne semaine !

Isabelle




Le train est-il convenable et intéressant pour les enfants ?

Dans mon billet de la semaine dernière, je vous emmenais au Festival Celtique de Québec où j’ai « perdu » ma fille pendant deux jours ; à gauche elle dansait avec les Bretons, à droite elle admirait un spectacle de gigue irlandaise, etc., etc,. etc.

Pour se rendre à Québec, nous avions pris le train de Montréal, histoire de mettre ma fille en situation ; je voulais savoir si un voyage avec Via Rail pouvait être intéressant et convenable pour une enfant de 10 ans. Ma fille et moi avions fait le même voyage lorsqu’elle avait 2 ans. Je la revois il y a huit ans, debout sur son siège, le nez collé à la fenêtre, admirant le fleuve Saint-Laurent, les ponts de Montréal et Québec et les chevreuils des campagnes…

Pour tirer le meilleur de notre expérience de la semaine dernière, nous avons voyagé en Classe Affaires pour l’aller et en Classe Économique pour le retour.

Si on compare le train à l’avion et l’autocar, l’autocar est le moins cher, l’avion peut être parfois abordable grâce à la concurrence féroce, le train se situe parfois entre les deux (Via Rail offre des tarifs réduits aux enfants ; la classe économique est à 50 % pour les 2 à 11 ans). Mais je veux ici attirer votre attention sur le voyage lui-même. Le train est à des années lumières des deux autres, en mieux, et pour plusieurs raisons. D’abord, le papa, ma fille et moi étions tenus d’arriver au moins… 20 minutes avant l’embarquement (n’essayez même pas de penser faire ça si vous prenez l’avion !) et pas de fouilles suspicieuses du corps et des bagages. Conséquence directe : tous les passagers sont hyper relaxes et l’ambiance est plus détendue. Assez chouette pour les enfants…

L’espace dans l’allée et entre les rangées n’est pas un facteur négligeable non plus. En Classe Affaires, ma fille de 10 ans rejoignait le dossier du siège devant elle avec ses pieds qu’en faisant un effort d’étirement très gracieux des jambes. Puis au service du repas (compris dans le prix du billet en Classe Affaires ; au choix ce jour-là : ravioli aux épinards sauce alfredo, filet de porc nappé d’une demi-glace à la moutarde ou sole farcie d’une mousse aux pétoncles et au crabe ; mousse aux bleuets et à l’érable pour dessert), l’agent de bord s’est mise à valser de la rangée 10 à la rangée 7 et de la 12 à 6 avec une aisance de mouvement qui ferait rougir les cabines d’avion. On aurait dit Sissi en pleine répétition du bal du samedi soir !

Ma fille avait installé son quartier général à son siège : livre, iPod, tablette et breuvage.

- « Madame, est-ce que le sac brun dans la pochette c’est pour vomir ? »

J’éclate de rire quand je vois la taille du sac : trois fois celle du sac que l’on retrouve dans les avions…

- « Non, c’est pour vos déchets mademoiselle… » lui a répondu la préposée aux billets.

Une fois que celle-ci fut partie, ma fille m’a dit :

- « La madame a pas fait tchik-tchik-tchik sur mon billet avec un poinçon ! »

Ma fille se souvenait de ce fameux passage dans le film Boréal Express, où Tom Hanks, en préposé caricaturé des billets (c’est un film d’animation), dessinait des mots sur chaque billet des enfants avec son poinçon.

- « Madame, est-ce qu’ils mettent des grains dans le train ? »

J’expliquai maintenant à la préposée aux breuvages le passage du même film où le cheminot enfile le charbon dans l’âtre à grands coups de pelle.

- « Non ! (sourire) C’est électrique aux gares mais au fuel lorsqu’on est en route. C’est plus écologique ! »

Comme durant tout voyage peu importe le mode de déplacement, ma fille a ensuite procédé à ses fouilles archéologiques habituelles de son habitacle. Elle a trouvé les toilettes (deux fois et demie plus grande que celles des avions et autocars), l’accès à ses bagages et a déniché les prises électriques sous nos sièges. On a donc sorti l’ordinateur pour se brancher en moins de deux sur le réseau Internet sans fil de Via Rail…

Le voyage s’est ensuite déroulé à contempler le paysage. Si en avion on ne voit que les nuages (c’est pas rien, certes, mais redondant à la longue, tout de même), en train, on a droit à une véritable tournée en coulisses du paysage : on traverse les champs de blé d’inde, on embrasse des villages, on surprend une enjambée d’un chevreuil… et aussi, on croise par endroit des cours arrières totalement bordéliques ! On se rince l’œil et on fait d’autres découvertes :

- « Maman, je viens de voir un héron !! »

Notre voyage de retour en Classe Économique a connu un rythme semblable, repas multiples services en moins (cantine offerte $). Les toilettes y étaient toutefois tout aussi spacieuses, les prises électriques tout aussi pratiques, les rangées et l’allée tout aussi généreuses. Tom Hanks n’était pas là non plus, mais je crois que nous avons revu le même héron…

La durée du trajet Montréal-Québec compte environ trois heures, comparable à l’autocar. C’est certes davantage que le temps de vol d’un avion, mais si on ajoute le temps d’attente avant le décollage, celui dont il faut respecter entre l’enregistrement et l’embarquement et celui qu’il faut pour atterrir, débarquer, récupérer ses bagages ET se rendre au centre-ville de sa destination (les gares sont dans les centres-villes, les aéroports non), alors là c’est plus que comparable.

Vous l’avez deviné ; le train réussit assez bien avec nous…

Bonne semaine !

Isabelle




Le Festival Celtique de Québec

Dégustation de crêpes bretonnes, parade, atelier de calligraphie celtique, spectacles de danses irlandaises, ateliers de danse bretonne, démonstration de Irish Fighting Stick, rencontre avec une harpe gaélique avec Crépuscule, concert intime de cornemuse « scottish smallpipes »… Bref, j’ai couru après ma fille toute la fin de semaine !

La Parade du Festival Celtique de Québec

La ville de Québec résonne actuellement aux rythmes et saveurs du Festival Celtique de Québec, dont le quartier général se trouve au Centre Morrin, situé dans le Vieux Québec. Ce festival en est à sa cinquième édition et la programmation est un voyage culturel très dynamique.

- « Bye maman ! Je vais danser avec les Bretons… »

Ma fille venait de voir le menhir d’Obélix défiler derrière elle durant le parade de samedi après-midi. Était-ce le menhir ou le tartan écossais de son partenaire de parade qui avait déclenché en elle cette envie de tout essayer ? Toujours est-il que toute la soirée, c’est petits-doigts-dessus-et-dessous avec ses voisins de chaque côté qu’elle a appris les pas de danse bretonne en moins de deux. Flûte traversière, flûte irlandaise et violon l’ont soutenu en direct dans ses élans dansants.

Le clou du festival a été pour elle les spectacles de danses celtiques et irlandaises et de gigue irlandaise. Les trois écoles participantes (Violon Vert, Shannon Irish Dancers, Les Tourbillons de Beauport) ont présenté aux festivaliers leurs meilleures jeunes danseuses (et un petit meilleur danseur !). Pas de danse aériens, tap dance et ballet celtique, soft et hard shoes, musique celtique…. L’avantage d’un festival comme celui-ci, c’est la proximité. Assise à deux pas de la scène, ma fille a perçu toutes les subtilités des mouvements rapides des pieds des danseuses et les jupettes brodées des jeunes artistes des Tourbillons de Beauport ont tourbillonné à quelques centimètres de son nez.

 

Les Shannon Irish Dancers à l’œuvre…

Au terme de son immersion dans cet univers celtique fascinant (qui fut la continuité de son voyage en Irlande il y a deux semaines, lisez ici mon billet), ma fille connaît encore mieux l’origine des fameuses « soirées canadiennes » de son pays et la culture de quelques compagnons de classe qui sont de souche irlandaise. Juste pour ça, ce Festival a mérité pleinement le déplacement.

Le Festival Celtique de Québec est un événement annuel. Il se poursuit toute la semaine, jusqu’à ce vendredi 17 septembre.

Voyez ici le clip préféré de ma fille, tiré du spectacle de danse irlandaise de la troupe Riverdance, qui était à l’affiche tout l’été à Dublin. Bon voyage en images !

Extrait de Riverdance

La semaine prochaine, je vous livre les impressions de ma fille sur son voyage en train à bord de Via Rail. Bonne semaine !

Isabelle




Attention aux offices du tourisme !

Un office du tourisme, c’est un organisme qui fait la promotion de ses membres. Les membres, ce sont ceux qui donnent de l’argent à l’organisme pour qu’il parle d’eux. Donc, l’office du tourisme n’est pas dicté par son objectivité pour dire que tel endroit mérite d’en faire la promotion ; l’office est dicté par la signature du chèque.

Les offices du tourisme peuvent faire un travail extraordinaire mais ils seront toujours liés par cette réalité. Pas de chèque, pas d’office, pas de promotion de membre. Résultat : combien de fois un office du tourisme s’est bouclé le bec quand j’ai demandé telle info au sujet de tel endroit qui me paraissait bien et ce, parce qu’il n’était pas membre. Ou combien de fois un office du tourisme m’a chuchoté à l’oreille « je n’ai pas le droit de te dire que cet endroit est plus approprié pour ta fille que cet autre endroit parce qu’il n’est pas membre… ».

Je comprends la mathématique (office – chèque = pas d’argent pour exister), mais c’est pourquoi aussi je dis attention. L’office du tourisme ne devrait être qu’une ressource parmi d’autres pour s’informer.

Les agents de voyages aussi sont parfois des ressources à consommer avec modération. Dans certains cas ils sont indispensables, mais comme dans tous les domaines, il y en a des bons et des douteux. Je m’inquiète beaucoup quand je vois des promotions offertes, par exemple par des groupes hôteliers, du genre « vendez quatre séjours dans mon hôtel et courez la chance de gagner une semaine gratuite pour vous et votre conjoint » ou encore du genre « réservez un groupe chez nous et obtenez un cinéma maison gratuit ». Je m’imagine agent de voyages et je ne vois pas pourquoi je ne m’arrangerais pas pour que mes clients réservent là où je peux obtenir des vacances gratuites, puisque, de toute façon, mes clients veulent partir en voyage.

Multipliez vos ressources d’information. C’est peut-être une partie de la solution. Et si on insiste beaucoup pour vous envoyer quelque part, renseignez-vous sur les promotions en cours !

Bonne semaine !




C’est arrivé en Irlande : Une famille de nomades aux commandes d’une carriole !

Ce fut un coup de foudre puissant en Irlande. Imaginez l’aventure : il y a deux semaines, mon amoureux, ma princesse de dix ans et moi avons visité l’arrière-pays de l’Irlande (la terre ancestrale de plusieurs Canadiens) au rythme des pas de Mike, notre cheval, qui a mis tout son savoir-faire à notre disposition pour nous faire visiter son pays et tirer notre carriole, laquelle disposait d’une table à manger se changeant en chambre à coucher, d’une cuisinette alimentée au propane, d’un divan devenant lit double le soir venu et des espaces de rangement.

 

Nous étions des nomades, me rappelant un peu les Gitans que j’ai déjà rencontrés en Hongrie ou même à l’occasion du Pèlerinage des Gitans aux Saintes-Maries-de-la-Mer, en Camargue, dans le sud de la France.

Mike vient de la famille de Clissmann Horse Caravans, une entreprise qui existe depuis plus de 40 ans maintenant et qui propose ce type de formule vacances absolument charmant pour les familles, dans la région de Wicklow, dans le sud-est de l’Irlande.

L’aventure se déroule comme suit : pendant une semaine, vous allez de campagne en village (côté montagne ou côté mer, au choix), par les chemins tranquilles. Votre vitesse de croisière est de plus ou moins 3,9 km/heure, soit au rythme des pas de votre escorte chevaline. À cette vitesse-là, on a amplement le temps de rencontrer l’âne et les moutons d’un village, de cueillir des mûres et des fleurs en bordure de la route, d’embrasser le paysage, de renifler les effluves de la boulangerie, de converser avec les gens du pays.

 

On va d’étapes en étapes, celles-ci étant préalablement désignées par Clissmann Horse Caravans. Le critère : l’abondance et la fraîcheur de l’herbe, qui constitue le terrain de repos et gueuleton pour Mike. Nous avons donc passé une nuit chez un fermier à Arklow, une nuit à Ballinaclash dans un champ bordé d’un pont plusieurs fois centenaires et d’un pub irlandais plusieurs fois serviables (!), une nuit à Glenmalure dans une vallée surplombée par une auberge jadis un refuge de chasseurs, une nuit chez une aubergiste à The Meeting of the Waters. Il y eu aussi une nuit dans un terrain de camping, mais celle-ci ne restera pas dans nos archives des best off ; une carriole rustique tirée par un cheval est une curiosité de tous les instants. Si nous avions chargé 2 euros par personne qui voulait visiter notre carriole, nous serions riches aujourd’hui ! Mais bonne nouvelle : il est possible de choisir ses lieux nocturnes préférés, et donc de passer outre les terrains de camping…

 

Le coup de foudre vient également du programme quotidien. Tous les matins, ma fille allait chercher Mike au champ, l’amenait à notre carriole, lui donnait son bol de gâterie matinale et le brossait. Avec papa, elle endimanchait Mike de ses habits de travail puis fixait le tout à la carriole. Un câlin, deux bisous, un autre câlin puis c’était le départ… À toutes les fins de parcours, ma fille retirait les atours de Mike, lui donnait à boire, le brossait, le remerciait. Un câlin, trois bisous, un autre câlin puis direction le gueuleton…

 

Notre souvenir le plus mémorable est à Ballinaclash. Nous avions installé des coussins sur l’herbe, histoire de se prélasser au grand air sous le ciel légèrement voilé (il paraît qu’il pleut beaucoup en Irlande ; sur 7 jours de voyage, les gouttes nous ont accompagnés pendant une seule journée). Les yeux fermés, nous écoutions la rivière tout près et rêvions aux aventures de la journée. Tout à coup, ma fille sentit quelque chose de chaud et doux se frotter tout doucement sur son pied. Elle ouvrit les yeux. C’était le nez de Mike, qui devenait toujours plus chaque jour son complice et compère de voyage. Elle lui sourit et le caressa. Mais ce n’était pas suffisant. Mike releva la bordure du coussin sous ma fille avec son nez, puis leva la patte avant gauche. Mike requérait visiblement sa compagnie… Ma fille a passé le reste de l’après-midi à le caresser, à lui faire des tresses et tous les deux se sont investis dans un safari inusité à la recherche d’herbes les plus fraîches qui soient !

 

La saison de Clissmann Horse Caravans va de fin avril à fin septembre. Les carrioles peuvent loger aisément deux adultes et deux enfants. Les tarifs varient selon la basse ou haute saison dans une fourchette de 900 à 1200 euros pour une semaine.