Monthly Archive for novembre, 2010

Du traîneau à chiens sous le sapin

Il s’appelle Tenord… et pourtant il ne sait pas vraiment chanter. C’est sans doute ce qui le rend plein de charme. Elle s’appelle Rashka, et elle a beaucoup de succès avec les enfants en raison de sa taille modeste et de ses bisous. Il y a aussi Panda et MaFée, des vrais leaders de tête, Azur et sa timidité, Heart et son cœur sur la tête ou encore Odin, qui se prend paraît-il pour le Dieu des huskies…

Accessoirement, il y a Peter, le chef de la meute et l’encyclopédie des lieux. Il y a aussi Carole, la chef organisatrice pour qui il est impossible de cesser de rire et sourire. Puis il y a Pamela, la jeune féminité sublime dont les huskies sont tendrement épris…

Les premiers sont des chiens de traîneau dont le dévouement et la discipline sont absolument admirables. Les seconds sont des humains dont les connaissances dans les domaines des randonnées avec des chiens, de l’entraînement canin, de la grimpette de montagnes et rochers et de la kinésiologie (étude des mouvements du corps humain) sont mises à la disposition de nous tous.

Tout ce beau monde orchestre le centre d’aventure en plein air Kinadapt, situé à Rawdon, une petite ville dans la campagne de Lanaudière, à une heure de route de Montréal, au Québec. Au menu hivernal de ce centre : randonnées en traîneau tiré par des chiens, canicross (randonnée pédestre attelée avec un chien), skijöring (ski de fond assisté/attelé par un ou deux chiens), expédition en forêt avec un attelage de chiens, défi-entraînement, etc. Pour tous, enfants et adultes et personnes à capacité restreinte. Bref, pourquoi pas cette suggestion de cadeau sous le sapin ?

Kinadapt offre des certificats cadeaux de Noël de valeur et activité variables, selon ses envies et l’approche souhaitée.

Pour l’anecdote, un couple de chevaux vient ajouter un esthétisme hippique aux lieux. Mais on retiendra surtout que ces amoureux veulent toujours rentrer dans la maison…
Pour réserver un certificat cadeau : tél. : 450-834-4441 ou via Internet.

Hakuna Matata !




Le Canada dit NON à l’exploitation sexuelle des enfants

La première campagne canadienne de lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants dans le voyage et le tourisme a été officiellement lancée jeudi le 18 novembre dernier dans le cadre de la Journée internationale des droits de l’enfant. Cette démarche pancanadienne regroupe, pour la première fois, le secteur privé (Air Canada et Aéroports de Montréal), des organisations gouvernementales (l’Agence des services frontaliers du Canada, le Service de police de la Ville de Montréal et la Sûreté du Québec) et des organisations non gouvernementales (Le Bureau international des droits des enfants, Plan Canada et OneChild, avec le soutien d’UNICEF Canada).

Cette campagne vise à sensibiliser les voyageurs avant leur départ. Les personnes ciblées sont les touristes à destination d’Amérique latine et des Caraïbes, principales destinations du tourisme sexuel canadien, qui l’emportent dorénavant sur l’Asie du Sud-Est pour des raisons de coûts et de proximité.

Le gouvernement du Canada a rappelé son implication à renforcer la capacité des organismes d’application de la loi de lutter contre l’exploitation sexuelle des enfants et à sensibiliser le public à ce fléau. Le Bureau international des droits des enfants a créé une coalition de divers acteurs pour promouvoir la loi extraterritoriale.

Cette campagne vise également à rappeler aux gens et voyageurs d’être vigilants et de signaler des situations suspectes même quand ils sont ailleurs, sous les palmiers. Rappelons que les voyageurs ne sont pas à l’abri des lois canadiennes lorsqu’ils sont à l’étranger. Depuis 1997, une loi d’application extraterritoriale permet notamment de condamner des Canadiens ayant commis des abus sexuels sur des enfants à l’étranger.

Résumé de la situation: plus de deux millions d’enfants dans le monde sont victimes d’exploitation sexuelle chaque année et ce, souvent dans le cadre du tourisme dit sexuel. Ce tourisme consiste en des agressions sexuelles commises par des voyageurs sur des mineurs, généralement dans des pays en développement. Il n’y a pas de profil-type du « touriste sexuel ». Ceux-ci voyagent fréquemment pour des raisons d’affaires, pour faire du tourisme ou même pour des missions humanitaires. Ce sont le plus souvent des criminels « situationnels », menant une vie apparemment ordinaire, attirés par l’apparente impunité de tels crimes lorsqu’ils sont commis à l’étranger.

Leurs crimes ont des répercussions sévères sur les victimes : traumatismes psychologiques et physiques à long terme, maladies transmises sexuellement, toxicomanie et abus d’alcool, exclusion du système scolaire, stigmatisation dans la cellule familiale. Tout acte répréhensible commis à l’endroit d’un enfant doit être signalé à la police sans délai.




Le top 10 des qualités d’un agent de voyages

Quand on transige avec un agent de voyages, le secret d’un voyage familial réussi réside en partie dans la faculté chez celui-ci de projeter ses clients en voyage en pensées. Préparer un voyage en camping ou en croisière, en voiture ou en avion, à la plage ou en ville… à la base, l’agent de voyages doit avoir les capacités et les qualités suivantes :

1- éliminer les irritants (les indésirables, les mauvaises surprises)

2- obtenir des confirmations claires

3- transmettre des informations précises

4- construire des itinéraires simples

5- dresser la liste des ressources à contacter une fois à destination en cas de pépin (ambassade, représentant à destination, agence réceptive)

6- soupçonner l’insoupçonnable (les « au cas où »)

7- offrir une mise à jour des lois pour mineurs (transport aérien, procédures aux douanes, passeports, bagages, etc.)

8- traiter les enfants de ses clients comme des membres à part entière du groupe

9- stimuler la complicité de chaque membre de la famille

10- offrir des conseils de nature philosophique (aborder une difficulté de telle façon par exemple) que les clients pourront mettre en application peu importe la situation.




Voyages en famille : un jeu d’enfants ?

« Notre agent de voyages nous a réservé une chambre dans un hôtel situé au cœur du quartier des discothèques alors que nous voyagions avec un poupon ! »

Non, prendre en charge l’organisation d’un voyage familial n’est pas un jeu d’enfants. Quand on fait affaire avec un agent de voyages, celui-ci doit exploiter ses facultés en matière de jugement, sortir sa trousse du gros bon sens et se questionner sur les perceptions et les préjugés qu’il peut avoir envers les enfants.

Dans un premier temps, que vous soyez parents baba cool voyageurs ou non, votre agent de voyages, avec ses ressources à sa disposition, a un rôle important à jouer en raison du fait que la planète tourne d’une façon toujours plus complexe. Le monde change et les voyages aussi. On prend moins l’avion comme un taxi, et le voyageur, pour ses besoins personnels, veut niveler non plus vers le bas mais vers le haut.

Dans tous les pays du monde et dans toutes les sphères de l’industrie du voyage, il existe des services et produits adaptés aux enfants et aux parents. Des règles aussi, en matière de sécurité, mais également pour une viabilité plus saine et structurée. Priorité aux embarquements, réductions de tarifs pour enfants et mineurs, courtoisie volontaire, animation et petites attentions, menus adaptés, gadgets pour bébés, espaces pour mamans, privilèges pour papas.

Dans un deuxième temps, même si des parents peuvent donner l’impression qu’ils savent exactement ce qu’ils veulent pour eux et leurs enfants, leur agent de voyages doit pouvoir dresser le portrait global de la famille, ses motivations et son expérience en matière de voyages. Cette étape peut être déterminante. Par exemple, un agent pourra faire remarquer à ses clients que faire deux semaines de camping safari à l’autre bout du monde n’est peut-être pas la meilleure option s’ils n’ont jamais même monté une tente avec leurs enfants dans la cour arrière de la maison…

Dans un troisième temps, il persiste encore de nos jours des perceptions réductrices tenaces à l’égard des enfants, et ce, même si la société a élevé l’enfant au statut de roi. « À quoi bon emmener des enfants en voyage puisqu’ils ne se souviendront de rien ! » « Voyager avec des enfants ? Ça prend du courage ! » Avec de telles perceptions, on part de loin… Si votre agent de voyages est secrètement convaincu que les enfants sont des boulets, des freins et des obstacles à l’aventure et aux voyages, il est pratiquement impossible d’envisager qu’il puisse être de bon conseil et avenant pour ses clients. Trop minces sont ses chances de pouvoir démystifier le voyage avec des enfants et aller au devant des besoins de ses clients. Plus que de revoir ses perceptions, il faudra refaire sa mentalité.

De plus, parallèlement à la montée de l’enfant-roi mais surtout celle de l’individualisme, il est apparu dans certaines sociétés un sentiment purement égocentrique que les enfants sont des nuisances publiques. Et avec ce sentiment, sont apparus des ghettos « pour enfants » et des lieux publics « interdits aux enfants ». Et pourtant, les voyages sont les plus belles écoles de la vie pour les enfants et des moments privilégiés pour les parents.

Toutes les formules sont permises

La démocratisation du voyage a été une bonne nouvelle pour les familles. Côté pratique, les prix sont devenus plus bas, les produits plus nombreux, les destinations plus accessibles. Côté théorie, le message envoyé aux parents a été que le voyage familial sûr et réussi n’est plus uniquement celui qui se consomme dans une « destination parcs d’attractions ».

Ainsi donc, la planète tout entière est un formidable terrain de jeux pour tous les membres de la famille. Mais comme tout terrain de jeux, il faut en connaître les règlements (les lois), les conventions (les mentalités) et les usages (le mode d’emploi).

La semaine prochaine, je vous livre le top 10 des facultés et qualités d’un bon agent de voyages pour les familles.




L’Halloween, ou comment prendre les enfants pour des représentants marketing

L’Halloween, comme toute fête du calendrier annuel, est un voyage dans les traditions. Oui, en Amérique du Nord, l’Halloween est une fête traditionnelle. En France, elle ne l’est pas. Elle est même controversée, crainte et détestée, et interdite par certains. J’étais en France un 31 octobre il y a 5 ou 6 ans. On roulait en voiture, mon amoureux, ma fille et moi, et nous écoutions la radio locale :

- « Bonsoir mesdames et messieurs, ce soir à votre radio-journal de six heures : des préfets exhortent des commissions scolaires à distribuer à leurs élèves des pamphlets sur l’Halloween. Chaque enfant rentre donc ce soir au domicile familial avec ce pamphlet dans leur sac d’école, pamphlet qui s’adresse aux parents et les incite très fortement à ne pas ouvrir leurs portes, ce soir, aux enfants déguisés qui viendront s’y présenter. »

- (voix d’un préfet du sud de la France) « L’Halloween est une fête exécrable qui fait peur aux enfants. Nous n’en voulons pas chez nous. C’est une manifestation ni plus ni moins commerciale et nous disons non ! »

Petit rappel historique : quand j’étais petite (on remonte aux années 1970, au Québec), je plongeais dans la garde-robe de ma grand-mère pour y dénicher un truc à partir duquel improviser mon déguisement. On n’achetait jamais nos costumes au magasin (je ne sais même pas d’ailleurs si les magasins en vendaient à cette époque-là). On les confectionnait de toutes pièces. J’attrapais souvent une des jupes à plis de ma grand-mère. Monchou (c’était son surnom) en avait des tonnes et comme je trouvais que ces jupes n’étaient pas ce qu’il y avait de plus beau dans sa garde-robe, je les imaginais toujours plus rigolotes une fois avoir mis les ciseaux dedans ou une fois mes chefs-d’œuvre aux crayons dessinés dessus. Puis, l’après-midi du jour de l’Halloween, mes sœurs et moi répandions tous nos accessoires par terre dans le salon et on improvisait : le balai pour faire la perruque, le fond de rouge à lèvres pour avoir les joues rouges, le linge à vaisselle pour faire un chapeau, la jupe à plis de ma grand-mère pour faire la robe. Une fois vêtues de nos costumes sans nom, nous sortions et allions continuer la fête. À chaque maison du quartier, les portes s’ouvraient avec des sourires. Les maisons débordaient de lumières, de monde, de chaleur et de bonbons. Dans une maison sur quatre, les hôtes nous demandaient de chanter une chanson, de réciter un poème ou d’expliquer en quoi consistait notre costume. Pas de chanson, pas de poème ou pas d’explication = pas de bonbons ! Nous le savions à l’avance, alors nous préparions toujours un répertoire avant de commencer notre tournée.

À la fin de notre tournée, nous rentrions à la maison les bras chargés de bonbons. Chargés comment ? Un plein sac en papier brun de chez Steinberg (l’ancêtre des Metro, Provigo, IGA et compagnie). Puis avant de plonger dans nos sacs, mes sœurs et moi avions droit à un dernier tour de piste qui pour moi était ma finale de l’Halloween préférée : nous nous rendions en voiture chez ma grand-mère. Celle-ci nous attendait toujours avec nos bonbons surprises, les derniers récoltés de la soirée. Et moi je lui dévoilais ce que j’avais fait de sa jupe à plis…

En France, l’Halloween a fait son apparition tout récemment… mais par la porte des commerçants. Comme toute personne constituée d’un cerveau à neurones lucratifs, les commerçants ont flairé, avant les familles, les bonnes affaires à faire avec l’Halloween. Un signe des temps actuels.

Là où c’est dommage, c’est de taxer l’Halloween de manifestation qui fait peur aux enfants. Venez faire un tour au Québec l’an prochain à pareille date. Vous découvrirez que les écoles organisent des ateliers de bricolage pour l’Halloween, que des parents et des enfants plongent leurs mains dans les citrouilles pour les décorées et parfois les cuisiner (tarte à la citrouille, soupe à la citrouille ou encore frites à la citrouille, la spécialité de ma grand-mère), que des villages ferment leur rue principale pour que les enfants puissent circuler librement et qu’encore beaucoup de maisons transforment leur hall d’entrée en maison sympathiquement hantée…

Ceci dit, si ma fille et moi, à nouveau cette année, avons passé toute la fin de semaine à improviser, rigoler et s’amuser, je vois apparaître une tendance le jour de l’Halloween : une déformation professionnelle. J’ai vu les premiers indices l’an dernier et hier, les indices se sont multipliés.

Tout d’abord, alors que nous faisions notre porte-à-porte habituel au cœur de notre village, nous avons croisé dans la rue non pas un, mais deux adultes montés sur des échasses. Ce qu’ils faisaient ? Ils distribuaient des annonces d’une soirée spectacle cabaret qui aura lieu dans deux semaines dans une salle municipale de la région. Mmm… Je ne suis pas certaine que l’Halloween serve à faire des promotions du genre.

On poursuit notre tournée et une fois de retour à la maison, en fin de soirée, je plonge avec ma fille dans son sac de bonbons à la recherche de nos friandises préférées. Wow ! Entre les bonbons, je découvre ceci :

- une carte d’affaires d’un agent immobilier

- un coupon de réduction pour le restaurant de poulet du village

- un DVD d’un fabricant de céréales

- un dépliant d’un jeu concours sur Internet.

Tout à coup, je me rappelle l’éventail douteux de l’année dernière :

- un pain scellé dans un sac de plastique à l’effigie du restaurant de poulet du village (tiens, un récidiviste ici)

- un petit calendrier d’un agent immobilier (tiens ! ici aussi)

- une annonce d’une vente spéciale dans une boutique de vêtements

- une circulaire de la fruiterie du village

- une bouteille d’eau dont on a changé l’étiquette… pour une prière et un appel vers la lumière !

Alors là je dis bravo ! Bravo aux adultes qui ont flairé cette idée de génie : prendre les enfants pour des représentants marketing et se servir d’une fête familiale traditionnelle pour enfouir leurs crasses publicitaires dans leurs sacs de bonbons. Vous avez toute mon admiration.

Parents et adultes, votre sens maladif du business brouille lamentablement vos cartes parentales. Les familles nord-américaines ont encore le sens de la tradition pour faire de l’Halloween une fête absolument fantastique pour les enfants. Rangez vos idées que vous croyez de génie et sortez plutôt vos jupes à plis !