Je les avais oubliés ceux-là. Par chance. Mais voilà qu’ils m’ont envoyé un sondage il y a quelques jours. Un sondage de satisfaction. Oh boy ! J’en ai long à dire. Oups : le sondage oblige le répondant à n’énoncer qu’une seule chose à la question développement demandant d’indiquer ce que notre enfant a le moins apprécié durant son séjour. MAIS Y’A DES TONNES DE CHOSES À DIRE !!!!!
Voici de quoi il est question.
L’été passé, je nous inscris, ma fille et moi, au camp spatial parent-enfant de 24 heures du Cosmodôme de Laval, avec expérimentation des véritables simulateurs au programme.
Je me présente avec ma puce à 10 h le matin, le samedi 1er août 2009.
Première activité, en salle d’ateliers : « Avec ces objets, vous devez construire une capsule spatiale que vous lancerez du 3e pour observer ce qui se passera », explique la monitrice, Audrey, à notre groupe (6 enfants/6 parents). Ce qu’on a fait, en réalité : on a mis un œuf dans un ballon qu’on a ensuite soufflé et enfoncé dans un verre en styromousse, pour amortir le choc. Résultat : toutes nos « capsules spatiales » se sont écrasées comme des pâtes molles, et quelques parents et enfants ont même été aspergés de blanc et jaune d’œuf. Super !
Heure du lunch. Au menu : pâté chinois. Consigne : une seule ration par personne.
On achève notre ration et j’aperçois Sandra, fin vingtaine, ici avec sa petite sœur de 10 ans. Sandra fusille des yeux les deux dernières bouchées qui traînent dans l’assiette de sa petite sœur.
– « T’as plus faim, heeeiiinnn ??? », lui demande Sandra. Et hop, à peine la petite sœur a-t-elle répondu dans la négative que les deux bouchées étaient engouffrées dans la bouche de Sandra. « Franchement, ils auraient pu penser aux adultes pour les portions ! », m’a confié Sandra.
Programme de l’après-midi : on nous emmène dehors jouer au ballon (!?!?!) puis direction la salle d’ateliers, encore. Le trajet nous amène dans la salle des simulateurs. Ils sont là, devant nous, grands, attirants et… déserts. Mais pas touche !
– « Maman, c’est quand qu’on va faire les simulateurs ? »
– « Je ne sais pas ma chérie. Suivons le programme. »
La monitrice : « Vous devez maintenant construire une fusée que vous propulserez ensuite. » Ce qu’on a fait, en réalité : on a collé des bouts de papier en forme de triangle aux deux extrémités d’une paille qu’on a ensuite insérée dans une pompe à air actionnée par un bon coup de pied. Super !
Repas du soir. Au menu : pizza de la pizzeria du coin. Consigne : une seule pointe par personne, enfant ET parent. Yooouuu-ooouuu !!?? Y’a des parents ici, vous l’avez remarqué ??? Je regarde à ma gauche et j’aperçois M. Richer, le papa d’un jeune garçon de 11 ans. Je l’observe pour savoir comment celui-là va se débrouiller, lui qui, vraisemblablement, est davantage du genre une-large-all-dressed-à-moé-tout-seul-pis-pas-touche. Il enfonce dans sa bouche l’unique part de pizza à laquelle il a droit, puis garde un œil sur l’assiette de son fils. Puis j’aperçois Sandra, qui mitraille maintenant des yeux la croûte qui traîne dans l’assiette de sa petite sœur.
– « T’as plus faim, hhheeeiiiinnnn ????? » Puis Sandra empoigne la croûte. Puis l’assiette ! On aurait dit un aspirateur végétal !!!
Après les miettes, direction le Centre des sciences de l’espace, connexe au Cosmodôme. Il est 18 h 30.
– « Maman, c’est quand qu’on va faire les simulateurs? »
– « Mmm… Je ne sais vraiment pas ma chérie. Mais j’imagine que c’est pour bientôt là ! »
– « On va faire un rallye dans le Centre des sciences. Vous avez une heure pour parcourir les lieux pour trouver les réponses du rallye », explique la monitrice.
Puis elle nous distribue les feuilles : il y a… 74 questions ! Mais je n’ai pas envie de faire un examen !!!! Je vois les autres parents et enfants parcourir le musée, la bouche ouverte et le nez scotché sur les plaquettes d’informations. Pas le temps de contempler, s’imprégner, s’enrichir. Je dis à ma fille que je me charge du questionnaire et qu’elle peut aller s’amuser en paix… À la question « J’ai passé 69 mois dans l’espace avant d’être ramené sur la Terre, qui suis-je ? », j’ai répondu « Stephen Harper » et ainsi de suite.
Après le marathon, direction la salle de cinéma du Centre pour voir le film Magnifique désolation. Mmm, ce titre est très évocateur ici…
– « Monsieur, à quoi ça sert les boutons bleus sur les sièges ? », demande un garçon à Frédéric, le second moniteur. « Em, plus à rien maintenant. Em, le Cosmodôme se fait vieux… »
Fin du film. Dodo.
Le lendemain….
» Lire la suite de ‘Cosmodôme de Laval : ou comment prendre enfants et parents pour des imbéciles’