Archive pour la catégorie 'Éducation'

Un tour du monde en voilier avec ses mousses !

Je serais candidate. Et vous ?

Pendant que vous vous demandez où aller passer vos prochaines deux semaines de vacances, des familles sont en train d’organiser des tours du monde en voilier !

Je vous invite à voyager dans ce forum de l’Association Sail The World (oui oui, une association française mais qui s’est baptisée en anglais !).

Extrait : « Nous naviguons depuis trois années avec deux enfants. Il est important de prévoir une imprimante et de quoi enregistrer des fichiers sons. (…) Pour la préparation du bateau vous pouvez faciliter les opérations « logistiques » en téléchargeant gratuitement sur le site de Teva, un logiciel qui vous permet de faire votre inventaire (…) et de placer le contenu des valises (ce qui vous évitera de chercher trois fois où vous avez rangé cette fichue casquette rose !). »

C’est une mine d’or de témoignages. Autre extrait :

« La chose qui a manqué le plus à nos filles est le contact avec d’autres enfants. Pendant nos cinq mois au Portugal, au sud de l’Espagne et au Maroc, nos deux mois au Sénégal et un mois au Gambie, la présence d’autres enfants = zéro (on les compte sur une main). Nos six mois au Brésil ont été occasionnellement mieux, avec un peu plus de rencontres entre enfants, mais bon… Si j’écoute ce que d’autres bateaux nous ont raconté, avec un parcours un peu plus typique (Canaries – Caraïbes), on aurait pu rencontrer beaucoup plus de bateaux avec enfants, donc un des facteurs à tenir en compte dans la décision du parcours. »

Partir avec des enfants d’âge scolaire, c’est aussi tout un – merveilleux – défi. Autre extrait :

« Nous partons trois mois cet hiver dans les Caraïbes avec deux enfants de 8 et 13 ans
(2e trimestre scolaire). Il semble qu’il faille une bonne organisation pour les cours…
Nous avons opté en gros pour 3 heures pour l’un et 4 heures pour l’autre, 6 jours sur 7, à partir de 7h30. L’imprimante semble effectivement indispensable.
 »

Et comment les parents jugent-ils la valeur de cette aventure pour leurs enfants ?

« Le voyage leur apportera beaucoup plus que l’école, tant au niveau de l’autonomie, de l’assurance en soi que de la communication… Les copains manqueront beaucoup à l’appel, et les départs des escales seront toujours une déchirure pour eux, mais bon rien n’est parfait ! En tout cas, partir avec des enfants est un beau cadeau. »

Il n’y a rien d’autre à ajouter…




Si un enfant vous crache dessus, tant pis pour vous!

Hilton Bonaventure Montréal, hier dimanche 24 octobre, 11 h 03. Je suis sur mon départ de l’hôtel après une fin de semaine de placotage voyage au Salon International Tourisme Voyage, qui se déroulait en fin de semaine à la Place Bonaventure.

Je suis sur mon départ donc. J’attends l’ascenseur avec mes trois valises. Contente du duo qu’on a fait la veille, mon amoureux Lio Kiefer et moi, sur la scène de ce Salon, à offrir au public une conférence sur les voyages avec les enfants, je fredonne et tape du pied sur l’air de « Je voudrais mourir sur scène » de Dalida (http://www.youtube.com/watch?v=BMYZQflJB5Y ). Notre fille Taïna nous accompagnait sur scène. Parler des voyages avec les enfants avec une enfant, c’est pas génial ça ? Elle était mon introduction.

- « Bonjour mesdames et messieurs ! Ce matin, j’ai demandé à ma fille de 10 ans ce qu’elle détestait le plus en voyage. Voici ce qu’elle m’a répondu. »

Je passe le micro à Taïna.

- « Ce que j’aime pas du tout c’est quand il faut aller vite, vite, vite » dit-elle.

Et v’lan. C’est clair et assez révélateur de notre rythme de vie actuel, ne trouvez-vous pas ?

J’attends donc l’ascenseur en ce dimanche matin et je fredonne maintenant « Bambino » de Dalida (http://www.youtube.com/watch?v=fiTiFcFy8Zs ). Arrive alors une jeune femme, trentaine, blonde, bottes aux genoux, jeans serrés et sac à main en peau de chèvre sur l’épaule. En me dépassant, elle me gifle du regard. Oh boy ! Ça va pas du tout elle aujourd’hui, me dis-je en pensant soudainement à « Je suis malade » de Serge Lama (http://www.youtube.com/watch?v=IMCHIHcKEds ).

Les portes de l’ascenseur s’ouvrent et Lady peau-de-chèvre s’y engouffre en premier. J’entre à mon tour, les portes se ferment puis l’ascenseur débute sa descente. Je fredonnais maintenant « Le moustique » de Joe Dassin (http://www.youtube.com/watch?v=9n_PT7XgocI ) quand tout à coup, je constate que je n’ai pas mon billet de stationnement en main. Je plonge alors dans ma bourse et amorce une fouille archéologique. Entre-temps, les portes de l’ascenseur s’ouvrent. C’est mon étage. J’ai les mains pleines de mouchoirs, crayons, mascara et petit pot de crème et c’est alors que miss maroquinerie me dit de sortir « parce que je suis pressée » !

QUOI ? Vient-elle bel et bien de me demander de sortir ? Et sous prétexte qu’elle est pressée ? Mais je rêve ?!

- « Mais je vais sortir si je veux ! » lui répondis-je en la regardant tout en ayant une pensée pour la chanson « Chienne d’idée » de Maxime Le Forestier (http://www.youtube.com/watch?v=hywZ4M_jm5c ).

Biquette me fusille à nouveau des yeux, ouvre la bouche et en éjecte une splendide saleté :

- « Espèce de niaiseuse ! »

Ma mâchoire inférieure tombe de deux étages ! À vitesse turbo, j’analyse la situation : je ne bloque pas l’ascenseur, je n’ai pas appuyé sur le bouton d’urgence et je ne me suis pas non plus étendue par terre pour empêcher les portes de se refermer. Les mains toujours surchargées de mascara, crayons, mouchoirs et petit pot de crème, je vois bouquetine sortir de l’ascenseur en mode pétard tout en continuant de déverser ses insalubrités :

- « Maudite stupide ! Ça se peut-tu faire attendre les autres comme ça, j’ai pas rien qu’ça à faire niaiseuse… ».

La mâchoire inférieure rendue trois autres étages plus bas, je la regarde s’éloigner. En furie puissance 10, elle continue d’étaler ses manières distinguées tout en marchant vers cet étage qui n’est pourtant pas le sien, ce qui m’amène à me rappeler la chanson « Femmes, je vous aime » de Julien Clerc (http://www.youtube.com/watch?v=oz_fK97ggwc  ).

Personnellement, cette errance du comportement me surprend toujours mais ne me touche pas. Je comprends qu’il faut être vraiment mal foutu dans la vie pour agir ainsi et que parader un sac à main en peau de chèvre ne règle jamais les choses. Ce qui m’inquiète toutefois, c’est que mon enfant était à mes côtés. L’école et la société disent aux enfants d’écouter les adultes et voilà que Biquette venait de lui offrir son exposé intelligent. Les portes de l’ascenseur se sont refermées sur l’écho de ses mots. J’ai ramassé ma mâchoire inférieure et sauté sur l’occasion pour expliquer à ma fille que ce qui venait de se passer était un exemple de mauvais exemples à suivre. Mais il m’est resté un goût amer en bouche. Des tas d’adultes jettent la pierre aux enfants et leur reprochent un manque de savoir-vivre. Pour ma part, quand dorénavant je verrai un enfant cracher sur un adulte, je fredonnerai malheureusement le nom de Lady peau-de-chèvre…




Les enfants ne viennent pas des pommiers !

La semaine dernière je lisais un article dans un journal d’Halifax (désolée je n’ai plus le nom, je l’ai foutu en l’air, vous allez comprendre pourquoi). À la une, une journaliste se scandalisait du fait que de nos jours, nos enfants ne savent pas comment lacer leurs lacets et n’ont jamais pris l’autobus seuls avant d’être au CEGEP. Puis voilà que la journaliste met sa propre fille en exemple, une ado, et se voit sans dessous dessus d’observer que sa fille ne sait pas du tout cuisiner et qu’à l’épicerie, quand vient le temps de choisir une boîte de conserve, celle-ci rejette celles dont le couvercle ne s’ouvre pas d’un coup sec comme une cannette de Pepsi.

Je ne prétendrai pas que ma fille cuisine des profiteroles en un tour de main mais soyez certains que si ma fille ne sait pas comment se faire griller une tranche de pain, je sais exactement qui je dois blâmer. Et ce n’est surtout pas elle…

Ceci dit, en repensant à cette anecdote, ce matin, je me suis souvenue d’une autre.

Avril 2010. Mon amoureux, ma fille et moi nous nous envolons pour la Virginie (voici mes deux billets découlant de ce voyage).

Un autre papa journaliste était du voyage et accompagné de son fils de 8 ans. Le premier soir, au restaurant, nous faisons tous connaissance. Je demande au papa d’où il vient, ce qu’il fait, et tout et tout. Fier comme un paon, le voilà qui me défile un curriculum vitae du tonnerre : j’ai voyagé là-bas, je suis allé ici, j’ai parcouru ceci et j’ai pas mal défriché par là. Woouuaaaooouuuhhhh ! Ca fait 15 ans que je suis journaliste en voyage et ce type, à l’écouter parler, semble battre mon record en à peine quoi, trois, quatre, cinq ans ? Je suis impressionnée…

Puis je m’adresse à son fils, un petit bonhomme de toute évidence très timide qui baisse la tête chaque fois qu’on le regarde.

- « Et toi petit homme, dis-moi, est-ce que c’est la première fois que tu viens en Virginie ? »

- « Oui. »

- « Comment tu trouves ça jusqu’à maintenant ? »

- « Ché pas. »

- « Est-ce que tu voyages souvent avec ton papa ? »

- « Non. »

- « De temps en temps alors ? »

- « Non. »

- « Eh… bon, raconte-moi où tu es allé la dernière fois avec ton papa. »

- « … »

Un peu perplexe, je regarde le papa, puis le fils, puis le papa. Je ne veux pas m’acharner sur fiston alors j’arrête mes questions. Toujours fier comme un paon, le papa réagi du genre je- vais-prendre-en-main-la-situation.

- « Il n’a jamais voyagé. C’est son premier voyage. C’est la première fois qu’il sort de sa ville. »

Je tombe à la renverse ! Alors là bravo ! Le grand se pète les bretelles d’avoir beaucoup voyagé et il n’a jamais été foutu avant d’en faire profiter son fils.

Résultat des courses, durant les quatre jours du séjour, le grand a engueulé le p’tit de se dégourdir un peu plus (fiston ne savait pas comment faire des tas de trucs MAIS C’EST PARCE QU’IL N’A JAMAIS SORTI DE SA VILLE !!) et le grand a forcé le p’tit a sortir de sa bulle et cesser sa timidité. On a assisté à un choc familial : deux êtres liés par le sang qui ne se connaissent pas et qui ont vécu très peu d’aventures ensemble et le grand qui voudrait que le p’tit soit tout de suite comme le grand alors que le p’tit n’a jamais fait partie du monde de son grand. Vous suivez ?

Bravo ! Vous avez tout mon respect monsieur…