Archive pour la catégorie 'États-Unis'

Les Américains expliqués aux enfants

« Maman, c’est qui les Américains ? » Au fil de notre voyage de deux semaines aux States, ma fille m’a posé cette question plusieurs fois. La nature fortement contradictoire des scènes auxquelles elle a assisté explique, visiblement, son questionnement sur l’identité du peuple états-unien.

Au milieu de notre séjour en Floride, j’ai trouvé l’événement parfait pour lui apporter une réponse. Il s’agit de la parade de la Journée de la Crevette, qui s’est déroulée à Fort Myers au début du mois.

Durant cette parade, les spectateurs que nous étions avons vu défiler CÔTE À CÔTE des femmes d’un certain âge vêtues d’un tablier illustrant des corps explicitement féminins en bikini ainsi que des Miss Crevettes en costume de bain et assises sur le dos d’un nombre impressionnant de Corvette, ET, de part et d’autre de la parade, des hommes et des femmes qui distribuaient… des bibles.

Durant la même parade : les unes qui se déshabillent, les autres qui veulent vous voir prier. Crédit photo : Isabelle Chagnon

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Walt Disney World et Universal Orlando : de foules et de files d’attente

La dernière portion de notre voyage en Floride en véhicule motorisé s’est déroulée à Orlando. Notre pied-à-terre était le Fort Wilderness Resort, le camping du Walt Disney World Resort.

Ce camping contraste avec ceux où nous avons campé précédemment par sa grande quantité d’arbres matures et les nombreuses pommes de pin qui saupoudrent le sol. Les toilettes et douches sont d’un chic mais nous voilà confrontés à des indésirables : les moustiques.

Nos deux jours ici ont été dédiés aux parcs d’attractions pour les familles. Le premier : Walt Disney World.

Nous avons mis le cap sur Epcot, car nos souvenirs d’une visite antérieure nous dictaient une urgence : revisiter Soarin. Ce « manège » est un voyage aérien en 4D au-dessus des splendeurs de la Californie. En nous dirigeant vers l’entrée, ma fille et moi, d’un pas pressé (il y a foule comme une foule de foules), mes oreilles ont capté la voix d’un papa : « Do you want my Fast Pass ? » Fast et Pass sont les mots magiques à WDW. J’ai attrapé ma fille par le t‑shirt, j’ai stoppé notre course et je me suis retournée vers le papa en question : » Lire la suite de ‘Walt Disney World et Universal Orlando : de foules et de files d’attente’




La Floride pour enfants : entre plages, mangroves et coquillages

Nous poursuivons notre périple en motorisé en famille, chienne comprise. Nous avons atteint notre destination finale,la Floride. Aux premiers kilomètres dans l’État Ensoleillé, un panneau de « bienvenue », là à gauche de l’autoroute, en format 5 par12 mètres : « Faites-vous vasectomiser »! Ah bon…

Notre itinéraire comprenait d’abord deux nuits à Miami. Quoi de mieux qu’un bain de foule urbaine à South Beach pour faire découvrir à notre fille la gente balnéaire bizarroïde par excellence. L’exercice est simple : on choisit n’importe quel restaurant sur Ocean Drive, on repère une table sur le trottoir, on commande un énorme virgin pina colada (pas besoin d’alcool pour se faire tourner la tête, 19 $ toutefois!) et on observe le spectacle. Les homosexuels et les poupounes à la recherche d’un producteur de cinéma ont déserté South Beach. Aujourd’hui, c’est hétéro noir & latino en mode talons hauts et oups-j’ai-oublié-de-me-vêtir-pour-sortir! Ma fille a eu droit à tout un spectacle : un défilé d’une jeunesse en mode séduction puissance 1000… Rien d’offusquant, 100 % hilarant!
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Direction la Floride comme des nomades…

 

Photo : Isabelle Chagnon

C’est parti! Taïna, maman, papa et Douchka (notre chienne labernoise de 8 ans) sont en route vers la Floride, aux States. On la fait nomade cette fois-ci : nous voyageons à bord d’un motorisé Mercedes-Karmann, d’origine allemande, qui vient de chez RVWestfalia.com, de Laval. Au menu : lit double en haut, toilette et douche, petit frigo, table qui devient le second lit presque double, garde-robe, cuisinière, rangements. On a tout! » Lire la suite de ‘Direction la Floride comme des nomades…’




Faire dodo avec des legos

Le parc d’attractions Legoland situé à Carlsbad, à une cinquantaine de km au nord de San Diego, en Californie, construit actuellement un hôtel sous le même thème, les legos. On y servira des chocolats en forme de legos, les porte-clés des chambres seront également en forme de legos et les chambres afficheront des décors inspirés des sections thématiques du parc d’attractions. Son ouverture est prévue pour 2013.

Cet hôtel sera le troisième de la chaîne Legoland. Un autre (le premier de la chaîne) se trouve au Danemark (ouverture en 1991, le Groupe Lego est d’origine danoise) puis un autre est également en cours de construction (ouverture en 2012) dans le parc d’attractions Legoland Windsor, en périphérie de Londres.

Pour l’anecdote, les legos ont vu le jour ainsi : en 1916, Ole Kirk Christiansen ouvrit une charpenterie au Danemark. Il gagnait sa vie en construisant des maisons et des meubles pour les fermiers de la région. Mais voilà qu’en 1924, son atelier brûla. Voulant tout reconstruire mais à une époque où la Grande Dépression frappait dur, notre homme se retroussa les manches et chercha une façon de réduire ses coûts de production. Il commença alors à produire des versions miniatures de ses produits pour l’aider dans la phase de conception. Ce furent ces modèles réduits qui allaient l’inspirer pour commencer à fabriquer des jouets… Lisez la suite ici.




Harry Potter : la Floride pour étirer le plaisir?

Bon, le dernier Harry Potter vient de nous être livré. Stop les mouchoirs!La Floridevous attend pour étirer le plaisir. Quoique…

Voilà récemment que le Universal Orlando Resort, en Floride, ouvrait son Wizarding World of Harry Potter, un parc d’attractions thématique dédié à l’univers d’Harry Potter, ses aventures, ses potions magiques et ses personnages. Pour les enfants ou non? Une grande question. Les avis sont partagés. Je vous invite à consulter ce forum sur le sujet qui loge sur le site de Routard. Les échanges vous donneront des pistes.

Un aperçu :

-   « La partie pour les « enfants » est assez réduite et le monde Harry Potter ne représente qu’1/5 du parc. »

-  « … c’est trop petit et trop court! En une matinée on fait le tour du parc. J’ai peut-être été déçu par la taille du parc, mais je n’ai pas été déçu par le décor, les attractions et les animations. »

Vous pouvez également obtenir des informations sur cette nouvelle attraction et le parc Universal à Orlando sur le blogue Disney World et la Floride

 

Ulysse vous suggère le guide suivant :

Disney World et Orlando
19,95$

Découvrez tous nos guides sur la Floride.




États-Unis : dehors les enfants turbulents!

Dans un précédent billet, intitulé Doit-on interdire les enfants dans les avions ?, j’abordais la triste réalité de compagnies aériennes américaines qui éjectent de leurs avions les familles accompagnées d’enfants jugés trop turbulents.

Je savais que les États-Unis étaient le seul pays au monde à instituer des politiques et des procédures dans ce sens (j’espère que personne ne me dira que ça existe ailleurs aussi !) quand un enfant est perçu trop dérangeant pour la société qui l’entoure, mais c’est toujours un choc de faire la connaissance d’établissements qui clament haut et fort la nécessité d’agir ainsi.

Voici un autre exemple, un restaurant cette fois-ci, qui n’a rien de moins qu’affiché cet avertissement sur sa vitrine : « Screaming Children Will NOT Be Tolerated! » (Les enfants qui crient ne seront pas tolérés) :



Les États-Unis peuvent faire des merveilles pour divertir les enfants et servir les familles. Mais les États-Unis sont aussi une terre de paradoxes. Où s’en va-t-on, à l’ère de la société jetable, si on en est à foutre dehors nos enfants sous prétexte qu’ils nous dérangent ?


Découvrez tous nos guides et cartes sur les États-Unis!
 




Vermont à l’heure du ski (2e partie)

 Maman, on n’est pas au Vermont, on est à Narnia ! » Ma fille a vu juste. Dans les hauteurs de Morse, Madonna et Sterling, on était au pays de Narnia, dans le premier film de la série, précisément dans le monde enneigé merveilleux où le trio d’enfants rois débouche une fois après avoir passé à travers la fameuse armoire magique… Les arbres étaient enrobés de neige, les sapins avaient les épines cristallisées, les poteaux des télésièges étaient des sculptures de glace…

Morse (2 250 pieds), Madonna (3 640 pieds) et Sterling (3 040 pieds) sont les noms respectifs des trois montagnes qui constituent le domaine skiable de Smugglers’ Notch, dans le Vermont, dans le nord-est des États-Unis. Comme dit mon amoureux, si vous n’aimez pas les enfants, Smugglers’ Notch n’est pas pour vous ! Ce domaine skiable est 100 % attirant pour les familles. Dans mon billet de la semaine dernière (plus bas), je vous parlais du condo où nous logions, le Tamaracks 51 (600 condos sur place, allant du studio à la version 5 chambres à coucher, tous incluant une cuisine tout équipée). Cette semaine, je vous offre un tour de piste des activités de l’endroit.

D’abord le ski, bien sûr, l’activité numéro un du domaine. Près de 80 pistes : 20 % sont de calibre débutant, 50 % intermédiaire, 25 % de calibre intermédiaire avancé et 6 % de calibre expert. Pour avoir parcouru quelques domaines skiables au Québec, j’ai noté que les pistes bleues (intermédiaires) sont très similaires – en termes de niveau de difficulté – à celles catégorisées de débutantes au Québec. Pas de bosses et plus de courbes que les débutantes. Il ne faut donc pas se laisser impressionner par les pistes bleues, et on augmente ainsi considérablement le choix de pistes pour les enfants. Si les descentes sont l’occasion d’admirer le paysage à haute altitude (par temps clair, on peut d’ici apercevoir le mont Washington du New Hampshire, là-bas la vallée des contrebandiers, d’où le nom Smugglers’ Notch), les montées en télésièges doubles sont un peu lentes. À –5 degrés, ça va; à –20 + vent, cela risque d’être très malcommode…

L’airboarding a également été un succès. Cette activité consiste à glisser sur une pente de ski (calibre débutant) le ventre allongé sur un coussin gonflable ayant la forme du menhir d’Obélix et doté de stries en dessous. On emprunte le télésiège pour monter, puis on redescend sur l’engin. La technique n’est pas simple, mais si on a le sens de l’humour, c’est du délire ! L’airboarding de Smugglers’ Notch est très soft et permet des moments succulents avec les enfants. Cette activité n’est toutefois offerte que du lundi au vendredi de 14 h à 16 h, soit hors des horaires des cours de ski. Coût : 25 $/pers. incluant une courte formation de l’instructeur (pour la première visite), 20 $/pers. les visites subséquentes.

Les randonnées en motoneige de groupe sont également du lot des activités offertes. Nous avons opté pour une randonnée nocturne d’une heure (quatre départs en soirée). Verdict : une faim véritablement inassouvie. Une heure de pout-pout à 10 km/h, pare-chocs à pare-chocs. Prix : 85 $/heure par motoneige. Les initiés à la motoneige s’abstenir, ou choisir une randonnée sur mesure (plus $).

La dernière activité sur notre liste était le Zipline Canopy Tour (situé à deux pas du resort), soit un parcours de tyroliennes d’arbre en arbre. Malheureusement, ce fut une franche déception. D’abord en raison de l’équipement utilisé, un système de clips qui nous oblige à mettre nos deux mains sur la poulie qui est accrochée au câble (monocâble). Résultat : on a obligatoirement les deux bras en l’air en tout temps, nous obstruant la vue et nous empêchant totalement la liberté de mouvement (j’ai déjà « zipliné » la tête en bas et les jambes en l’air quand je n’ai pas littéralement fait la ballerine pour suivre des yeux le versant du paysage qui me plaisait). Pour voir ce qui se passe, notre tête doit contourner nos bras, et pas pour longtemps, car en fin de parcours, on doit obligatoirement regarder le guide, qui est sur la plateforme, nous faire des signes. Bye bye le paysage donc et on doit freiner soi-même, au signal du guide.

La déception vient aussi de la combinaison prix/environnement. Tout le parcours est aménagé en forêt fermée et n’offre pas de coups d’œil spectaculaires au-dessus d’une gorge ou encore d’un canyon. L’élément altitude est très peu exploité, ce qui minimise énormément les sensations fortes. Pour 99,95$/personne (aucune réduction pour les enfants [10 ans et plus]), ma fille et moi avons échoué l’examen palpitations et avons eu le sentiment d’une balade du dimanche. Quant au groupe qui nous accompagnait (2 autres Québécois, 2 types de Philadelphie et un couple de je-ne-sais-où), chaque membre a été si silencieux qu’à la quatrième tyrolienne, l’une des deux charmantes guides a demandé : « Vous pouvez crier comme si vous aviez “ a lot of fun” ! »… Si vous voulez un aperçu de mes critères pour dire d’un zipline qu’il est totalement hallucinant, voyez ce que j’ai vécu à Terre-Neuve.

En dehors des cours de ski et planche à neige pour enfants, Smugglers’ Notch propose également différentes activités connexes pour les familles : une patinoire extérieure, une FunZone (une grosse boule blanche qui renferme différents jeux : ping-pong, glissades et labyrinthes gonflables, golf miniature, etc.), des piscines intérieures, glissades sur tube (en soirée seulement), balades en traîneau tiré par des chiens ($). Également sur place : la garderie Treasures pour les enfants de 6 semaines à 3 ans (85 $/journée ou 15 $/heure). Un must : le chocolat chaud du Deli, un des restaurants du Village au pied des pentes.

Enfin, le papa de notre trio, moins porté sur les trucs qui glissent trop vite et trop à pic, s’est adonné au lèche-village dans le secteur. Il a déniché des petites adresses resto et musée, entre autres. Accédez ici à son blogue pour compléter le tour de piste de Smugglers’ Notch.




Walt Disney World en fauteuil roulant

Les enfants à mobilité réduite pour qui visiter le Walt Disney World Resort d’Orlando est un rêve sont bénis. WDW est aux États-Unis, pays non seulement le plus et le mieux adapté au monde dans ce registre, mais aussi une nation où la population est sans doute la plus sensibilisée à la cause des handicapés.

Le Walt Disney World Resort constitue un site touristique paradisiaque dans son genre pour les personnes à mobilité réduite pour une autre raison : toutes les installations du resort (les hôtels comme les restaurants et les parcs thématiques) sont conçues et aménagées pour recevoir des dizaines de milliers d’enfants et de poussettes par jour. Alors, les allées sont larges, les planchers et les sols sont plats, les poignées de porte sont facilement maniables, etc.

De l’hôtel au parc thématique

Tous les hôtels Disney disposent de chambres adaptées pour accueillir des personnes en fauteuil roulant et/ou à motricité réduite. Les réservations à l’avance sont bien entendu recommandées. Toujours au registre de l’hébergement, les chalets du Fort Wilderness Resort & Campground constituent une formule fort recommandable pour les familles (jusqu’à six personnes) qui comptent une personne handicapée et qui souhaitent une plus grande autonomie. Plus de 15 % de ces chalets sont adaptés, à l’intérieur comme à l’extérieur, pour recevoir une personne en fauteuil roulant.

Du côté des parcs thématiques, l’accessibilité n’est pas seulement instituée pour aller d’un point A à un point B, mais aussi pour prendre part aux divertissements. Entre autres, certaines attractions sont équipées de sièges mobiles permettant le transfert des personnes en chaise roulante et certains manèges proposent des voitures spécialement adaptées pour un fauteuil roulant (pour l’accès mais aussi pour la manipulation des commandes). Ou encore certaines attractions disposent d’une zone distincte permettant le transfert latéral des personnes handicapées, de leur fauteuil à un siège adapté dans un véhicule.

Guides et locations

Parmi les autres possibilités, des fauteuils roulants manuels et électriques sont disponibles en location (dont un modèle adapté pour la circulation sur le sable, pour le parc aquatique), des guides en braille et cassettes audio sont disponibles pour les malvoyants, les chiens guides sont admis presque partout sur le site et même dans certaines attractions. Pour les malentendants, des appareils d’assistance audio sont disponibles dans la plupart des théâtres. Enfin, tous les systèmes de transport du site – du Monorail aux bateaux navettes – sont adaptés pour accueillir les visiteurs à mobilité réduite.

Pour de plus amples renseignements, branchez-vous ici.

La semaine prochaine, je vous raconte comment le père Noël s’y prend pour faire le tour de la planète en une seule nuit…




Les enfants ne viennent pas des pommiers !

La semaine dernière je lisais un article dans un journal d’Halifax (désolée je n’ai plus le nom, je l’ai foutu en l’air, vous allez comprendre pourquoi). À la une, une journaliste se scandalisait du fait que de nos jours, nos enfants ne savent pas comment lacer leurs lacets et n’ont jamais pris l’autobus seuls avant d’être au CEGEP. Puis voilà que la journaliste met sa propre fille en exemple, une ado, et se voit sans dessous dessus d’observer que sa fille ne sait pas du tout cuisiner et qu’à l’épicerie, quand vient le temps de choisir une boîte de conserve, celle-ci rejette celles dont le couvercle ne s’ouvre pas d’un coup sec comme une cannette de Pepsi.

Je ne prétendrai pas que ma fille cuisine des profiteroles en un tour de main mais soyez certains que si ma fille ne sait pas comment se faire griller une tranche de pain, je sais exactement qui je dois blâmer. Et ce n’est surtout pas elle…

Ceci dit, en repensant à cette anecdote, ce matin, je me suis souvenue d’une autre.

Avril 2010. Mon amoureux, ma fille et moi nous nous envolons pour la Virginie (voici mes deux billets découlant de ce voyage).

Un autre papa journaliste était du voyage et accompagné de son fils de 8 ans. Le premier soir, au restaurant, nous faisons tous connaissance. Je demande au papa d’où il vient, ce qu’il fait, et tout et tout. Fier comme un paon, le voilà qui me défile un curriculum vitae du tonnerre : j’ai voyagé là-bas, je suis allé ici, j’ai parcouru ceci et j’ai pas mal défriché par là. Woouuaaaooouuuhhhh ! Ca fait 15 ans que je suis journaliste en voyage et ce type, à l’écouter parler, semble battre mon record en à peine quoi, trois, quatre, cinq ans ? Je suis impressionnée…

Puis je m’adresse à son fils, un petit bonhomme de toute évidence très timide qui baisse la tête chaque fois qu’on le regarde.

- « Et toi petit homme, dis-moi, est-ce que c’est la première fois que tu viens en Virginie ? »

- « Oui. »

- « Comment tu trouves ça jusqu’à maintenant ? »

- « Ché pas. »

- « Est-ce que tu voyages souvent avec ton papa ? »

- « Non. »

- « De temps en temps alors ? »

- « Non. »

- « Eh… bon, raconte-moi où tu es allé la dernière fois avec ton papa. »

- « … »

Un peu perplexe, je regarde le papa, puis le fils, puis le papa. Je ne veux pas m’acharner sur fiston alors j’arrête mes questions. Toujours fier comme un paon, le papa réagi du genre je- vais-prendre-en-main-la-situation.

- « Il n’a jamais voyagé. C’est son premier voyage. C’est la première fois qu’il sort de sa ville. »

Je tombe à la renverse ! Alors là bravo ! Le grand se pète les bretelles d’avoir beaucoup voyagé et il n’a jamais été foutu avant d’en faire profiter son fils.

Résultat des courses, durant les quatre jours du séjour, le grand a engueulé le p’tit de se dégourdir un peu plus (fiston ne savait pas comment faire des tas de trucs MAIS C’EST PARCE QU’IL N’A JAMAIS SORTI DE SA VILLE !!) et le grand a forcé le p’tit a sortir de sa bulle et cesser sa timidité. On a assisté à un choc familial : deux êtres liés par le sang qui ne se connaissent pas et qui ont vécu très peu d’aventures ensemble et le grand qui voudrait que le p’tit soit tout de suite comme le grand alors que le p’tit n’a jamais fait partie du monde de son grand. Vous suivez ?

Bravo ! Vous avez tout mon respect monsieur…