Archive mensuelle de juin 2009

Premières impressions de New York

On m’en parlait depuis longtemps. Je viens d’y passer une petite semaine et je songe déjà à ma prochaine visite… Je veux partager mes premières impressions avec vous (et j’attends les vôtres)!

brooklynbridgeÀ New York, il y a une place pour tout et de multiples communautés, mais c’est aussi l’endroit par excellence pour y cultiver son individualité… C’est le lieu de toutes les extravagances, et rien n’y est plus courant que l’inattendu.

Notamment à Manhattan… Dans le Lower East Side, de petites silhouettes semblent voler derrière d’immenses fenêtres : le toit d’une manufacture reconvertie en école a été supprimé pour aménager, au dernier étage, un parcours de skate à ciel ouvert. À Central Park, une mariée promène ses invités en barque, non loin des modestes Strawberry Fields que Yoko Ono a dédiés à la mémoire de John Lennon. Sur une terrasse de West Village, charmant quartier en bordure de l’Hudson, aux rues tranquilles et ombragées, un jeune homme explique à ses amis pourquoi il a adopté 13 singes plutôt qu’un poisson rouge…

Mais ce qui donne son unité à New York, à travers des lieux aussi différents que Soho et Harlem, Brooklyn et le Bronx, c’est sans doute le sentiment d’appartenance qui est général, et qui lie d’abord les New-Yorkais à leur propre quartier. C’est pourquoi il ne suffit pas de remonter Broadway ou la 5e Avenue, ni de visiter le Met (prévoyez une demi-journée…) et le MoMA, pour sentir battre le cœur de la ville. Il faut flâner dans les parcs et les rues transversales, s’offrir un brunch à Greenwich Village, déambuler sur la passerelle piétonne du pont de Brooklyn.

L’idéal est donc de faire confiance à son guide. J’en témoigne et j’ai testé pour vous! Le guide Ulysse New York est celui qui m’a fourni toutes mes idées d’itinéraires, mais aussi des tuyaux salvateurs : sur les soirées gratuites des musées, les complexités du métro, les secrets de Central Park où l’on se perd facilement. En fait, c’est un peu comme se promener dans la ville avec un ami érudit et plaisant, qui connaît la petite histoire des quartiers où il vous emmène, à votre rythme. Très agréable et enrichissant…

Pour compléter, j’ai bien aimé aussi le Cartoville New York, dont les plans légèrement cartonnés se déplient pour révéler les détails de chaque quartier, et le Week-end pas cher à New York, qui donne entre autres une foule de bonnes adresses dans tous les genres, du resto végétarien au bar à sushi, des boutiques de vêtements dégriffés au marché aux puces local. Une autre façon de découvrir la ville de l’intérieur…

On repart à regret, en fredonnant la chanson de Garfunkel : New York, like a scene from all those movies… But you’re real enough to me…




Invitations au voyage

Beaucoup de grands voyageurs ont commencé leurs aventures en écoutant les histoires d’un grand-oncle explorateur… ou en lisant des récits de voyage qui leur ouvraient le vaste monde. Ils sillonnaient la mer Rouge avec Henry de Monfreid, cherchaient le docteur Livingstone dans la jungle africaine, devenaient trappeurs à la suite de Jack London. Combien de lecteurs ont ainsi parcouru les Cévennes avec Stevenson et son âne, itinéraire insolite dont ils ont pu savourer en toute sérénité les imprévus, les nuits à la belle étoile et les enseignements pleins d’humour?

Un bon récit de voyage nous ouvre le monde, mais il touche aussi à l’universel. Bruce Chatwin, qui fantasmait sur la Patagonie à cause d’un os de brontosaure et d’une carte, en a ramené un récit qui est resté un morceau d’anthologie : En Patagonie. Ouvrez-le et vous êtes, dans tous les sens du terme, au bout du monde. Chatwin réussit, à travers le portrait décalé des exilés qu’il rencontre, à rendre palpable cette beauté désolée de la Terre de Feu qui est un appel, une question : pourquoi sommes-nous ici?

La troisième qualité d’un récit de voyage, c’est de susciter des vocations… et des rencontres. Je pense en particulier, chez Transboréal, à la collection « Sillages », qui privilégie le dialogue implicite entre l’auteur et le lecteur, puisque nous sommes tous des voyageurs : demain, c’est peut-être vous qui arpenterez ces chemins solitaires. Ainsi Marc Alaux a vécu la Mongolie avec une ferveur et une sincérité qui lui révèlent l’importance de chaque rencontre… Les échanges sont aussi au cœur du voyage de Géraldine Dunbar, Seule sur le Transsibérien, récit vivant, émouvant, qui donne envie de faire ses valises tout de suite.

Parfois c’est l’appel de la nature qui devient impérieux et permet de retrouver la vie au plus près, au plus vrai. Émeric Fisset et Julie Boch ont traversé à pied la lointaine péninsule russe du Kamchatka, pays des volcans et des ours : soumis aux averses et aux moustiques, affamés parfois, mais libres et heureux, ils nous rappellent que l’homme ne fait qu’un avec la terre qui le porte, et qu’elle s’émerveille à travers lui.

Ici comme ailleurs…