Archive mensuelle de février 2010

Si loin, si proche : l’Argentine

Peut-être parce qu’elle s’étire jusqu’au bout du monde habité, tout là-bas dans l’hémisphère Sud, l’Argentine attire de nombreux voyageurs, notamment pour la majesté de ses paysages et la vibrante atmosphère de Buenos Aires.

Pour profiter du voyage dans ces terres lointaines, on combine en général une visite des plus beaux sites naturels (dont le célèbre glacier Perito Moreno, en Patagonie, ou les impressionnantes chutes d’Iguazú, à la frontière du Brésil) avec un séjour à Buenos Aires, voire une pause dans la belle ville coloniale de Salta, en se disant qu’on aura vu « l’essentiel de l’Argentine ».

Mais quand on s’est trouvé devant les hauteurs vertes et bleues du glacier, en respirant son haleine fraîche, quand on a baigné dans la lumière cristalline d’Ushuaia, et qu’on a goûté à la grisante solitude de la Patagonie, le voyage devient presque initiatique. On voudrait rester plus longtemps, ou revenir, pour basculer vraiment dans cette autre dimension.

De son côté, Buenos Aires fait partie de ces villes où l’on s’installerait volontiers pour six mois ! On la compare à Paris pour l’élégance de ses femmes (et de ses hommes), « muy chic » selon l’expression locale, mais aussi pour son statut de capitale culturelle sans égale en Amérique latine : danse et théâtre, philosophie et littérature y ont acquis un mordant subtil et savoureux, comme en témoignent les écrits de Jorge Luis Borges ou les aventures de Mafalda. Un cours d’espagnol, un autre de guitare ou de tango, et vous voici déjà dans un réseau amical, chaleureux, stimulant. Merveilleux point de départ pour d’autres voyages !




Voyage en stop : aventure ou galère?

Un copain étudiant, qui utilise régulièrement l’auto-stop pour se déplacer en Europe, a passé sa première nuit en Allemagne dans une station-service, en attendant qu’un routier veuille bien le prendre à son bord en direction de Berlin! Il se sentait un peu déphasé lorsqu’il a fini par arriver à destination pour le 20e anniversaire de la chute du Mur… Mais au retour, après diverses tribulations en Suisse, il a été reconduit jusqu’à Paris par un couple en voiture décapotable. « J’ai posé mon sac à dos dans le coffre impeccable, à côté du manteau de fourrure de la dame, et je n’ai pas pu m’empêcher de sourire en pensant à la cabine du camion que je venais de quitter. » Voici d’ailleurs un site qu’il recommande : lepouceux.com.

C’est évidemment moins facile pour les voyageuses de faire du stop en solo – je l’ai pratiqué sans aucun souci en Irlande, mais il n’y a pas beaucoup d’endroits où je le conseillerais, à part le Québec, en respectant évidemment la règle d’or : ne montez jamais à bord si vous avez un doute sur le conducteur, même s’il pleut des cordes, et surtout s’il fait nuit. D’autre part, les stoppeurs qui affichent leur identité de randonneur augmentent leurs chances d’être véhiculés par de vrais amateurs de plein air… Certains vous déposent même au point de départ de votre sentier!

Ainsi, un été en Provence avec un ami, nous avons attendu deux heures sous un franc soleil à la sortie d’Avignon, avant d’être recueillis par un voyageur de commerce volubile et sympathique : en apprenant que nous venions du Québec, il a tenu à faire un détour pour visiter à pied, en notre compagnie, le village de Roussillon, célèbre pour ses falaises couleur de rouille dont on tire de somptueux pigments. « Comment? Vous seriez repartis sans voir les ocres de Roussillon? »

Alors, le stop, aventure ou galère? Donnez votre avis par un commentaire…