Un copain étudiant, qui utilise régulièrement l’auto-stop pour se déplacer en Europe, a passé sa première nuit en Allemagne dans une station-service, en attendant qu’un routier veuille bien le prendre à son bord en direction de Berlin! Il se sentait un peu déphasé lorsqu’il a fini par arriver à destination pour le 20e anniversaire de la chute du Mur… Mais au retour, après diverses tribulations en Suisse, il a été reconduit jusqu’à Paris par un couple en voiture décapotable. « J’ai posé mon sac à dos dans le coffre impeccable, à côté du manteau de fourrure de la dame, et je n’ai pas pu m’empêcher de sourire en pensant à la cabine du camion que je venais de quitter. » Voici d’ailleurs un site qu’il recommande : lepouceux.com.
C’est évidemment moins facile pour les voyageuses de faire du stop en solo – je l’ai pratiqué sans aucun souci en Irlande, mais il n’y a pas beaucoup d’endroits où je le conseillerais, à part le Québec, en respectant évidemment la règle d’or : ne montez jamais à bord si vous avez un doute sur le conducteur, même s’il pleut des cordes, et surtout s’il fait nuit. D’autre part, les stoppeurs qui affichent leur identité de randonneur augmentent leurs chances d’être véhiculés par de vrais amateurs de plein air… Certains vous déposent même au point de départ de votre sentier!
Ainsi, un été en Provence avec un ami, nous avons attendu deux heures sous un franc soleil à la sortie d’Avignon, avant d’être recueillis par un voyageur de commerce volubile et sympathique : en apprenant que nous venions du Québec, il a tenu à faire un détour pour visiter à pied, en notre compagnie, le village de Roussillon, célèbre pour ses falaises couleur de rouille dont on tire de somptueux pigments. « Comment? Vous seriez repartis sans voir les ocres de Roussillon? »
Alors, le stop, aventure ou galère? Donnez votre avis par un commentaire…

Emmanuelle Bouet est arrivée au Québec il y a quelques années. Elle s’y est tout de suite épanouie. Quand elle ne conseille pas des guides aux voyageurs, elle est le plus souvent en balade, un carnet sous le bras, à Montréal ou ailleurs.
Bonjour,
Pour avoir fait un peu de stop, je crois qu’on peut dire que le stop (ou le pouce) fonctionne encore relativement bien (j’ai rarement attendu plus d’une heure), mais parfois, on a pas de chance… et là on peut attendre un peu plus longtemps que prévu… et c’est souvent long. ;o). On apprend beaucoup en stop, notamment à relativiser (le temps par exemple), à voir sa chance, et les contacts humains.
Je pense aussi que c’est beaucoup moins dangereux que ce que l’on dit. Et si c’était effectivement le cas, la cause en serait que les gens normaux ne nous emmènent pas; alors forcément c’est mauvais pour les statistiques.
On voit beaucoup de gens et beaucoup de choses en stop.. des choses que je trouve obscènes, c’est à dire des centaines de voitures (ou de chars) occupés par une seule personne, des gens comme il faut qui ne vous jettent pas un regard, ne nous font pas un geste et même sont fiers de nous ignorer, des gens qui trouvent que quand même le stop c’est dangereux et qui passent devant nous cellulaire dans la main droite et cigarette dans la gauche… j’ai appris à contrer les a priori et à aller vers tout le monde, on est souvent étonné.
Nous amener à la prochaine station essence c’est un bond énorme pour nous (le passage délicat en pouce c’est de sortir de la ville pour aller à la première station de gaz sur notre chemin). De même 3 minutes en voiture, c’est 15 minutes de gagné pour un pouceux sans compter son moral (juste dire un mot à quelqu’un ça remonte le moral).
En résumé, emmenez nous!!