Avant d’être un pays en reconstruction, Haïti est une terre fascinante et insaisissable, puissante source d’inspiration pour ses peintres et ses musiciens, ses écrivains et ses poètes. Et si la littérature francophone reste vivante, bruissante, allumée d’étincelles, c’est notamment grâce à son métissage avec l’esprit des langues créoles, en Haïti comme à la Réunion ou aux Antilles (je pense par exemple à des auteurs comme Émile Ollivier, Raphaël Confiant et Gisèle Pineau).
C’est ce que nous révèle la généreuse sélection d’auteurs haïtiens disponible en ce moment au Marché du Livre (incluant des essais et des livres pour enfants). Parmi les romans proposés, j’ai découvert à cette occasion un livre magnifique : Gouverneurs de la rosée, de Jacques Roumain. Écrit dans une prose poétique qui émerveille et touche juste à chaque page, son récit pourrait être la voix d’Haïti elle-même, mais sa portée est universelle.
La rosée, source de vie, ne peut pas être gouvernée : il faut la comprendre et la respecter, comme une femme, comme l’âme d’un peuple ou la terre qui nous nourrit. Or, dans ce domaine, nous avons encore bien des choses à apprendre… et à partager.
(Pour chaque titre acheté dans le cadre de cette sélection, 7$ seront versés au CECI au profit de la reconstruction d’Haïti.)

Emmanuelle Bouet est arrivée au Québec il y a quelques années. Elle s’y est tout de suite épanouie. Quand elle ne conseille pas des guides aux voyageurs, elle est le plus souvent en balade, un carnet sous le bras, à Montréal ou ailleurs.
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