L’Italie: moitié beurre, moitié tomate

Julia Roberts assise au bout d’une table tout sourire, qui mange des pâtes.

C’est probablement la seule image qui me reste du décevant film Eat, Pray, Love que j’avais pourtant dévoré sous sa forme romancière. Une véritable histoire de filles, de voyages et d’amour : Elizabeth Gilbert est probablement la meilleure représentante d’une copine en cavale!

Les pâtes et l’Italie, peut-on trouver plus cliché? Mais quand on se rend dans le pays de la dolce vita, les spaghetti-tortellini-macaroni sont omniprésents dans nos journées (et au retour aussi puisque 4 kilos se sont ajoutés sur la balance…) Lors de mon voyage en Italie l’automne dernier, je désirais suivre des cours de cuisine. Tant qu’à être au pays della pasta, je me suis retrouvée les deux mains dans la farine!

© Katerine-Lune Rollet

© Katerine-Lune Rollet

Bologne est reconnue pour être la capitale de la gastronomie italienne. Ce seul argument m’a convaincue de m’y arrêter pendant quelques jours. Étant à la recherche de la parfaite école de cuisine, un arrêt à La Vecchia Scuola s’est imposé. Elle se targue d’être la seule école au monde à former des sfoglini (cuisiniers spécialistes de la pâte).

Alessandra Spisni, la propriétaire, m’accueille. Elle a tout d’une vraie mamma italienne: chaleureuse, ronde, qui veut toujours vous nourrir davantage. (Vous avez déjà eu une belle-mère italienne? Elle, tout crachée!). Évidemment, comme toute famiglia qui se respecte, sa fille, son frère et son gendre travaillent également au sein de l’entreprise. Cette cuisinière chevronnée publie chaque mois un magazine de recettes sur les spécialités bolognaises et présente aussi une chronique hebdomadaire dans une populaire émission de la Rai Uno.

Comme je suis seule (on n’a pas toujours une copine sous la main!), je me joins à un groupe déjà existant. Entre foodies, les copines se trouvent rapidement, et me voilà à jaser pasta avec trois Italiennes dans la cinquantaine.

Moi (étonnée): Euh, vous êtes italiennes, ce n’est pas dans vos gènes de savoir faire des pâtes?

Une d’entre elles: Mais non, nos mères ne nous ont jamais appris, et il faut beaucoup de temps pour faire les pâtes. Maintenant que je suis à la retraite, j’en profite.

Deux cours de cuisine se déroulent simultanément dans la grande cuisine. Je joins donc l’autre groupe et y discute avec des touristes japonaises qui ont décidé de suivre des cours pendant cinq jours. Peut-on vraiment apprendre à faire des lasagnes-tortellini-canelloni pendant toute une semaine? Semble bien que oui, et à voir à quel point elles manient la pâte mieux que moi, visiblement, la pratique, ça aide!

L’école de cuisine propose différents forfaits. Une journée pour l’initiation, trois jours pour apprendre le B-A.BA, une semaine et même trois mois si l’on veut devenir un maître ès pasta.

Celui qui roule sa pâte le plus rapidement est un New-Yorkais qui possède un restaurant italien et prend une session de 90 jours pour parfaire sa technique. (Bien oui, j’ai malheureusement oublié de noter l’adresse…)

© Katerine-Lune Rollet

© Katerine-Lune Rollet

Je ne vous donnerai pas tous les secrets de fabrication, mais disons que j’ai eu les poignets endoloris par mon acharnement sur le rouleau à pâte. Madame Spisni a l’œil… et savait, sans même y toucher, quand ma boule était trop épaisse! Et je continuais à rouler…

Après tant de travail, le plaisir est toujours de déguster le fruit de notre labeur. Avec les nouvelles copines, nous avons mangé nos tortiglioni en jasant mortadelle, brodo et gelato. La sauce qui nappait notre accomplissement était divine. J’ai rarement goûté une texture aussi moelleuse. Puisque je me suis concentrée sur les tortiglioni pendant quatre heures et que je n’ai pas assisté à la préparation de la sauce, j’ai demandé à la chef cuisinière la recette. «Moitié beurre, moitié tomate», m’a-t-elle répondu. Je me suis étouffée. Ne me demandez pas pourquoi la cuisine italienne est si bonne!

Vidéo : Mon premier tortiglione


Stefania, la fille d’Alessandra, me montre comment fermer le tortiglione. Très concentrée la Katerine…

Cet article est publié à la suite d’une invitation de l’Office touristique de Bologne.

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4 réponses à L’Italie: moitié beurre, moitié tomate

  1. Je suis nulle en cuisine, mais j’aurais ADORÉ manger les restes! :-) ))

  2. Olivier Bruel dit :

    La vidéo donne une bonne idée du sérieux de l’opération! La question du travailleur manuel : s’agit-il d’un acquis transférable en poterie?

  3. Lynne Faubert dit :

    Kat, je t’envie TELLEMENT. La « recette de sauce », quant à elle, me rappelle la célèbre version de Marcella Hazan, tu la trouveras ici (http://steamykitchen.com/8375-marcella-hazan-tomato-sauce-with-onion-butter.html), m’étonnerais pas que ce soit la même. Allo les kilos !

  4. Viky Marois dit :

    Je suis moi-même déjà aller en Italie qui était d’ailleurs la cinquième destination touristique recevant le plus de touristes en 2010! Peut-être j’ai moi-même décidé d’y voyager à cause de la nourriture … Reste que c’est une ville magnifique, n’est-ce pas? Nous étions allées, 4 bonnes amies partant vers l’aventure, prête à découvrir les trésors cachés du monde européen. Que de belles surprises, culinaires entre autres! Les pâtes, mais aussi la pizza italienne avec sa croûte si mince comparée à celle des pizzas canadiennes. Comment faire pour ne pas succomber à un tel délice? Lorsque j’avais voyagé là-bas, je n’avais pas suivi de cours de cuisine, mais j’aurais adoré! J’ai plutôt laissé les professionnels faire et j’ai ensuite testé leurs produits. J’ai par contre vue une grand-maman (celle d’une des 3 autres filles voyageant avec nous qui a de la famille en Italie) à l’œuvre et je dois avouer que c’est très impressionnant. Je ne doute pas que vous avez eu mal au poignet en roulant la pâte. Bref, ce voyage restera à jamais pour moi un souvenir inoubliable et assurément à recommencer!

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