WPP 11: Le monde sous objectifs

Photo: Félix Vaillancourt, photographe et amoureux de mon amie Véro

Mardi soir dernier, plutôt que de rentrer directement chez moi après le boulot, j’ai décidé de faire un petit détour pour aller me trotter du Pakistan au Mexique en passant par l’Irlande et la Chine. Entre autres. J’étais avec ma copine Véro et son amoureux Félix. Ce fut un périple aux mille et une couleurs. Aux mille et une saveurs. Aux mille et une sensations.

Parce que si une image vaut mille mots, les photos des expositions World Press Photo elles, valent un million d’émotions. En cette 54e année, la donne n’a pas changé. Encore une fois, mon petit coeur a pu, pendant l’heure et demie qu’a duré la visite de l’expo, pousser des cris de peur et d’horreur, mais aussi des «Oh!» et des «Ah!» souriants devant quelques clichés franchement mignons.

Au tout début de la visite, nous nous sommes retrouvé tous les trois devant la photo lauréate du titre de «Photo de l’année»:

Jodi Bieber, South Africa, Institute for Artist Management/Goodman Gallery for Time magazine

Immortalisée par la photographe Judi Bieber, cette jeune afghane a été défigurée par la famille de son mari pour avoir tenté de fuir la maison conjugale. J’avais vu la photo passer aux nouvelles. Mais j’avoue que me retrouver là, captive de son regard, m’a un peu déstabilisée. J’ai tout de suite trouvé que le look «officiel» de la pose, qui donne des allures de photo corpo au cliché, rendait encore plus horrible et absurde l’histoire du sujet. Sans compter que malgré son regard perçant – qui tente d’accrocher le nôtre – mes yeux n’arrivaient pas à regarder ailleurs que sur l’espace où elle avait jadis un nez…

Ouf. À elle seule, cette première photo m’a reconfirmé que la mission de World Press Photo – une organisation indépendante à but non lucratif – était bel et bien de «stimuler et de faire valoir dans le monde entier le travail des reporters-photographes professionnels, en refusant toute forme de censure.»

Après ce premier arrêt de groupe, nous sommes naturellement partis chacun de notre côté, attirés par des visages, des scènes, des couleurs différentes. Parfois, deux d’entre nous nous retrouvions devant un même panneau, à échanger quelques mots. Comme devant la série de photos de Michael Wolf, par exemple, ce photographe qui prend des photos de photos «particulières» trouvées sur Google Street View. Fille qui fait pipi derrière une voiture, camion en flammes, homme qui se ballade mitraillette à la main… c’est fou ce que peut capter la petite voiturette Google Street View lors de ses passages! 

Photo: Félix Vaillancourt, photographe et amoureux de mon amie Véro

Mais sitôt ce court échange terminé, je réintégrais ma bulle et me dirigeais vers ma prochaine série de photos. J’avais l’impression de vivre des premiers rencarts à répétition. À chaque nouvelle thématique, je ne savais trop à quoi m’attendre. Serai-je traumatisée, profondément touchée, choquée, attristée? Enchantée? Parce qu’il faut le dire: dans cet océan photographique de misère, de douleur et de violence se trouvent aussi (heureusement!) quelques ilots rafraichissants. Comme cette magnifique photo prise par l’Italien Stefano Unterthiner pour le National Geographic.

2nd Prix Nature Stories Stefano Unterthiner, Italy, for National Geographic magazine Whooper Swans at dawn, Hokkaido, Japan, January

Ou encore ce portrait de Kenneth O’Halloran, à laquelle Véro et moi avons ajouté des jambes:

Photo: Félix Vaillancourt, photographe et amoureux de mon amie Véro

Personnellement, j’aime bien me laisser porter d’une photo à l’autre à mon propre rythme dans ce type d’expos. Mais si vous êtes plus du type à préférer les parcours encadrés, le petit guide qui a été créé pour les groupes scolaires est super bien fait! Même s’il s’adresse d’abord aux jeunes de 13 à 16 ans, son contenu saura assurément intéresser les plus grands!

En le lisant après coup, j’y ai entre autres appris qu’aucune des photos présentées dans le cadre de World Press Photo n’est mise en scène. Tout a été pris sur le vif.

Je vous conseille de garder ça en tête lorsque vous visiterez l’expo. Certains clichés n’en seront qu’encore plus spectaculaires!

Mais faites vite! L’exposition de Montréal se termine le 2 octobre prochain. Après cette date, vous devrez aller voir l’expo à Toronto, aux Pays-Bas, au Danemark, en Pologne ou encore en Allemagne… Quoique, ce n’est peut-être pas une mauvaise idée… ;-)

Pratico-Pratique

Où?

Au Marché Bonsecours.  La porte d’entrée de la salle est sur la rue de la Commune: 325 rue de la Commune – Vieux Montreal

Quand?

Tous les jours de 10H à 22H

Combien?

Général 12$

Étudiant 8$ – (moins de 25 ans)

Moins de 12 ans: gratuit

(taxes et frais de service inclus)

Plus?

À l’exposition montréalaise du World Press Photo s’ajoutent AnthropoGraphia, seize

photoreportages sur les droits humains et C41, douze oeuvres documentaires de photographes

émergents.

Petit guide de l’étudiant

Cliquez ici pour le télécharger

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