Indiana Jane en Tanzanie

Jambo! Je reviens d’un mois en Tanzanie, un voyage qui restera longtemps gravé dans ma mémoire. Je dois avouer que, malgré tous mes voyages, l’Afrique restait encore pour moi inexplorée. Pour être bien honnête, j’avais d’autres destinations à visiter avant, mais ça c’était avant de tomber sous le charme de ce continent. Quelqu’un m’a dit : « On ne quitte jamais complètement l’Afrique » et je comprends maintenant pourquoi. Je suis revenue il y a 10 jours, mais une partie de moi est encore là-bas et je compte bien y retourner au printemps. Mon périple en Tanzanie se divisait en trois parties : le Kilimandjaro, le safari, le bénévolat auprès des filles maasais.

Pole Pole sur le Kilimandjaro


L’objectif premier de mon voyage était l’ascension du Kilimandjaro pour la Fondation MIRA. Cette partie du projet m’a tenue occupée toute l’année avec l’entraînement, la levée de fonds et les préparatifs de voyage. C’est que le Kili est le plus haut point de l’Afrique avec ses 5895 mètres et qu’il demande une acclimatation à l’altitude. Nous avions un double défi, car nous avions dans notre groupe deux aveugles et une personne avec une jambe artificielle. Nous avons donc opté pour un trek de 9 jours sur la voie Lemosho, dont 7 jours prévus pour s’acclimater et se rendre au sommet. C’est donc avec beaucoup de fierté et d’émotion que, le 16 novembre à 12h25, tous les grimpeurs du groupe Kilimira et nos guides canadiens et tanzaniens ont atteint Uhuru Peak, le sommet du Kilimandjaro. Un moment euphorique pour nous tous et l’atteinte d’un objectif qui nous paraissait au départ si difficile à atteindre. Moi qui suis une fille d’eau plus que de montagne, j’appréhendais un peu ce défi, mais j’avoue que j’ai adoré mon expérience et que je repartirais demain matin. Je le recommande d’ailleurs à toutes les copines sportives qui cherchent un nouveau défi! Trois secrets lorsque l’on va au-dessus de 3000 mètres : marcher lentement ou Pole Pole comme disent les Africains, boire beaucoup d’eau et prendre le temps de s’adapter à l’altitude, ce qui veut dire ne pas avoir peur de rajouter quelques jours à notre trek pour augmenter nos chances de succès, surtout si on nous propose de faire le Kili en 5 ou 6 jours. Puis, on s’assure de choisir une entreprise réputée qui aura notre santé et notre sécurité à cœur, car la haute montagne demande quand même certaines précautions. Je vous recommande fortement Chinook Aventure, qui offre un encadrement hors pair, de concert avec l’équipe de guides tanzaniens.

Hakuna Matata au pays des lions

La Tanzanie, c’est le Kili mais aussi avant tout le paradis des animaux. Quand on entre dans un des parcs nationaux, on a vraiment l’impression d’être plongé au cœur du Roi lion, un des films de Disney qui a bercé mon adolescence. Les safaris sont donc des incontournables du circuit touristique et la principale raison pour laquelle ce pays attire autant de touristes chaque année. Et pour cause : partir en Land Rover au pays des lions, des éléphants et des hyènes a quelque chose d’Indiana Jones, ou plutôt d’Indiana Jane. J’ai visité 3 parcs en 4 jours : Manyara, Ngorongoro et Tarangire et je n’avais jamais vu autant d’animaux de toute ma vie. Mon parc préféré? La caldera de Ngorongoro, qui est le refuge de presque tous les types d’animaux que l’on retrouve en Tanzanie, un petit paradis au cœur de l’Afrique. Équipée de mon appareil photo, un Lumix GH2HK de Panasonic, que je testais pendant le voyage, j’ai été ébahie par toute la magie autour de moi : il n’y a rien de plus beau que de voir, à quelques pas de nous, des lions se prélasser, des girafes déambuler, des hyènes se faire bronzer dans une marre de boue, des zèbres paradés dans leur costume rayé et des éléphants qui font trembler la terre à chacun de leurs pas. C’était magique! Quelque 2000 photos plus tard, je m’étonnais à toujours vouloir en voir plus. On ne se lasse pas de tant de beauté et de nature sauvage. La savane tanzanienne nous sert la vie à l’état brut… sur un plateau d’argent.

En route vers les parcs, on est passé au travers du Maasailand, où les Maasais sont légion. Ce peuple semi-nomade, si énigmatique, fascine les visiteurs du monde entier, surtout depuis la popularité du film The White Maasai, un best-seller qui dépeint souvent de façon romancée et pas toujours exacte leur réalité de tous les jours. J’ai beaucoup plus aimé le récit de Robin Wiszowaty, My Maasai Life, que j’ai lu en voyage. Les Maasais vivent dans de petites huttes faites de bouse de vache, de terre et de brindilles. Leur gagne-pain principal est la terre et l’élevage de leurs troupeaux, qui se résument souvent à quelques vaches et quelques chèvres. On les reconnaît facilement par les couvertures très colorées qu’ils portent et que l’on appelle shuka. Les Maasais font partie intégrante du paysage tanzanien, mais ils restent un mystère pour la plupart d’entre nous.

J’aurais aimé voir le Serengeti et Zanzibar, mais ce sera pour ma prochaine visite. De toute façon, les richesses naturelles de ce pays ont de quoi ravir les voyageuses en quête d’exotisme et ne se limitent pas aux parcs nationaux les plus connus. En plus de vivre dans une nature envoûtante, les Tanzaniens sont un peuple chaleureux. Malgré beaucoup de pauvreté, les valeurs humaines priment, et on est toujours accueilli avec un sourire.

Bénévolat auprès des filles maasais

La dernière partie de mon voyage était axée sur le bénévolat. C’est très tendance en Afrique de voyager pour faire du travail humanitaire, d’ailleurs plusieurs entreprises à but lucratif exploitent à fond ce filon en s’enrichissant au détriment de la population locale, mais ça c’est un autre débat. Dans mon cas, j’avais des contacts avec une ONG canadienne très réputée : Reach Out to Humanity (ROTH), qui a construit une école secondaire pour filles maasais près d’Arusha pour l’organisme MWEDO (Maasai Women Development and Education Organisation). J’ai réalisé des entrevues auprès des étudiantes de l’école et récolté leurs histoires personnelles pour aider MWEDO. Ces jeunes filles de 15 à 17 ans en moyenne viennent de petits villages où souvent l’éducation des filles est loin d’être une priorité, en raison de leur culture et de leur situation familiale précaire. MWEDO les commandite pour qu’elles puissent étudier et ainsi éviter qu’elles soient mariées à l’adolescence. C’est pratique courante chez les Maasais qui voient là une façon de s’enrichir. Quand on sait que chaque fille que l’on marie signifie quelques vaches de plus pour améliorer la situation économique de la famille, on les comprend un peu. C’est une réalité bien loin de la nôtre. Toutefois, en éduquant les filles, c’est toute leur communauté qui en bénéficie par la suite, et en fin de compte, c’est aussi plus payant pour la famille, car les filles éduquées peuvent ensuite subvenir aux besoins de leurs parents.

J’ai adoré mon expérience, tellement que je récidive au printemps. J’ai eu un véritable coup de cœur pour les filles et tout le personnel de l’école et de MWEDO qui étaient tous vraiment attachants. J’ai déjà hâte d’y retourner. D’ici là, je me suis mise au swahili, la langue commune de tous les Tanzaniens. Les Maasais parlent aussi le maa, mais côté pratique, je me ferai comprendre à plus d’endroits en parlant la principale langue du pays. Alors, Tutaonana Tanzania!
Quelques faits à retenir :

  • Quand y aller :La Tanzanie peut être visitée toute l’année, mais d’avril au début juin, c’est la saison des pluies et c’est peut-être mieux de planifier son voyage à un autre temps de l’année si on veut éviter la flotte.
  • Avion : Il y a des vols directs tous les jours entre Amsterdam et l’aéroport Kilimandjaro, entre Moshi et Arusha. C’est la façon la plus directe de s’y rendre.
  • Appareil photo : Si vous pensez faire un safari, apportez un appareil photo avec un bon zoom. Par exemple, le Lumix GH2HK de Panasonic est parfait pour le voyage, car il n’est pas trop gros et son zoom permet de prendre de belles photos même en safari. Assurez-vous aussi d’avoir plusieurs cartes mémoire et plus d’une pile, car il n’y a rien de plus frustrant que de se retrouver au milieu d’un safari et de ne plus pouvoir prendre de photos du reste de la journée.
  • Vêtements : Évitez de porter des shorts et des minijupes dans les endroits publics, car les Tanzaniens s’habillent sobrement et un tiers de la population est musulmane. Il vaut mieux porter des capris et des t-shirts qui couvrent les épaules ou des jupes qui arrivent sous les genoux.
  • Argent : Il y a des machines ATM dans les grandes villes qui distribuent exclusivement des shillings tanzaniens. Apportez aussi de l’argent américain récent, dans des petites coupures de 10 $ et 20 $. À noter que les Tanzaniens refusent régulièrement des billets américains qui sont trop vieux à leur goût.
  • Santé : Consultez votre médecin pour savoir quels sont les vaccins requis et les médicaments que vous devriez emporter. Soyez très vigilantes en matière d’hygiène et ayez toujours sur vous du savon antiseptique de type Purel. Des comprimés pour purifier l’eau pourraient aussi vous être utiles, si vous n’avez pas toujours accès à de l’eau embouteillée.
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4 réponses à Indiana Jane en Tanzanie

  1. Claudia Guitard dit :

    Bonjour,
    « On ne quitte jamais complètement l’Afrique » C’est tellement vrai! J’ai eu la chance d’aller deux fois en Afrique et à chaque fois je suis revenu un peu transformé et plus attaché à ce continent. J’ai voyagé beaucoup dans ma vie, mais l’Afrique c’est autre chose, c’est ailleurs!
    La première fois, je suis allé sur la côte ouest, j’ai descendu du Maroc au Sénégal en observatrice pendant quelques mois. Ce voyage ma ouvert les yeux sur plusieurs aspects de la vie que je n’avais pas pris conscience jusque-là. Je voulais faire quelque chose de significatif, servir à quelque chose. Alors, l’été passé je suis parti au Rwanda avec l’organisme L’AMIE (aide international à l’enfance). Pendant 2 mois et demi, j’ai vécu avec une famille Rwandaise et j’ai travaillé dans une école. Cette expérience fut probablement l’une des plus intéressantes de toute ma vie. Vivre avec eux m’a permis de constater, comme tu le dis si bien des tanzaniens, un peuple chaleureux qui, malgré la pauvreté, le sourire et les valeurs humaines priment. Ce sont, selon moi, des caractéristiques prédominantes pas seulement des Rwandais et des Tanzaniens mais des Africains en général!
    Tout comme toi j’ai eu la chance de faire un safari mais au Rwanda, je n’ai pas vu de lions et de hyènes se faire bronzer, mais toute de même un safari extraordinaire avec des zèbres et des girafes! Le parc Akagera est situé dans le nord-est du pays et offre des safaris d’une journée très abordable. Je seconde, ça vaut vraiment la peine d’investir dans une caméra digne de ce nom avant de partir. J’ai moi-même regretté mes photos qui ne rendent pas justice aux merveilles africaines!
    Félicitation pour le Kilimandjaro, c’est vraiment impressionnant et j’espère avoir un jour le courage de faire cette expérience.

  2. Tiphanya dit :

    Hujambo ! Nina wivu…
    car j’aimerai tant découvrir ce pays, mais l’opportunité ne s’est pas encore présenté. Le swahili est une langue pas toujours simple (ah, les classes, les accords pourquoi y en a-t-il tant) mais très agréable à parler.
    Bon courage

  3. indigonat dit :

    Allô Fannie,

    La Tanzanie est un pays fascinant. L’ascension du Kili avec notre groupe Kilimira a vraiment été une expérience extraordinaire et c’est incroyable de voir comment les deux non-voyants et la personne amputée d’une jambe ont réussi cet exploit. Je leur lève mon chapeau, car moi avec mes jambes et mes yeux, j’ai aussi trouvé que c’était un gros défi. Cette montagne n’est pas inaccessible. Ça demande une bonne forme physique certes, mais il y a une bonne partie qui est une question de volonté et vouloir transcender nos limites, et çà tout le groupe a travaillé là-dessus pour réussir à atteindre le sommet. Le mal de l’altitude, une bronchite dans mon cas, la température qui n’est pas toujours clémente augmentent le degré de difficulté, mais c’est je crois dans l’adversité que l’on réussit les plus grands exploits et surtout d’avoir le courage de sortir de sa zone de confort.

    Côté bénévolat: Reach Out to Humanity (ROTH), en collaboration avec MWEDO School for girls offre cet été une belle occasion de faire du bénévolat pour aider à construire une annexe à l’école pour pouvoir accommoder plus d’élèves. Je t’invite à contacter ROTH si jamais ça t’intéresse. Frédérique Vallières, une des fondatrices de l’organisme est de Montréal. Les jeunes filles Maasais sont vraiment géniales et j’ai adoré passer du temps avec elles. La culture Maasai est elle aussi fascinante. C’est pourtant difficile de vraiment vivre une expérience authentique avec eux car la plupart des circuits sont orientés pour les touristes et ne nous plongent pas vraiment dans leur quotidien. Il y a toutefois des exceptions. Éventuellement, il est possible que MWEDO (Maasai Women Education and Development Organization) offre des séjours culturels, mais d’ici là, il faut vraiment poser des questions quand on réserve nos circuits. Je crois que le Cultural Tourism program (http://www.infojep.com/culturaltours/) a l’air plus vrai que ce qui est offert par les compagnies qui proposent des safaris.

    Pour les safaris, c’est vraiment cool, surtout pour celles qui aiment faire de la photo. De voir les animaux dans leur environnement naturel c’est extraordinaire. Encore là, il faut bien choisir le fournisseur de services car ils ne sont pas tous bons. Une recherche sur Trip Advisor peut te donner une idée de ceux qui ont la meilleure réputation récemment, car ça aussi ça change avec le temps. Si jamais tu héberges à l’hôtel Jacaranda à Arusha, ils peuvent t’organiser un séjour en safari avec des fournisseurs réputés.

    Bon séjour en Tanzanie si tu décides de faire un saut là-bas!

  4. Fannie Eve Lessard dit :

    Bonjour!
    Je te trouve très courageuse d’avoir fait l’accession du Kilimandjaro! Ça prend énormément de courage et une grande détermination. Je peux imaginer qu’une fois rendue au sommet, tu ais été frappée par l’émotion, car c’est une très belle réussite. On croit souvent que ce type de périple est organisé par des groupes de sportifs hors pairs qui se donnent un autre défi sportif. J’ai été étonnée de constater qu’avec une organisation comme Mira et qu’accompagné d’un aveugle et d’une personne avec une jambe artificielle, qu’il soit possible de réaliser ce projet. Pour ce qui est de la visite de parcs nationaux, je t’envie au plus haut point! L’Afrique est tout comme un grand secret bien gardé à mes yeux, car chaque endroit visité, chaque moment vécu et chaque personne rencontrée nous apporte à réfléchir sur bien des choses. Un de mes plus grands rêves est de partir en safari sur ce grand continent. La nature sauvage à l’état pur, c’est le cas de le dire! Tu as non seulement atteint le sommet du Kilimandjaro, mais tu as vu des choses exceptionnelles et rencontré un des peuples parmi les plus traditionnels! Je suis contente de lire que le film The White Maasai, que j’ai d’ailleurs vu, ne reflète pas tout à fait la réalité et que les Maasais sont davantage comme on les décris dans les encyclopédies. L’envie de partir faire de l’aide humanitaire ou du bénévolat me chicotte. Je prends note de l’organisme avec lequel tu es partie! Merci encore de nous faire voyager à travers ce blogue!
    Fannie

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