Le Taj Mahal et l’Inde à travers les brumes

aj mahal brume

Je venais tout juste de quitter l’avion. Parce que j’avais volé en classe affaires sur les ailes de Qatar Airways (hum, hum, rien de moins!), les longues heures de vol entre Montréal et Doha, puis entre Doha et Delhi avaient été composées de longues siestes, de lecture, de bons petits plats et d’une excitation grandissante à l’idée de fouler, enfin, ces terres indiennes inconnues maintes fois imaginées.

Mon premier contact avec Delhi s’est ainsi fait de nuit. Une nuit brumeuse qui semblait s’étirer à l’infini pour moi qui n’avait aucunement envie de dormir ni d’attendre le lever du soleil pour prendre la route.

Mon tout premier arrêt en Inde s’avérait, à ce moment, le plus excitant de tous. Le Taj Mahal m’attendait. L’Inde, le temps de ce petit bout de nuit, m’appartenait tout entière.

chauffeur prive

J’ai retrouvé mon guide, Pankaj Singh, et mon chauffeur, Monsieur Balvinder (un homme au visage gentil qui ne parlait pas un mot d’anglais) au petit matin. Nous avons pris la route sans tarder afin d’éviter les bouchons de circulation occasionnés par les festivités entourant cette Journée de la République (je débarquais à Delhi un 26 janvier, il fallait quand même le faire!) et surtout l’intense brouillard qui nous empêchait de voir plus de quelques mètres devant nous. C’est que les hivers couvrent l’Inde d’une épaisse couche de brouillard tenace et insidieux.

Les 4 heures de route entre Delhi et Agra – cette petite ville de rien du tout devenue célèbre parce que s’y dresse le Taj Mahal – m’ont semblé irréelles. Par la fenêtre de notre minifourgonnette toute neuve, l’esprit doublement embrumé, je regardais les passants entamer cette nouvelle journée comme ils le pouvaient. Partout, déjà, s’insinuait la pauvreté; à travers les maisons de fortune dressées aux abords des routes de terre, à bord des autorickshaws, jusque sous la poussière.

femmes

Je savais pertinemment que je passerais le reste de mon voyage en Inde ainsi; tiraillée entre la joie de simplement me trouver là, à l’autre bout du monde, et la douleur de voir les gens, les animaux et notre belle Terre ainsi malmenés, vivre plus que pauvrement dans une mer de détritus et de misère.

porte2

D’Agra, je retiens mes premiers tumultes indiens, ces scènes qui allaient devenir quotidiennes et auxquelles je ne m’habituerais pourtant pas. Puis, la rivière sacrée Yamuna – cette « rivière du paradis » où les femmes se rendent laver, puis faire sécher sur les immenses pierres la literie des grands hôtels. Le fort du troisième roi moghol et puis encore, se dressant tel un mirage à travers la brume (cliché oui, mais tellement vrai), un Taj Mahal qui ne déçoit en rien les voyageurs-rêveurs, une merveille du monde à la hauteur de sa réputation, le mausolée royal le plus connu de la Terre et un site prenant assurément au coeur.

Mon guide m’a tout raconté. L’histoire un peu floue derrière ce symbole de l’amour, les milliers de bijoux et de pierres précieuses qui le composent, les 4 000 visiteurs s’y rendant chaque jour, la composition du marbre blanc dont la couleur se trouve modifiée, à 4 reprises chaque jour, au gré de l’humeur du soleil.«Les gens ne viennent pas ici voir le Taj Mahal, a-t-il murmuré. Ils viennent apprendre du Taj Mahal.»

taj mahal2

J’ai pris beaucoup de photos. Puis, j’ai tout arrêté pour simplement savourer ce moment qui ne se représenterait pas. De plus en plus, lors de mes voyages, c’est ce que je m’efforce de faire; poser mon appareil, prendre une grande respiration et profiter, vraiment, de ce moment qui ne reviendra jamais. M’imprégner de tout avec sincérité et reconnaissance. Et remercier la vie d’être là, à cet instant précis, et nulle part ailleurs.

moi

Je n’exagérerai pas en prétendant que cette simple journée de visite au Taj Mahal a changé ma vie. Son image est pourtant sincèrement ancrée au fond de ma mémoire. Par contre, je peux affirmer sans enjoliver la vérité que l’Inde m’a profondément changée. Qu’elle a fait de moi un meilleur humain, une voyageuse plus ouverte, une étrangère plus souriante et une femme appréciant à sa juste valeur sa chance et sa liberté.

ta mahal3

Et parce que ce voyage ne m’a tellement, mais tellement pas rassasiée de l’Inde, je me suis promis déjà, maintes fois, d’y retourner.

(Vous êtes de passage à Delhi et vous recherchez la crème de la crème en matière de chauffeur privé (pour vous rendre, par exemple, au Taj Mahal)? Il faut contacter Pankaj Singh chez www.jaatindiatours.com )

Les guides Ulysse vous recommandent :

Ce contenu a été publié dans Inde. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *