Village Monde : pour des voyages porteurs de sens

À la découverte du tourisme responsable en solo au Costa Rica

Si vous êtes une voyageuse préoccupée par le sort de la planète et des générations futures ; sensible aux inégalités qui dominent le monde ; si vous êtes curieuse et que vous souhaitez connaître les gens des pays que vous visitez, hors des grands centres et si vous désirez explorer une culture au-delà des lieux touristiques, vous avez peut-être déjà entendu parler de l’organisation Village Monde. Sinon, il est grand temps de la découvrir.

Tout sur une même plateforme

Fondée en 2015, Village Monde est une organisation philanthropique d’innovation sociale basée à Québec, qui opère via villagemonde.com et vaolo.com, pour les réservations en ligne. Fondée par Charles Mony et Isabelle Vitté, Village Monde regroupe sur son site des petits hébergements locaux de qualité, tous testés et approuvés par l’équipe ainsi que 300 autres hébergements de tourisme durable de l’organisme Passion Terre. En résumé, on y propose une façon de voyager consciencieuse et responsable, dans un esprit de développement durable. Village Monde offre aux petits hébergements locaux une excellente visibilité sur le web, claire et tout en images.

En naviguant sur le site de Village Monde, on a d’emblée l’impression de voyager autrement.

Non seulement les hébergements proposés mènent au cœur de villages moins connus du tourisme de masse et loin des grands centres touristiques, mais ils invitent aussi à la rencontre des gens d’autres cultures.

Du tourisme intelligent

Village Monde invite les voyageurs à se comporter en touriste intelligent dans un esprit de développement durable, par sa Charte, qui porte à réfléchir. « En voyageant, on laisse une trace environnementale et sociale sur notre passage. Tentons que celle-ci ne soit pas dommageable pour l’environnement. Qu’elle soit positive pour le développement des communautés qui nous accueillent, » explique Charles Mony, président fondateur de Village Monde. Par ailleurs, découvrir le monde dans un esprit de tourisme durable c’est aussi soutenir des projets touristiques locaux, qui n’ont pas les moyens de se faire connaître dans le vaste monde de l’industrie touristique.

Et tout cela, ça ressemble à quoi concrètement ? Dans un des plus beaux roadtrip de ma vie (oui oui!), je me suis promenée en solo, dans la forêt dense du Costa Rica pour y découvrir 3 hébergements locaux opérant avec une éthique sociale et écologique rigoureuse. Et attention, on ne lésine pas sur le confort, au contraire!

 

Guayabo Lodge : une conscience environnementale exemplaire

Le Guayabo Lodge est une petite auberge tout confort de 22 chambres et 6 suites, situé directement sur les pentes du volcan Turrialba, à 1500 mètres d’altitude. « Ici, tout est choisi après mûres réflexions. » m’explique Rossana Lok, propriétaire, qui peut être fière d’avoir obtenu la certification « 4 leaves » du CST (Certification pour le tourisme durable). « Notre cuisinier s’approvisionne directement de notre potager, cultivé sans produits chimiques. Nous recyclons et compostons, même si ce n’est pas obligatoire au pays. Nos produits nettoyants sont biodégradables, nous sommes rigoureux quant à l’utilisation abusive de l’eau et nous défrichons les sentiers en douceur. Nous voulons protéger cette magnifique faune et cette flore qui nous entourent. Le Costa Rica est exceptionnel ! Maintenant, je désire installer une ruche pour produire mon propre miel et soutenir les abeilles, menacées, et essentielles à la chaîne écologique.»

Discuter avec cette femme, c’est un vent de fraîcheur et d’espoir pour la planète. Voici une petite diapo : des photos d’elle, des chambres et de l’environnement, c’est un petit paradis! Le terrain est d’une superficie de 10 hectares et une balade guidée en forêt est tout à fait sympathique. On clique pour agrandir et voir l’ensemble des photos.

Rossana Lok, anthropologue et propriétaire. Une femme visionnaire, active et positive. Très inspirante, ses propos portent à réfléchir et invitent à l’action…

Un plan du site situé à l’accueil de l’auberge. On peut d’ailleurs se rendre au Lodge en voiture ou un véhicule peut aussi venir vous chercher à Jaco. Sur place il y a beaucoup à voir et à faire !

Photo offerte par le Guayabo Lodge


  L’écolodge Los Campesinos : des sourires et des sensations fortes

Huit heures de route plus tard, me voilà au cœur d’une forêt extrêmement touffue, là où on a du mal à imaginer une vie humaine structurée et moderne. Pourtant, la population du village « Quebrada Arroyo » malgré la vie reculée, dégage le bonheur, elle est tout à fait autonome et branchée sur le monde, et les jeunes ne sont pas tentés de quitter pour la ville.

« Une des raisons : il y a du travail pour eux. Et c’est le tourisme qui fait travailler 90% des villageois. » explique Juan Pablo Mora, directeur du centre, âgé de 25 ans. Créé par les citoyens de la communauté et très bien géré, l’Écolodge Los Campesinos offre un hébergement en coopérative, et une foule d’activités au coeur de la nature. Les 13 familles du village dans la jungle y travaillent. L’ambiance est familiale et joviale et la nature, exceptionnelle, un autre eldorado, et je n’exagère pas…

Jamais je n’oublierai mon arrivée au village. Intense ! Pour m’y rendre, la route étroite a été tumultueuse et souvent, je ne pouvais rouler à plus de 20km/h, sur le bord de falaises et sur d’étroits ponts. Avec la pluie des derniers jours, le sol était mouillé, les falaises abruptes; le sol en argile, boueux. À 17h, il fait déjà nuit à Los Campesinos, je fais mon entrée en douceur, dans l’obscurité totale, sur un sol rouge brillant donnant l’impression d’être sur la planète mars. J’ai un peu peur, mais de quoi ? Étrangement, je me sens en sécurité aussi. Je vois des lumières au loin, entre les branches, des lampes de poche… Les villageois rigolent, tout calmes et chaleureux, ils m’indiquent le chemin le sourire au visage.

Ce n’est que le lendemain matin que je réalise où je suis. En pleine forêt, dans un environnement de rêve et sûr. Une dizaine de cabanes en teck, toutes équipées d’une salle de bain moderne, un pont suspendu à 5 minutes, une chute immense, une forêt d’iguanes, une nature spectaculaire, dense, paisible, des maisonnettes dispersées ici et là, des rires d’enfants, des chants d’oiseaux tropicaux… Et les membres de la communauté : accueillants, curieux et aimables, sincèrement. Je veux vivre ici!

Coté repas, on y trouve une grande variété de fruits exotiques et de légumes de toutes sortes, du café, des herbes fraîches, tout pousse sur place, on élève les poules, la nourriture ne peut pas être plus fraiche, cuisinée par une grand-maman du village par surcroît. C’est délicieux! Les plus jeunes –formés en tourisme d’aventure –me mènent dans les sentiers pour observer la nature, traverser un pont suspendu ou faire de la descente en rappel dans une chute de 40 mètres de haut.

La fille assoiffée de sensations fortes que je suis est rassasiée ! Quelques jours à Los Campesinos m’ont aussi ressourcée et les discussions que j’ai entretenues  avec les membres de la communauté ont été passionnantes… Après des épreuves reliées à des catastrophes naturelles notamment la propagation du champignon nocif Monilla, qui a détruit toutes les plantations de vanille, autrefois première source de revenus- ; ils réussissent aujourd’hui à vivre grâce à un tourisme respectueux de l’environnement, et éloigner la pauvreté qui les guettait. Beau revirement, non ? Le défi, maintenant, c’est que l’activité touristique soit régulière.

En fait, c’est peut-être pour cela que mon passage à Los Campesinos, dans la communauté de Quebrada Abroyo, m’a tant marquée. Les 65 personnes qui habitent ici sont calmes, heureuses et surtout, solidaires. Elles vivent dans la jungle, en santé, dans un endroit qui semble isolé du mode, tout roule et la solitude n’existe pas. Fidèle à l’expression « être bien dans sa peau », les villageois ici le sont réellement : ils nous regardent dans les yeux avec assurance, éclatent de rire à la moindre blague et marchent à un rythme humain, au lieu de courir comme « la poule pas de tête » que je suis souvent. Quelques photos en méli-mélo. Attention, il y a beaucoup trop de sourires ici ! 🙂

Les cabanes sont construites en teck, bois trouvé dans la forêt autour. Rien n’a été coupé de la forêt pour construire le lodge !

Conduire jusqu’au lodge dans la jungle, traverser de vastes rivières, un dépaysement excitant !

Deux frères, chacun formé pour être guide de descentes en rappel. Très heureux de mener les touristes dans les profondeurs de leur forêt magnifique, qui n’a pas de secrets pour eux. A gauche : Macdonal Mora Fallas et son frère José Miguel Mora Fallas

Trouvez la salle à manger !

Construit par les villageois, ce pont suspendu, traverse une forêt d’iguanes et surplombe une rivière tumultueuse. Quelle densité !

Sur la roche de « pratique » j’apprends l’ABC de la descente en rappel ! On se laisse aller dans le vide et on fait confiance ! 🙂

L’occasion de sentir la force de la nature… Une expérience inoubliable, à vivre en petits groupes, isolés, sans la foule pour nous observer… 🙂 Du VRAI !

Rien à dire sauf… Focus et… yahou!

Les maisonnettes, entre la jungle et une chute dont le son apaise avant de s’endormir. La nature réveille doucement à l’aube…

 

Intéressante promenade en forêt avec notre guide Victor Perez. Tentons de voir des animaux qui nous sont inconnus et de goûter à des herbes ou des fruits rares pour nous. Nous avons même fait de l’équitation.

À gauche, Juan Pablo Mora. Ce jeune directeur gère l’écolodge avec rigueur, mais toujours à l’écoute de la communauté. Il a grandi ici et souhaite ne jamais quitter le village. Il se souvient très bien de son enfance heureuse, sans électricité où il marchait 2 heures par jour pour aller à l’école, avec ses amis, les animaux de la jungle… Quelle belle rencontre ! Sur la photo prise à la petite épicerie du village, Juan se trouve avec sa soeur Yamileth Mora Jiménez, qui  y travaille. 

Au village enchanté d’Altamira

Le 3e endroit où j’ai séjourné est tout aussi surprenant. Situé à 5 minutes du Parc International La Amistad, il a aussi été mis en place par des villageois dans l’espoir de sortir de la pauvreté, après la crise du café des années 2000. Ce qu’on trouve à Altamira, village de 350 personnes, est tout à fait singulier. Moins douillet – mais très confortable – que les 2 autres hébergements, c’est aussi l’ensemble du village qui est digne d’intérêt! L’architecture audacieuse de plusieurs habitations est tout à fait originale, voire, unique au monde.

Plusieurs bâtiments sont construits tout en courbes, à partir d’anciens pneus, de céramique récupérée et de verres de bouteilles. Des fresques artistiques habillent des murs, des petites maisons de couleur se pointent au travers des montagnes, des fermettes peuvent se visiter spontanément et on peut savourer une crème glacée 100% naturelle, dans un petit bar laitier qui a toutes les allures d’une maison de stroumphs, entre les branches… Magique !

Yessica Suarez Chacon, la gestionnaire de Asoprola, l’organisme local qui gère les activités touristiques, explique, la larme à l’oeil : « Je me souviens quand mon père a dû quitter le pays pour aller travailler aux États-Unis, empoisonné par les produits chimiques dans les champs de café et sans emploi, à la suite de la baisse du prix du café sur le marché mondial. Sept ans plus tard, il est revenu et nous avons développé un projet touristique et aidé les agriculteurs». Grâce au soutien de l’aide canadienne notamment, la population locale s’est retroussée les manches et offre maintenant une expérience touristique pour les voyageurs curieux de découvrir les gens, de connaître l’histoire du pays et la culture.

Je reste profondément touchée par ce voyage, surtout par les gens que j’y ai rencontrés. On m’a raconté des histoires invraisemblables, des moments tragiques surmontés grâce au courage et surtout à la solidarité des gens entre eux.

En équipe, on peut faire de grandes choses et les Costariciens me l’ont bien démontré. Voyez quelques photos.

Prendre le temps de se balader dans un village, c’est rencontrer des gens comme Danilo Mora, petit producteur de cacao, qui nous a expliqué comment on faisait du chocolat 🙂

Bar laitier du village ! Avec des fruits fraichement cueillis, du lait des vaches à coté, du sucre, de la vanille et du cacao qui poussent derrière : comment la crème glacée ne peut pas être la meilleure au monde, et 100% bio en plus :-).

L’arrêt d’autobus du village.

Des villageois comme Celimo Montoya et Irma Rubi sont aussi disposés et équipés pour accueillir les visiteurs désireux de séjourner quelques jours dans des familles costariciennes. Ils étaient adorables et le menu semblait savoureux… Tout provient de leur propre culture et élevage.

Attirant pour savourer un jus frais, frais, frais.

Le bar laitier est un lieu de rassemblement dans le village. La meilleure glace à vie servie par la jeune Katerine Castro.

 

La table de la salle à manger de la Posada Rural La Amistad… Verre de bouteille et céramique récupérés.

Et maintenant, à notre tour, en tant que voyageurs, à se joindre à l’équipe d’explorateurs plus conscients et ouverts aux autres. Et ce, dans le but de permettre à des milliers de gens à travers le monde d’améliorer leur condition grâce au tourisme responsable, tout en vivant une expérience enrichissante sur le plan personnel.

Et c’est avec brio que Village Monde peut vous aider à trouver chaussures à vos pieds.

Par : Isabelle Marjorie Tremblay

Photos : Isabelle Marjorie Tremblay

Village monde

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