Randonner dans le désert marocain: la grande douceur

Certes, comme bien des gens, je l’avais imaginé. Je m’étais vue le traversant, les gouttes de sueur perlant à mon visage, y avançant et y titubant avec difficultés. Je l’avais reproduit dans mon esprit exactement selon tous ces clichés et cette rigueur qui en émane lorsqu’on l’évoque.

Dans ce même esprit, il y avait bien toutefois ces mots de Saint-Exupéry qui résonnaient depuis mon enfance. Encore plus depuis que je les avais lus à ma fille.

« J’ai toujours aimé le désert. On s’assoit sur une dune de sable. On ne voit rien. On n’entend rien. Et cependant quelque chose rayonne en silence… »

Ce court extrait du Petit Prince s’était logé en moi quelque part en moi. Il fallait que j’aille vérifier.

Ainsi, en novembre dernier, j’ai eu le privilège de découvrir quelques pans d’un Maroc plus méconnu qui attire et fascine auprès d’une équipe de Terre d’Aventures. J’avais exploré quelques villes l’année précédente, mais l’idée de découvrir ce pays nord-africain à la marche autrement, dans ses ksars, à travers ses villages de montagne, ses kasbahs, ses vallées verdoyantes, ne pouvait profondément que me séduire.

Au court de ce voyage, trois jours étaient consacrés à l’exploration du désert, plus particulièrement de l’Erg de Chegaga, situé tout au sud, non loin de la frontière algérienne. Mais d’abord, nous devions traverser une route de 7 heures en 4 x 4 depuis Marrakech. Les paysages se succèdent, depuis le col de Tichka,  le plus haut du Maroc avec ses 2260mètres, dans le haut Atlas,  jusqu’à ce dernier village, Foum Zgui, qui nous mènera aux portes du désert. Quittant alors la route, une autre heure à traverser la rocaille avant que la magie ne prenne place.

Le désert nous a accueilli avec le soleil couchant ; pour cette première nuitée, un succulent tajine de légumes et de bœuf et un thé à la menthe viendront nous réconforter. Presqu’autant que ce ciel étoilé qui, peu après le repas, nous  a enveloppé.  Trois quatre étoiles filent à travers ce tableau laiteux et féerique. Jamais je n’ai vu un ciel d’une telle beauté. Je reste longuement là, seule dans la nuit, à m’empreindre de cette douce magie.

Le lendemain, notre randonnée nous attend après avoir démonté le campement. L’expertise de notre équipe chamelière est d’ailleurs notable tandis qu’on s’affaire à plier bagages et que ceux-ci on déjà une bonne longueur d’avance et attendent après nous afin de charger les dromadaires.

Et puis, en compagnie de Saïd, notre guide, nous entreprendrons nos premiers pas à travers cette marée de dunes. Tandis que certains s’affairent à trouver leur équilibre sur les crêtes, je m’étonne de la beauté et du calme des massifs dunaires.

À certain endroit, nous rejoindrons les dromadaires portant nos équipements et nos bagages, près de 150 kilos chacun.  À d’autres, nous devrons continuer seuls, ceux-ci contournant les trop grandes dunes.

Avec Saïd en tête qui entonne des chants berbères qui s’entremêlent au chant vif des vents de sable, la randonnée tient de la grâce. Et il ne suffit que de bien s’hydrater et de s’arrêter quelques instants pour se sustenter de quelques figues et dattes qui ont le goût du ciel pour que ressurgisse sitôt l’envie de continuer à marcher dans décor fabuleux.

Au terme de cinq heures de méharée, nous gagnons notre bivouac. L’équipe chamelière avec sa longueur d’avance nous attendait, avait monté les deux mesas ; un délicieux thé à la menthe moussait déjà dans tandis que Mohamed, notre cuisinier s’affairait à nous préparer une salade et préparait le couscous pour le repas du soir.

Au terme de cette journée, on décide de gravir une dune afin d’aller observer le soleil se coucher. On ne voit que des dunes à perte de vue. Je déchausse mes pieds au sommet et enfonce ceux-ci nus dans le sable mordoré. Je ne peux que m’étonner de la douceur qui en émane. Étrange, mais l’aridité du désert bien plus que tout est venu m’apaiser. M’envelopper comme une douce caresse. Et son curieux silence m’emplir doucement. Sans hésitation, à tout moment, je retournerai longuement y marcher.

Texte et photos :

Marie-Eve Blanchard

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PRATICO-PRATIQUE

Pour planifier une randonnée au Maroc, Terres d’Aventure propose 18 circuits au Maroc, notamment Désert et dunes du Drâa et Marrakech, palmeraies et désert. Il est possible de les faire en groupe (de 4 à 15 personnes) ou sur mesure (en privé). www.terdav.ca

Notre collaboratrice était l’invitée de Terres d’Aventure et de Royal Air Maroc.

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