
Descente en ski dans la poudreuse!
« Nous pourrions bâtir un immense centre de ski qui attirerait sur nos côtes les gens de tous les pays. »
Il y a quelques décennies, au creux de la vallée qui était alors sans électricité, et réputée davantage pour sa pêche que pour son potentiel sportif, l’idée demeurait pour la majorité dans la lignée des rêves impossibles. En 1966, pourtant, Franz Wilhelmsen s’amène sur les pentes, ses gigantissimes ambitions dans une main, une solide équipe dans l’autre. Aujourd’hui, Whistler Blackcomb est la référence maître sur laquelle toutes les autres stations d’Amérique du Nord s’appuient et mesurent leur succès. Elle possède le plus haut sommet (1 600 m), le plus large territoire (28 km2) et le plus exorbitant nombre de visiteurs par saison qu’il fut donné de connaître. Aujourd’hui, avec ses joues roses et son air époustouflé, elle héberge les plus extrêmes disciplines, ski acrobatique comme escalade, une poussée de luge, une balafre de patin, et ce sont des drapeaux de toutes origines qui s’entrechoquent, sous son aube grandiose peinte de flammes.
En revenant lundi d’une excursion au Garibaldi Park, un espace somptueux et enchanteur où comme par hasard je croisai la toile de monsieur Richards, Maëlle et moi nous faisons interpeller sur la route, en pleine contemplation d’un rocher à l’architecture particulièrement complexe. Un jovial chauffeur de taxi s’offre à nous mener au centre-ville. Nous refusons.
« Pourquoi donc, avec ces sacs de deux tonnes!? »
– « Parce que c’est trop rapide. »
Plus tard dans le jour, sa voix généreuse et soudaine nous retombe dans l’oreille : il nous invite cette
fois à dîner, chez un fastueux restaurateur indien. Nous acceptons.
En plus de chauffer des voitures, notre Samaritain se révèle être bûcheron, alpiniste, marin et cultivateur de champignons… Son plus passionnant métier, auquel il se consacrera d’ailleurs ce soir-là, est pourtant de se rendre, en cas de conditions météorologiques inquiétantes, à la toute pointe du sommet de la Whistler Mountain, et d’y passer la nuit, afin d’administrer différents verdicts. Soit, la nonchalante Maëlle, qui eut la distraction de laisser au foyer sa panoplie de cartes d’identité, retourne à ses cartes, alors que j’emboîte le pas au Samaritain. Il me loue une paire de skis, me grimpe à bord d’un massif véhicule. Et je passe la nuit à répandre des rêves limpides sur d’astronomiques altitudes. Au matin, mes privilégiés de pieds sont les premiers à dévaler les pentes vierges, poudreuses à souhait, auxquelles j’ai accès jusqu’à leur fermeture.
Il s’appelle Laird et loge dans le fond des bois, dans une cabane qu’il a construite de ses mains. Depuis, il s’est autoproclamé « chauffeur personnel de la raconteuse d’histoires aux jambes orgueilleuses », et m’héberge, en échange de mes services de cuisinière. C’est qu’il apprécie les bons repas, mais qu’avec ses multiples emplois ne trouve point le temps nécessaire à une convenable préparation. Verdict positif au sommet de l’estomac : il n’est toujours pas victime d’empoisonnement.
Je me trimballe donc, dans le cœur bruyant de ce célèbre centre, entre le marché et la forêt, ainsi qu’un studio de yoga aux accents pourpres et fabuleux, le Neoalpine, où j’ai réussi à me dénicher des classes gratuites, en permutation desquelles je voue un peu de mon temps à l’exécution de tâches diverses.
Suite à une autre de ces rencontres fructueuses qui ne semblent pas vouloir cesser leurs clins d’œil, j’ai également la fortune, avec mon ami cultivateur de champignons, de faire partie des spectateurs de l’épreuve de luge… Grâce à une paire de billets inutilisés que me remit le clin d’œil en question.
À la fin de cette semaine nouvelle, pliant un bagage abasourdi, c’est conséquemment étonnée et pleine de rire qu’on me trouve. Car pauvre à l’os, je n’ai jamais tant pataugé dans le luxe.
Garibaldi Provincial Park
www.garibaldipark.com
Neoalpine Yoga
9a Alpha Lake Road, Whistler, BC
(604) 935-9642
www.yyoga.ca/our-centers/neoalpine

Fra Loisel est une jeune fille de dix-sept ans originaire de Québec, menée depuis toujours par un puissant besoin d’écrire, et la soif des découvertes. Elle a choisi d’échanger ses études collégiales contre un autre mode d’instruction, qu’elle s’octroiera à coup de routes et de rencontres autour du monde pendant les cinq années à venir.
Hmmm… Tu peux sûrement te trouver un boulot pour te faire des sous. Autrement je suis content de voir que tu débrouilles bien amie. Bisous
Fra, Tu es drôle sur ta photo!!
Tu sembles bien t’amuser.
Ouais, ça fait rêver
Je viens de lire tous tes aventures (« Pemberton et l’Étable »,il ne prend pas mon commentaire, alors je le laisse ici). Ça nous donne encore plus d’énergie pour préparer notre voyage (voir notre site en construction). Nous allons continuer de suivre ton périple avec intérêt.
Nous sommes avec toi
La famille de Baie-St-Ludger