Tourisme virtuel et solidaire (et vice versa)

Dans ce billet, je voulais proposer une forme différente de pratiquer le tourisme responsable. Il m’est cependant difficile de passer outre l’actualité et ne pas parler d’Haïti. En fait, je n’en parlerai pas. Je vous suggère plutôt de lire un très beau texte de Marie-Julie Gagnon sur le tourisme et son apport économique et social sur celle que l’on désigne comme « La perle des Antilles » .

Par ailleurs, mon collègue Gary Lawrence a aussi publié récemment un billet détaillé présentant les multiples propositions de voyages solidaires, des expériences uniques qui permettent de prêter main-forte à une communauté tout en découvrant la culture et le pays. Vous pouvez le lire ici — je vous suggère aussi de suivre les liens qu’il propose.

Ce texte m’a cependant conduite à une réflexion : la plupart de ces voyages coûtent cher, tout comme beaucoup de voyages d’écotourisme. Personnellement, je ne pourrais pas le faire, comme beaucoup d’autres qui aimeraient bien, pourtant, offrir leur aide ou découvrir les richesses humaines, patrimoniales, culturelles et naturelles de ces pays que l’on nous présente. L’un des principes guidant ma réflexion à ce sujet est l’équité, comme dans « tourisme équitable ».

Le tourisme équitable, pour moi, se décline en deux catégories : celle qui procure des retombées justes aux communautés où il se déroule et une seconde, qui s’exprime en matière d’accessibilité et qui permettrait à tous de profiter des richesses de la planète. Bien sûr, on n’a pas besoin d’être millionnaire pour effectuer un périple humanitaire, mais certaines destinations, surtout écotouristiques, sont tellement hors de prix que seules les bourses bien garnies peuvent y prétendre.

Il existe pourtant une solution, qui n’est pas parfaite, certes, mais qui permet à tous de faire le tour du monde, à condition d’être branché sur Internet. Il y a quelques années, j’avais lancé à la blague que la forme de tourisme la plus « durable » (passez-moi l’expression) serait le tourisme virtuel, au grand dam de mes amis de l’industrie du voyage. Force est de constater que la réalité, bien réelle celle-là, me donne aujourd’hui raison. J’en veux pour preuve ces exemples où l’on nous présente de nouvelles façons de découvrir villes, pays et cultures. Il y a quelques semaines de cela, Lisa Marie Noël, chroniqueuse à La Tête ailleurs, une émission animée par Jacques Bertrand sur les ondes de la Première Chaîne de Radio-Canada, proposait de découvrir New York, puis Dubaï… à dos de souris. En décembre, Le Devoir annonçait une entente entre Google et l’UNESCO ouvrant 19 des 890 sites du Patrimoine mondial au grand public par le biais de visites virtuelles, dans le but « d’accroître la visibilité des sites et l’accessibilité du patrimoine au grand public », selon Lucía Iglesias, porte-parole de l’UNESCO.

D’accord, ces visites virtuelles ne se comparent pas à l’expérience d’être là, mais elles rendent le monde accessible à une vaste majorité de voyageurs dans l’âme, sans dépenser et sans impact. De plus, certains films IMAX mettant en vedette des paysages et cultures extraordinaires m’ont beaucoup émue, sans vider mes poches. Qui sait si un jour, quand nos excès auront eu raison de ces merveilles qui sont les ressources même du tourisme, ces images seront le moyen de voyager…

La semaine prochaine, Anne Marie nous parlera de tourisme urbain à Marrakech et d’autres destinations marocaines.

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