
Crédit photo : Anne Marie Parent

Cet hiver, je me suis demandée si faire de la motoneige peut avoir un côté écoresponsable. Eh bien oui, selon Yves Ouellet, journaliste, auteur et rédacteur en chef du magazine Motoneige Québec, publié par la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec (FCMQ). Il signe un éditorial dans le numéro de janvier-février 2010 dans lequel il présente le fonds Carbone Boréal (dont nous a parlé Sylvie dans son billet la semaine dernière), grâce auquel le motoneigiste peut acheter « des crédits de carbone qui serviront à planter en forêt boréale les arbres qui neutraliseront sa consommation » (afin de compenser les émissions de gaz à effet de serre de sa motoneige).
Il propose ensuite la lecture de l’article « Carbo quoi? CarboNEUTRE! » de son collègue François Thiboutôt, dans sa chronique « L’empreinte écologique ». Avec humour, ce dernier explique aux motoneigistes qu’être « carboneutre » ne veut pas dire que le congédiement de Carbonneau, ex-entraîneur des Canadiens, nous laisse froid, mais que l’achat de crédits de carbone, qui n’est pas une nouvelle taxe camouflée, est un geste tout à fait volontaire servant à contrebalancer l’effet des émanations des motoneiges contribuant malheureusement au réchauffement de la planète.
Il souligne que la Fondation J. Armand Bombardier, qui gère le Musée de la motoneige (Musée J. Armand Bombardier), à Valcourt, a recours à des crédits de carbone depuis deux ans et que la FCMQ compte « rendre carboneutres les déplacements des 58 patrouilleurs et de leurs 16 motoneiges », lesquelles parcourront en moyenne 3000 km chacune cet hiver. Coût de l’achat de crédits de carbone : moins de 900 $. Il conclut en constatant que la montée de cette conscience écolo chez les motoneigistes s’observe depuis moins de deux ans.
La FCMQ a d’ailleurs ouvert le bal en 2008 en se dotant d’un plan d’action quinquennal pour l’environnement, intitulé Soucieux de son environnement.
J’aime bien l’idée de ne pas reprocher aux gens de pratiquer un loisir « polluant », mais de leur proposer des solutions de rechange. Autre exemple, les amateurs de camping, que l’on fustige parce que leurs véhicules récréatifs (VR) émettent des gaz à effet de serre, se posent eux aussi des questions sur les possibilités de réduire leur empreinte écologique. Dans un article paru dans le magazine Camping Caravaning de mars-avril 2010, intitulé « VR…Vert – On passe à l’action! », Sophie Marsolais interviewe Daniel Nadeau, président de Safari Condo, un fabricant de petits VR écolos à Saint-Nicolas (sur la rive sud du fleuve, près des ponts de Québec). Il soutient que « chaque geste compte ». Passer d’un gros VR à un plus petit, cesser d’utiliser une génératrice, limiter sa consommation d’eau (M. Nadeau a doté ses VR de douches comportant un bouton d’arrêt pour interrompre le débit d’eau pendant qu’on se savonne), ne pas surcharger son VR, acheter local (plutôt que d’importer un véhicule de l’étranger), équiper le toit du VR de panneaux solaires fournissant jusqu’à 170 watts… Bref, il y a bien des manières de diminuer les émissions de gaz à effet de serre! On pourrait ajouter, pour compléter l’effort, que les caravaniers devraient également acheter des crédits de carbone afin de compenser l’équivalent des kilomètres parcourus dans leur année. Par exemple auprès de ZéroGES, une entreprise québécoise citée dans l’article, ou de Carbone Boréal.
Suggestion de guide pour les amateurs de motoneige : Motoneige au Québec 2010, des éditions Le Petit Futé.
Prochain billet: «Nos paradoxes?»

Anne Marie Parent et Sylvie Rivard aiment écrire et voyager. Anne Marie est journaliste spécialisée en tourisme et Sylvie l’a été pendant plusieurs années avant d’aller suivre une formation universitaire en développement durable. Elle est maintenant éco-conseillère spécialisée en tourisme. Crédit photo: Manpreet Kooner
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