
L’appel du Sud pour des vacances hivernales bien méritées. Crédit: Anne Marie Parent
Le paradoxe est un puissant stimulant pour la réflexion. Il est souvent utilisé par les philosophes pour nous révéler la complexité inattendue de la réalité. Il peut aussi nous montrer les faiblesses de l’esprit humain et plus précisément son manque de discernement, ou encore les limites de tel ou tel outil conceptuel. (Wikipédia)
J’aime bien cette définition. Elle décrit la thématique que je voulais aborder dans ce billet : on est humain, on est rempli de paradoxes. On trie soigneusement ses déchets pour recycler tout ce qui se recycle, on fait son compost et on circule en ville en utilisant le vélo ou les transports en commun. Bref, on fait son possible.
Quand vient le temps des vacances d’hiver, c’est normal, je pense, de rêver d’une destination soleil. On passe plusieurs mois dans la grisaille, surtout cette année, et dans la froidure, mais pas cette année, alors quoi de plus normal que vouloir se retrouver sur une plage, les fesses dans le sable et le cerveau au neutre (mais pas trop longtemps quand même). Et quand elles arrivent, ces petites journées de congé qui passent toujours trop vite, il est assez rare qu’on se pose des questions existentielles. On demande surtout : combien ça coûte ? C’est humain, surtout que les vacances arrivent souvent juste un peu avant le temps de l’impôt.
Peut-on voyager de façon responsable, dans le Sud ? Pour répondre à la question, j’ai fait une petite recherche dans Google, comme le feraient sans doute monsieur et madame tout-le-monde. J’ai tapé « forfaits verts vacances dans le Sud ». Résultats : beaucoup de voyages de volontariat et de coopération. Ce n’est pas ce que je cherche. Je suis tout de même allée voir Voyages offre imbattable, dont l’exploitation est, selon le milieu, faite dans les règles de l’art environnemental, et qui prodigue une liste de conseils pour « voyager vert ». J’ai ensuite tapé « voyage responsable », avec le même type de résultats. J’opte finalement pour une recherche ciblée chez les voyagistes québécois, qui offrent des forfaits vers les destinations soleil. Là non plus, aucun forfait « responsable », mais un engagement de Transat dans le « tourisme durable » assez élaboré, il faut le souligner (il comprend même la réduction des gaz à effet de serre).
Si j’ai de la difficulté à trouver un forfait responsable, imaginez le vacancier moyen qui désire la même chose ! Alors, on fait quoi ? On assume ses paradoxes, on voyage, mais, à une époque où tout le monde parle de plus en plus de responsabilité sociale des entreprises, on fait en sorte que ses convictions soient respectées ! Il faut exiger des voyagistes de prendre cette responsabilité et de proposer des vacances à empreinte écologique réduite. Plus il y aura de voix pour demander ce type de voyage, plus les producteurs devront les offrir…
Prochain billet : « Exploramer, une belle initiative… menacée de fermeture »

Anne Marie Parent et Sylvie Rivard aiment écrire et voyager. Anne Marie est journaliste spécialisée en tourisme et Sylvie l’a été pendant plusieurs années avant d’aller suivre une formation universitaire en développement durable. Elle est maintenant éco-conseillère spécialisée en tourisme. Crédit photo: Manpreet Kooner
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