Tourisme et culture, un mariage consommé!

exposition_SteCatherineCette semaine, pendant que la tempête faisait rage, on inaugurait à Pointe-à-Callière, Musée d’archéologie et d’histoire de Montréal, une toute nouvelle exposition mettant en vedette la rue Sainte-Catherine, à Montréal. Le lendemain, madame Nicole Boudreau, directrice du bureau du 375e anniversaire de Montréal, dévoilait, au Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec, la «stratégie embryonnaire» entourant l’élaboration de ces célébrations, qui se tiendront en 2017.

S’il n’y a pas de lien direct entre les deux événements, permettez-moi d’en faire un : la culture. L’exposition relate un bout important de l’histoire et de la culture montréalaise tandis que les célébrations du 375e miseront aussi sur cet élément pour attirer les visiteurs.

Pourtant, l’association tourisme-culture ne semble pas (encore) être évidente dans les sphères touristiques et culturelles d’ici. Bien entendu, comme le mentionnait mon collègue et ami Pierre Bellerose, rencontré au conservatoire, Tourisme Montréal travaille de plus en plus étroitement avec les «gens de théâtre, de la danse, des musées, etc. afin de les intégrer dans la stratégie touristique montréalaise». Sur les lieux de l’échange avec Mme Boudreau, beaucoup d’«intervenants culturels» s’interrogeaient sur la place que tiendrait la culture pendant les événements de 2017. Que l’on doive travailler à intégrer la culture au tourisme et s’interroger sur la place qu’elle tiendra dans des célébrations qui souligneront celle de tout un peuple me fascine.

Lorsque je faisais mes études en éco-conseil, j’ai lu et relu le livre Tourism, Biodiversity and Information (que je recommande chaudement à quiconque s’intéresse au développement durable du tourisme), de Francesco di Castri, le père du concept de Réserves mondiales de la Biosphère dans lequel chaque cas rapporté de succès en tourisme reposait (et le fait toujours) sur la culture des communautés, des visités. J’ai ensuite eu le privilège de rencontrer monsieur di Castri et de discuter avec lui de l’association essentielle entre la culture et le tourisme. En tourisme, on «vend» qui l’on est et le tourisme responsable est justement celui où les communautés mettent en valeur les éléments qui font d’elles ce qu’elles sont : coutumes, savoir-faire, gastronomie, terroirs, patrimoine, histoire, bref, ce qui constitue leur culture.

Crédit : Michel Julien

Vue de la salle d'exposition. Crédit photo : Michel Julien

L’exposition de Pointe-à-Callière sur la rue Sainte-Catherine illustre exactement ce propos car elle refait l’histoire des hommes et des femmes d’ici et d’ailleurs qui ont construit cette artère et une bonne partie de l’histoire et de la culture de Montréal. Cette rue commerçante constitue aujourd’hui, avec le boulevard Saint-Laurent, la colonne vertébrale de la ville. Les voyageurs qui visiteront cette exposition en apprendront un peu plus sur nous et comprendront mieux, peut-être, qui nous sommes. Qui sait, peut-être en apprécieront-ils davantage leur visite ? L’expo n’est pas réservée aux touristes! Pourquoi ne pas profiter des fêtes pour nous aussi nous découvrir ? En nous connaissant mieux, nous pourrons devenir les «ambassadeurs» de Montréal, en 2017. C’est du moins le souhait de Nicole Boudreau, qui soulignait la place essentielle que devront prendre les visités — c’est nous ça —, qui recevront encore une fois le monde, en 2017, 50 ans après Expo 67. Il n’y a pas de hasard… il n’y a que des rencontres !

Joyeuses fêtes!

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