Terre-Neuve et les Vikings

Quand j’ai mis les pieds à Terre-Neuve, je ne m’attendais pas à fouler le lieu même où les tout-premiers Européens avaient touché terre, il y a plus de mille ans. Et bien oui. C’est là, à l’Anse-aux-Meadows, tout au bout de la péninsule du Grand Nord, que ces individus qui n’avaient pas froid aux yeux, mais surtout besoin de bois pour construire leurs drakkars et pour se réchauffer, établirent leur premier campement.

Dans ce site historique national également inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO, on ne fait pas que rappeler l’histoire, on la recrée, dans le plus grand respect historique et patrimonial. Lorsqu’on se rend au centre d’interprétation –qui a été construit dans un site et avec des matériaux sélectionnés pour se fondre dans la nature rude et rustique du lieu- on pénètre dans un sanctuaire dédié au passage important, mais bref, de cette colonie dans ce qu’ils avaient baptisé Vinland. (Ne manquez pas la vidéo qui présente le site avant d’en entreprendre la visite; ces images sont magnifiques.)

Bienvenue chez les Vikings!

Une fois dehors, lorsqu’on suit le sentier –que l’on partage avec la faune locale, dont trois orignaux que j’ai pu observer- on est saisit de frissons qui ne sont pas dus qu’au vent du Nord qui fouette fort, dans ce coin de pays ouvert sur l’Atlantique. On dit que des fantômes hantent toujours le site…

Au bout du trottoir de bois se dévoile le«village Viking», une recréation parfaite du bled où ont vécu les hommes du Nord pendant près d’une décennie. Devant ce qui semble être la résidence principale, nous sommes d’ailleurs accueillis par un Viking (que j’ai d’abord pris pour un Hobbit… oups!), avant d’être entraînés à l’intérieur où se prélasse Neptune, le surnom que j’ai donné à ce deuxième Viking, vautré dans ses coussins.

Dans l’antre des Vikings

Ces personnages ont pour tâche de raconter la vie dans cet habitat, il y a mille ans. Le grand bâtiment, principalement construit de tourbe, abritait hommes et femmes, et seuls les notables pouvaient utiliser les chambres pour dormir. La plèbe occupait la salle principale. Heureusement, on ne sent pas le froid; pour le confort, toutefois, on repassera. C’est à l’extérieur, toutefois, que l’on peut observer les véritables endroits où étaient érigés les bâtiments du village, sur les grands carrés de terre plus verts et bosselés; ils n’ont pas été excavés parce que cela aurait été trop coûteux. Hélas.

Un peu plus loin, blotti tout au bord de la mer, Nordstead recrée un port marchand. On trouve d’ailleurs un magnifique drakkar dans l’un des bâtiments; en plus d’une église, d’une forge, et une grande hutte où nous sommes accueillis par des femmes et un homme, le forgeron.

Le bâtiment des femmes, à Nordstead

Là, les femmes —elles sont une dizaine— discutent, tricotent ou brodent, en utilisant les méthodes viking. Au fond de la pièce, un grand métier à tisser viking, évidemment, et les réalisations de ces dames : mitaines, tuques, foulards, offerts en vente aux intéressés… et aux frileux, car ça caille sur le bord de l’eau!

C’est un véritable voyage dans l’histoire que nous promet l’Anse-aux-Meadows… une histoire passionnante. On en revient… En fait non, on n’en revient pas. L’atmosphère très particulière de ces lieux nous enveloppe longtemps après qu’on en soit parti… Vous êtes avertis!


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