Martinique… dynamique!

Je vous racontais, dans mon dernier billet sur la Martinique, que les gens ici sont imaginatifs et ont l’esprit entrepreneurial.

Rhum Habitation Clément au domaine de l’Acajou. Photo: Anne Marie Parent

Sur la Route du rhum de la Martinique, tour des 11 distilleries agricoles encore en activité sur l’île, nous sommes avons visité deux rhumeries, allés à deux distilleries, Depaz et Clément. Les deux se visitent individuellement et non avec un guide, en lisant les panneaux explicatifs. Dans le cas de l’Habitation Clément, on nous fournit un audioguide inclus dans le prix d’entrée. Le domaine est vaste; il y a un grand parc bordé de palmiers gigantesques et plusieurs bâtiments, dont une maisonnette, la case de l’économe, qui a accueilli d’importants visiteurs en 1991 : les présidents français, François Mitterand, et américain, George Bush, à l’issue de la Guerre du Golfe. À la fin du parcours, une dégustation de rhum est offerte à la boutique. On repart tous avec un achat d’au moins une bouteille de celui qu’on a préféré!


Rencontres marquantes

Léon Tisgra versant son ti-punch Érablos. Photo: Anne Marie Parent

Les Martiniquais sont VRAIMENT chaleureux, colorés, gentils, souriants, entrepreneurs… Parmi les rencontres mémorables, Léon Tisgra, surnommé Tonton Léon, ne donne pas sa place. Cet agriculteur de culture biologique a créé des gîtes touristiques au Hameau du Morne des Cadets, à Fonds-Saint-Denis. À son restaurant sur une terrasse à la vue prenante sur la montagne Pelée, il sert un ti-punch à l’érable, qu’il a baptisé Érablos, évoquant ses liens d’amitié entre le Québec et la Martinique.

 

 

Guy Ferdinand, chef des restaurants Petibonum et Babaorum. Photo: Anne Marie Parent

Autre personnage, le chef en short, Guy Ferdinand, possède deux restaurants dont les noms reflètent son  penchant pour Astérix : Petibonum, au Carbet, où nous avons soupé les deux pieds dans le sable, et Babaorum, à Fort-de-France. Il cuisine devant nous, pendant qu’on sirote un délicieux rhum planteur ou un ti-punch. Sa spécialité? «La bonne humeur!» lance-t-il. Il est aussi «expert en fruits de mer». Le secret de la fraîcheur de ses langoustines bleues réside dans la coupe de celles-ci, encore vivantes, avant la cuisson sur le gril.

 

Une visite au marché couvert de Fort-de-France est un voyage au cœur des Antilles. On trouve des étalages colorés et appétissants de fruits et légumes exotiques, des vêtements, des chapeaux, des tissus aux motifs de madras (d’origine indienne)… Le contact avec les gens est chaleureux, rempli d’humour, surtout aux stands des herbes, épices et autres potions «magiques»! On nous explique avec un sourire coquin l’utilité du «bois bandé», une plante dont l’écorce et la racine favoriseraient la vasodilatation des vaisseaux sanguins. Ce  «viagra antillais» est souvent apprêté en macération dans du rhum et tant les femmes que les hommes peuvent le boire. Ou bien on vous vend seulement l’écorce et vous faites votre propre potion avec du rhum.

Carole Michel, propriétaire du restaurant Chez Carole. Photo: Anne Marie Parent

Le marché compte aussi plusieurs petits restaurants. Nous avons mangé Chez Carole, qui jongle avec les épices telle une alchimiste de la cuisine. Carole Michel a l’assiette aussi généreuse que son sourire et sa gentillesse. Elle s’approvisionne en épices dans le nord de l’île où résident des descendants d’Indiens, principalement Tamouls, arrivés dès 1851 pour pallier le manque de main d’œuvre à la suite de l’abolition de l’esclavagisme. Elle sert un délicieux poulet colombo, mets indien par excellence, et d’autres plats créoles: chatrou (pieuvre), accras… Que du bonheur!

 

 

Gilbert Larose, qui a créé de toutes pièces la Savane des Esclaves. Photo: Anne Marie Parent

Aux Trois-Îlets, j’ai eu un coup de cœur pour Gilbert Larose, qui a créé de toutes pièces la Savane des Esclaves, afin de perpétuer la mémoire de l’histoire martiniquaise. Ce petit village de cases (maisonnettes) reproduit le mode de vie des esclaves, en commençant par une exposition de sculptures qu’il a commandées afin d’illustrer comment les maîtres blancs traitaient les Noirs : ils avaient droit de vie, de mort et de viol sur eux et elles. Atroce! Gilbert termine la visite des lieux en nous montrant comment on écrase le manioc pour faire de la farine. Il nous fait goûter aux cassaves, des pâtisseries sucrées ou salées à base de cette farine.

Un bel exemple de métropolitains venus s’installer en Martinique est celui du couple Gilles et Anna Duplan et leur ami Pierre Segaud qui ont ouvert le restaurant Zandoli et l’hôtel de charme 4 étoiles La Suite Villa, aux Trois-Îlets, aux allures d’une galerie d’art. Ils exposent d’ailleurs des œuvres en consigne, ce qui permet à des artistes, dont un Cubain et une Québécoise, de vendre leurs toiles à des clients intéressés, tout en décorant gratuitement l’hôtel.

Restaurant Zandoli de l’hôtel La Suite Villa. Photo: Anne Marie Parent

Un autre restaurant où nous avons soupé, la Villa créole, à l’Anse Mitan, aux Trois-Îlets, est réputé pour le dynamisme de son propriétaire-musicien. S’accompagnant à la guitare, Guy Bruère-Dawson assure l’animation tous les soirs, chantant en français, en anglais et en créole. Le menu du réveillon de la Saint-Sylvestre (31 décembre) a des allures de festin musical!

 

 

En conclusion, les initiatives de tous ces gens et de nombreux autres Martiniquais font connaître la culture, le patrimoine, la cuisine… tout ça dans une joie de vivre hors du commun!

Pour en savoir plus sur la Martinique:

Comité martiniquais du tourisme, 514 844-8566, www.lamartinique.ca

Lecture recommandée: Guide Ulysse Martinique, 2005 (je voudrais bien collaborer à la mise à jour 2013, s’il y a des projets en ce sens! Je serais obligée de retourner là-bas… soupir!).


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Une réponse à Martinique… dynamique!

  1. Ghislain roy dit :

    j’ai soudainement envie d’aller au martinique voir tous ces gens dont vous parlez! Vous avez décidément bien rencontré de belles personnes et de beaux endroits. Pourtant je suis sûr qu’il y en beaucoup plus a voir. Des dégustations jusqu’aux visites historiques, des restaurants jusqu’au marché, les descriptions que vous avez donné indique bien la présence de sites et de gens fantastique. de plus, j’ai remarqué qu’ils sont très bien organisé, comme mentionné dans votre texte, panneaux explicatifs et audio guides sont de bons moyens pour donner l’information aux touristes avide de connaissances. Il est aussi heureux de savoir que ces gens protègent leur culture et leur environnement. ils soutiennent les liens avec le Québec et leur histoire avec une simple recette, qui pourtant, semble démontrer une affection toute particulaire pour leurs cousins éloignés du Québec. Ce genre d’attitude est très apprécié par beaucoup de touristes. leur réussite est sans conteste, avec votre description c’est sûr qu’ils vont recevoir de la visite du Québec. les plus petites entreprise ont souvent beaucoup plus gros à l’intérieur. au plaisir du prochain commentaire, Ghislain Roy, technicien en tourisme.