Immersion culturelle – Voyager à l’intérieur

Il y a plusieurs façons de faire du tourisme. Celle que je préfère, et qui semble avoir de plus en plus la cote chez les gens qui ont «tout vu, tout fait», c’est de passer du temps dans une communauté pour se glisser dans le quotidien de nos hôtes. Sans devenir voyeur, on observe – et partage – le mode de vie, la langue, les préoccupations sociales, la condition des femmes, etc.

Il ne s’agit pas de «débarquer» avec l’attitude du colonisateur qui sait tout et qui va aider le «pauvre monde»; trop souvent, les programmes d’aide humanitaire offerts aux touristes de passage durant une ou deux semaines dans une localité ressemblent plus à des coupons de déculpabilisation pour se donner bonne conscience. Non, je parle de ces séjours où l’on prend le temps d’apprendre à se connaître. Autant le visiteur que le visité en tirent un bénéfice. Aller à la rencontre de l’autre permet de se trouver soi-même et de dévoiler à l’autre une meilleure personne.

La valeur de cet échange ne se mesure pas concrètement, car elle réside dans la satisfaction mutuelle des deux parties sur les plans immatériel et émotionnel. On a parlé, ri, mangé, travaillé, échangé des idées et des conseils, bousculé des valeurs, pour finalement avoir la sensation d’avoir changé le monde, nos mondes intérieurs, les mondes qui nous entourent. Petit à petit, peu à peu. Un peu, beaucoup, énormément. Mais toujours de façon grandiose et magnifique, même sans avoir déplacé des montagnes.

Comment faire pour aller à la rencontre d’autres peuples ? Les pistes à suivre sont souvent partagées officieusement, entre amis, par Facebook, de bouche à oreille… En voici trois qui m’ont paru des plus enrichissantes.

La Puesta del Sol à l’île d’Ometepe au Nicaragua

On m’a récemment parlé de Marie Thérien, une Québécoise qui collabore à une association sur l’île d’Ometepe au Nicaragua afin de développer un projet de tourisme rural communautaire. Elle explique : «Ce projet qu’offre l’association Puesta del Sol est une expérience interculturelle entre les touristes et les familles hôtes où les voyageurs explorent le milieu de vie typiquement nicaraguayen des gens de la communauté.»

Source : puestadelsol.org

Source : puestadelsol.org

Je suis allée voir le site Internet de la Puesta del Sol (coucher de soleil, en espagnol). On y lit que cette association, «dirigée par des femmes faisant partie de plus de 10 familles de paysans dans la communauté de La Paloma, a vu le jour en 2004. La plupart de ses membres sont engagés dans des activités agricoles traditionnelles. Aujourd’hui, elles offrent des services de tourisme comme un moyen alternatif de développement communautaire dans un esprit de développement durable et de conservation de l’environnement».

J’ai été très touchée par la vidéo, seulement en espagnol pour le moment, de ces femmes qui racontent pourquoi elles ont monté ce projet touristique. Elles sont fières de contribuer à l’économie de leur communauté, disent-elles. Il en coûte 20 $ par personne/jour, ce qui inclut les trois repas et le logement en famille, pour vivre au rythme de ces Nicaraguayens. C’est une expérience d’immersion, et non de travail humanitaire; vous noterez que les organismes d’aide internationale demandent beaucoup plus que 20 $ par jour pour faire du «volontourisme» !

L’association nicaraguayenne encourage les gens à visiter les lieux (vélos, canots et kayaks sont fournis), à se reposer sur le bord du lac ou dans un hamac, et à découvrir les spécialités de la collectivité. Dans le centre communautaire de la Puesta del Sol, on peut acheter des produits biologiques faits par les femmes de l’association, dont la vente sont une importante source de revenus pour l’ensemble de la communauté : thé de Jamaica (hibiscus), thé de citronnelle et eucalyptus, huile essentielle à la menthe et à l’origan, vin d’hibiscus, etc. Le séjour permet de vivre une nouvelle expérience, de donner à la collectivité et d’apprendre d’une autre culture. L’année prochaine, la Puesta del Sol célébrera 10 ans de tourisme responsable !

Langue et culture en Équateur

Photo : Anne Marie Parent

Photo : Anne Marie Parent

Un ami m’a raconté qu’il a séjourné un mois en Équateur pour apprendre l’espagnol. Il a vécu dans une famille à Quito et a passé de merveilleux moments en compagnie de ses hôtes. Une immersion bien efficace, parce qu’il se débrouille très bien dans la langue de Cervantés !

Sa professeure d’espagnol, María Augusta Velasco et les membres de sa famille ont a cœur non seulement l’enseignement de leur langue, mais le partage de leur culture équatorienne. Langue et culture sont indissociables, affirment-ils. C’est pour cette raison que le programme linguistique et culturel Quito Corazón del mundo comprend des activités et des visites mettant les élèves en situation de communication, dont des excursions dans des parcs et des cours de cuisine. María Augusta encourage tellement l’exercice de la langue qu’elle propose de suivre ses étudiants par Skype, à leur retour chez eux !

Immersion au Costa Rica

Source : www.johannegervais.com

Source : www.johannegervais.com

Johanne Gervais, conseillère en voyages et directrice produits Costa Rica et Sud à l’agence Terratours depuis janvier 2013, propose des séjours en immersion linguistique en partenariat avec l’école de langue AC.CE (Académie latino-américaine d’espagnole) à Grecia, dans la vallée centrale du Costa Rica, mais aussi de l’aide humanitaire, des voyages sur mesure (stage pour les travailleurs dans les domaines sociaux, éducatifs et de la santé; pour les sportifs – soccer, vélo de montagne…) et des camps de vacances pour adolescents dans ce pays où elle a habité deux ans.

Parmi les stages d’aide humanitaire, Johanne propose de travailler bénévolement dans un centre de jour pour personnes âgées, sur une ferme écologique ou dans une école défavorisée, ou de participer à un programme de la fondation Green Pet ou au projet de conservation de l’environnement sur la ferme La Gran Vista.

Johanne Gervais accompagnera un groupe de 10 touristes invités à découvrir ses «Coups de cœur pour le Costa Rica» du 23 mars au 2 avril 2014.

Ces quelques exemples de tourisme responsable sont riches en expériences humaines, sociales, linguistiques et culturelles, n’est-ce pas ?

 


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Une réponse à Immersion culturelle – Voyager à l’intérieur

  1. Yves Cloutier dit :

    Bonjour, article pertinent sur les immersions. Il aurait été judicieux de préciser l’importance d’atteindre un certain niveau d’espagnol avant de se lancer dans le travail communautaire. Sinon on reste à un niveau superficiel (tâches et contact) avec l’autre sans comprendre la réalité derrière les sourires. Il existe plusieurs organisations au Québec qui préparent, documentent et peuvent faire des réservations pour les gens désireux de s’immerger dans la vraie vie d’ailleurs, il aurait été intéressant d’en citer un peu plus 😉 Merci de parler des voyages alternatifs de ce genre.