Jouer au cerf-volant en Estrie

Ce week-end, je pars en randonnée alpine au Mont Sutton… mais c’est sur le plat que je vous convie aujourd’hui, une fois n’est pas coutume ! Le petit lac Magog et le Lac-Brome sont les terrains de prédilection de René Jobin, un pro du kite snow, terme dont on cherche encore la traduction. Tant pis, de toutes façons, moi, c’est le paraski qui m’intéresse. Version adoucie du précédent, ce sport de glisse se pratique avec des skis alpins aux pieds et un cerf-volant pour vous tirer.

P1170177 IMG_3123

Évidemment, il faut du vent et c’est là parfois que le bât blesse, quand il fait défaut ou souffle trop fort. Après deux essais infructueux (pour ces deux causes), me voilà en route vers les Cantons-de-l’Est par une belle journée ensoleillée. René m’attend avec un harnais (comme pour l’escalade), des bottes de ski alpin, un casque, des skis… et sa motoneige.

P1170141Le froid est mordant mais je suis bien habillée et embarque avec excitation à l’arrière de lui. Direction : le milieu du petit lac Magog, loin d’être si petit. A destination, les choses se corsent.

Le « maître » a beau trouver que les conditions sont idéales, avec un couvert de neige ni trop frais, ni trop ancien, il me semble que le vent est fort.
Après avoir appris les rudiments du montage du paraski au sol, il me met la « voile » entre les mains et j’en ai vite plein les bras !

Une fois décollé du sol, le cerf-volant de traction, emporté par le vent, m’entraîne à la course. Un coup brusque sur la barre de direction et la voilà à terre !

A coup d’essais-erreurs (une méthode d’apprentissage infaillible en plein air), je parviens à maintenir le cerf-volant à la verticale pour m’arrêter et tourner, puis à repartir dans l’autre sens en abaissant un peu la voile en demi-lune pour reprendre de la vitesse.

P1170147« C’est bon, tu peux mettre tes skis », me dit René en reprenant temporairement les commandes du cerf-volant. J’aurais du me méfier: pendant notre court déplacement en motoneige, j’avais pu admirer quelques fous du volant, maniant leur voile avec adresse, filant à grande vitesse avant d’effectuer quelques sauts dans les airs. « Wouah ! Beau à voir! »

Mon heure est venue et mes premiers essais sur ski détonnent… La voile s’était pourtant gentiment dressée dans le ciel et j’avais gentiment pris de la vitesse. Tout allait bien quand le vent s’est mis à enfler et moi à perdre le contrôle du cerf-volant, les skis fendant lames après lames de neige. Craignant le pire, j’avais tout lâché et la voile s’était lamentablement écrasée au sol. Et moi avec !P1170150

« Hâtez-vous lentement et sans perdre courage,

Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage »

Ces vers de Nicolas Boileau en tête, je remettrai la voile à plat sur le sol avant de l’élever lentement dans les airs, glissant sur le « métier » avec bonheur, jusqu’au prochain virage raté, jusqu’à la chute suivante. Je me redresserai avec courage pour repartir à l’assaut du vent, prenant un peu d’assurance, sentant une légère amélioration de style…

Au bout de deux heures, j’ai les bras en compote et les ischio-jambiers en lambeaux. Par chance, j’ai une bonne excuse: prendre en photo ces joyeux lurons, maîtres en pirouettes, agitateurs de voilures colorées. « Hâtez-vous lentement » ? Eux semblent bien avoir dépassé ce stade. Pas moi mais je n’ai pas dit mon dernier mot !

P1170186 IMG_3389

Le paraski, c’est bon pour 

  • l’adrénaline
  • la concentration
  • l’étirement de la colonne vertébrale
  • la bonne tenue des abdominaux 

Prochain billet: Tourisme volontaire au Costa Rica

 
Les Guides Ulysse vous recommandent:

6 Commentaires
  1. C’est un plaisir, de te suivre à travers tes activités.
    Anne, je crois que tu fais le plus beau métier du monde.
    Lâche pas, j’ai hâte d’aller jouer dehors avec toi.

    • Beau métier mais pas payant du tout !
      Je crois que je vais lancer un concours pour venir avec moi en plein air ! Quelles activités t’intéressent ?

  2. Ah la la, Anne! T’es vraiment courageuse! Je dois dire que j’avais peur juste à regarder les photos. Il faut dire que je ne suis pas une fille des hauteurs! Mais je trouve formidable que certaines osent s’aventurer dans ce type d’activité!!!

  3. J’ai comme l’impression d’avoir déjà vu ce merveilleux spectacle depuis le bord d’un grand lac ensoleillé et venteux…
    Mais si comme moi, vous ne vous ne vous sentez pas l’âme sportive, vous pouvez profiter tout simplement de la poudreuse pour faire du Land-Art avec vos bottines, avec les branches glanées sur les rives, les cocottes secouées par Éole et autres babioles éphémères qui peuvent occuper une grande fille hyperactive pendant 2 bonnes heures !! Résultat vu du ciel garanti !

    • Je confirme qu’il est possible de se garder au chaud en faisant du land-art hivernal pendant que sa grande soeur fait du paraski… Le résultat était très beau. Je t’attends pour bis repetita.

Laissez votre commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


*