Grouiller comme un bébé-tortue au Costa Rica  

Il fait nuit et c’est à la lampe frontale à infrarouges que le petit groupe de volontaires se déplace vers la plage. L’heure est grave et émouvante: dans quelques minutes, nous allons mettre à l’eau dans l’océan Pacifique une centaine de bébés tortues olivâtres, une espèce en danger. Leur chance de survie à l’âge adulte n’est que d’une sur mille mais le jeu en vaut la chandelle. Dans ma paume, chaque bébé-tortue gigote, plein d’une vie qui n’a encore que quelques heures derrière elle. Je me sens vieille tout-à-coup.

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Hop ! Délicatement posée dans l’eau, la petite tortue ne sait plus où donner de la tête. Elle file côté plage… comme la plupart de ses petites sœurs. Remises dans le droit chemin, elles nagent vers le large mais une vague les ramène vers le rivage. Malheur ! On les repousse gentiment jusqu’à les voir disparaître dans les flots à grands coups de petites nageoires. Mission accomplie ! Aux suivants…

Sur la plage de Matapalo, côté Pacifique du Costa Rica, l’ASVO – qui est l’une des principales organisations nationales de volontaires au service des zones protégées du pays – a installé un incubateur de fortune, avec des dizaines de curieux « nids de sable » dans une sorte de damier géant. IMG_0481Des bénévoles de partout dans le monde, jeunes surtout, moins jeunes parfois, se relaient pour mener à bien ce projet, faire œuvre utile tout en profitant des beautés naturelles du Costa Rica. Au camp, on ne chôme pas : il faut participer aux taches de la vie courante tout en assurant ses quarts de travail, de jour comme de nuit, en allers-retours sur la plage. Bon pour le cardio…

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Pour une mise en forme complète, rien de tel que d’aller patrouiller de nuit, beau temps, mauvais temps, en arpentant la longue plage pendant des heures. Les tortues olivâtres viennent y pondre leurs œufs et les enterrent dans le sable pour 45 à 60 jours. Les œufs font l’objet d’un trafic permanent, malgré une interdiction officielle. Les volontaires ont pour tâche d’éviter les vols par leur seule présence et de ramasser eux-mêmes les œufs… Mais pas pour les manger.

Transférés à l’incubateur, ils sont enterrés dans le sable et surveillés 24 heures sur 24 jusqu’à l’éclosion (temps de repos avec un bon livre). Une centaine de tortues peuvent naître dans chaque nid. Mesurées et pesées, les voilà prêtes pour le grand voyage…

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Ce type de bénévolat est un bon exemple de ce que le « tourisme volontaire » peut apporter :

-le sentiment de participer à des projets concrets pour améliorer la vie humaine ou la protection de la nature dans des contrées lointaines.

-l’occasion de mêler voyage de plein air et voyage « utile ».

0350031240-5368f97f44172La plupart du temps, on peut en effet profiter d’un séjour volontaire pour s’adonner aux activités de plein air de son choix. De la plage de Matapalo, on n’est pas très loin du grand Parc national Manuel Antonio.

Partout sur la côte costaricienne, nage et surf sont aussi à l’honneur, et à l’intérieur des terres, les occasions de randonnées pédestres ou équestres sont légion. Planter des arbres, un jour, sur la plage d’Hermosa, pour ramener la forêt vers la mer, puis le lendemain lâcher la pelle pour aller surfer dans les vagues, c’est possible !

Et dans la cordillère centrale du Costa Rica, les projets fourmillent aussi, pas très loin des invitants volcans…

Alors, on « grouille » volontaire ?

 

Prochain billet: je grouille en ski mais lequel ?

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3 Commentaires
  1. Ça me rappelle un voyage en Guyane où j’avais pu voir une énorme tortue luth venue pondre ses oeufs dans le sable, sur la plage des Hattes. Un beau souvenir, comme le tien sûrement… un beau sujet…

  2. Wouah Anne, après la paraski, le Costa Rica! Que de beaux souvenirs je garde de ce pays que j’ai visité il y a maintenant plus de 25 ans… je rêve d’y retourner. J’aimerais bien aussi vivre l’expérience d’aider les tortues. C’est chouette! Ça donne des idées de voyage. Bon séjour! De la Floride où nous sommes arrivées hier chez nos amies.

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