La plage qui n’en mène pas large

Dormir sur le sable, sous tente, et même avec un bon matelas de sol, m’a toujours donné mal au dos (même jeune) mais je suis prête à tout pour me réveiller au bord d’un lac perdu, avec un couple de huards se donnant la sérénade sur fond de brume matinale. Mon remède pour le dos est à deux pas: je plonge !

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Le choix de notre campement avait été très simplifié. Après avoir sillonné une bonne partie du lac des Cinq-Doigts (au fin fond de la réserve faunique Rouge-Matawin dans les Laurentides) à la recherche d’un site qui pourrait accueillir trois tentes et cinq personnes, il a fallu se rendre à l’évidence : le lac est magnifiquement sauvage, à tel point qu’on ne peut quasiment accoster nulle part pour cause de végétation dense. Pas non plus de longs bancs de sable où planter sa tente, ni de grosses roches où passer au stade contemplatif.

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Une seule petite plage, aperçue à dix minutes de la mise à l’eau répondait aux premiers critères du groupe : avoir une belle vue sur le lac et pouvoir s’y baigner facilement. On y retourne ! A l’accostage, la plage se révèle très étroite (1,50 mètre tout au plus) et mon amie Catherine la surnomme derechef la « plage qui n’en mène pas large ». Dans le bois adjacent, nous découvrons heureusement un joli site de camping et un emplacement où faire un feu. Bingo !

Deux tentes sont installées dans le bois mais je préfère le bord de l’eau, le sable malléable pour épouser (plus ou moins) le corps, le plaisir de dormir au son de vaguelettes… La mini-plage étant en pente, je prépare le terrain (c’est bon pour les étirements dorsaux). Le sable égalisé pour être à peu près à l’horizontale, la tente est montée. Il reste à peine cinquante centimètres pour atteindre l’eau.

Une fois les kayaks et le canot remontés sur la plage, il faut pour l’arpenter, soit se mouiller les pieds, soit se contorsionner pour passer par-dessus les embarcations. L’hydrothérapie ou la course de haies ?

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On atteint ainsi la zone cuisine de la mini-plage: une nappe de plastique, un réchaud et des casseroles de camping, des glacières pleines de bonnes choses… Pour une fois, il semble que nous n’ayons rien oublié pour la partie de plaisir gourmand ! Car c’est bien beau le kayak-camping mais les repas sont ici sacro-saints. Le vin est à l’honneur (bien qu’en usage modéré) et les menus se doivent d’être minimalement de fine cuisine d’un terroir quelconque.

Ce soir, après une dégustation de petits fromages de chèvre en importation directe de France, les pâtes se déclinent avec de fines lamelles de légumes variés, crus, coupés à la mandoline, avec noix de Grenoble, roquette et dés de bocconcini. Demain, on filera en rêve au Maroc avec un couscous aux légumes bios du Québec et merguez itou. Entretemps, on aura dégusté pour le lunch une salade de quinoa ou un pain aux olives avec thon, tomates du jardin… Plus quelques gâteries sucrées. Au diable le régime !

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Sur le lac, en canot ou en kayak, pas âme qui vive hormis deux ou trois pêcheurs perdus dans l’immensité. Par contre, les huards et les harles sont nos fidèles compagnons de route, plus un balbuzard perché sur un arbre mort et quelques hérons. On navigue en longeant les rives sans exagérer sur la vitesse et on profite des plongeons dans le lac, à répétition, car il fait chaud !

Après une bonne journée de plein air, le vent se lève en soirée. Les vaguelettes feront du bruit toute la nuit, à quelques centimètres de mon oreille mais je dormirai plutôt bien. Parole d’insomniaque urbaine !

J’aime

  • le kayak, parce que c’est bon pour les muscles des bras et des jambes, les dorsaux, les abdos et les muscles fessiers.
  • le camping, parce que c’est bon pour le bol d’air et les gens bien organisés
  • la nage, parce qu’elle favorise la détente musculaire.
  • la plage au coucher de soleil : pour les contemplatifs

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