Je grouille dans le Mercantour

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Prenez deux sextas ex-marathoniens, un couple de quadras gais dangereusement musclés, deux jeunes de 17 ans pétant la forme, une toute jeune sexta adepte des trails d’endurance. Et moi ! Même décennie mais niveau sportif, disons, un brin inférieur. Il va falloir assurer sur les pentes du Mercantour…

C’est l’un des sept parcs nationaux de France qui s’étire en longueur de la Méditerranée vers le nord. A hauteur de Nice, on découvre ces impressionnantes Alpes-Maritimes qui n’en finissent pas de grimper. Même après avoir garé l’auto aux alentours de 1.600 mètres, les choix de randos en altitude sont variés. Une randonnée de niveau moyen est évaluée dans les guides consultés à 4 à 5 heures de marche avec un dénivelé de 500 à 700 mètres… en montée. Multipliez par deux pour le retour… et ne pas être pris de court en ratant l’heure de l’apéro après-rando au village.

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Remarquez que les paysages sont tellement beaux qu’on en oublie presque le temps qui passe. Surtout qu’en tant qu’adepte de la marche-plaisir et contemplation, je n’hésite jamais à reprendre mon souffle à la vue d’un beau chardon bleu, d’une campanule solitaire, coincée entre deux cailloux ou d’un massif de framboises sauvages. Malheureusement, les occasions d’observer la flore diminuent considérablement à mesure qu’on s’élève en altitude. Il faut alors ruser, prétexter avoir cru « voir un chamois », « entendre le sifflement d’une marmotte », « apercevoir un oiseau de proie toutes ailes déployées derrière un piton rocheux ».

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Par chance, il arrive vraiment qu’un chamois se pointe la corne au-dessus d’un buton ou qu’une marmotte sorte de son terrier pour regarder passer ces drôles d’animaux sur deux pattes, savamment couverts de crème solaire, portant casquettes et bâtons et avançant à pas de tortue.

Quand rien ne se présente, on peut toujours se réclamer d’un étonnant jeu d’ombres et lumières sur le flanc de la montagne particulièrement propice à la prise d’une photo (évidemment nécessaire pour publication future). Ou d’une obligation de tremper sa casquette dans un torrent glacial pour se refroidir le cerveau.

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Dans tous les cas, en montée, je suis bien souvent en queue de peloton, voire un peu loin du peloton. Vaille que vaille, cependant, je finis par rejoindre le petit groupe qui m’attend gentiment sur un replat et fais bonne figure même si je rêve tout à coup d’un hamac sous les cocotiers plutôt que de mettre un pied devant l’autre et de recommencer.

Mais attendez la descente! Là, je suis à mon meilleur. La reine des bâtons prend le leadership, sautillant par-dessus les roches comme un chèvre des montagnes et faisant fi des petits graviers grâce à sa technique éprouvée (depuis qu’un guide lui a – dans les Alpes justement – modifié le style) : « tu baisses d’abord ton centre de gravité, puis tu descends le plus droit possible dans la pente, en t’aidant des bâtons. Et tu poursuis… » Depuis, plus une pente ne me résiste, plus un gravillon ne me fait déraper (ou presque).

Entre la montée et la descente, pour épater la galerie et me remonter l’estime de moi-même, j’ai aussi ma technique. A l’heure de la pause, pendant que tout un chacun commence déjà à mordre dans son sandwich, je ne résiste pas. L’appel de l’eau est plus fort que l’appel du lunch.

Je me déshabille sans tarder (gardant le strict nécessaire) et me glisse dans l’eau (bien fraîche) du lac suspendu près duquel nous nous sommes arrêtés. Quel cadre pour un bain de midi ! Faisant l’admiration de tous pour ma témérité, je nage quelques brasses avant de sortir, mettre à sécher mon linge et attaquer mon propre sandwich, fière du devoir accompli en tant que digne représentante de ces Canadiens qui n’hésitent pas en plein hiver à aller tâter de l’eau glacée d’une rivière dans un spa nordique près de chez eux.

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Voilà, c’est fait : je peux profiter du paysage, toujours grandiose, la tête levée, les muscles déliés par le bain et l’estomac en voie d’être contenté.

 

 

 

 

En matière de paysage, chaque jour aura ses belles surprises. Un jour, ce sera un torrent de montagne qui se mue en cascade, puis glisse, translucide, sur une longue roche en pente. Le lendemain, un pic majestueux, une arête qui se dresse, lumineuse, devant une sombre chaîne de montagnes aux allures de château-fort; ou cet incroyable lac, couleur émeraude, au beau milieu d’un grandiose cirque glaciaire. Et au retour, il y a ces « vacheries » de montagne avec leurs fromages bien frais qui n’attendent que nous…

Allez, ce Mercantour, je l’adopte ! Encore un parc en montagne qu’une vie ne suffirait pas, visiblement, à explorer totalement. Mais une semaine, c’est peu, vraiment trop peu. Alors, avant de lui tourner le dos pour redescendre vers la mer, si belle elle aussi, je lui fais cette promesse de revenir un jour.

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