Rodéo en Camargue

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Alors que la neige déborde au Québec mais avec des conditions très changeantes, je me replonge dans un beau souvenir de novembre : la découverte de la Camargue, en pleine saison de migration des oiseaux, dans le delta du Rhône, au sud de la France. Que je vous conseille en hiver, au printemps ou en automne, sans moustique, sans hordes de touristes, dans la douceur méditerranéenne !

Ma première journée (sur trois) en terre camarguaise avait débuté sous la pluie mais rien pour arrêter la pèlerine. Au programme : un tour à cheval dans la campagne entourant le Mas Saint-Germain, une ferme typique de Camargue, où l’on élève chevaux et taureaux, tout en faisant culture de céréales et production du fameux riz régional. Et chambres d’hôtes absolument magnifiques.

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Tout avait bien commencé : la pluie s’était arrêtée ; j’avais bien sali mes bottes en allant avec Ludmina – ma guide du jour – chercher deux chevaux dans le pré voisin ; j’avais bien brossé la belle robe de ma jument Taquine à l’écurie, en admirant ses rondeurs; j’étais bien montée sur ma selle camarguaise et j’avais bien écouté les instructions de base, dont celle de tenir les rênes longues et à une seule main… Et nous étions parties en balade, Ludmina sur sa Colombine, moi avec Taquine… qui ne se révélât pas la plus taquine des deux.

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Au pas, camarade, nous allons, découvrant des champs immenses, entrecoupés de larges fossés, dits roubines, et de plus petits canaux servant à l’irrigation des terres et à l’évacuation de l’eau… car ces champs sont des rizières ! Sur le bord de l’un d’eux, nous avançons tranquillement sur un talus et je me gorge du paysage quand soudain Colombine se braque en avant de Ludmila… qui la retient d’une main ferme.

-« Elle a vu un sanglier », me dit posément la cavalière.

-« Ah, oui, où ça ? ». Je veux voir ça, moi, un sanglier camarguais…

Ludmina me montre un buisson : « par là », dit-elle en reprenant la marche au pas. Quelques secondes plus tard, sa jument se braque de nouveau à la vue d’un second sanglier (que nous ne verrons pas plus) et part à la course dans un champ plein de boue, suivie par ma valeureuse Taquine.

Les deux partent au galop, ruent dans les brancards et me voilà faisant littéralement du rodéo. Pas le temps de m’imaginer en vedette du Stampede de Calgary, célèbre spectacle de rodéo canadien, j’ai trop à faire. Je tire dramatiquement sur les rênes en serrant les cuisses pendant que ma Taquine se balade à droite, à gauche dans le champ, toujours au galop, ne sachant plus à quel saint se vouer.

Sa propre guide – Colombine – a littéralement pris la clé des champs, larguant cavalièrement la mienne… Ludmina a fait la cabriolle, roulant à terre. Elle se relève, toute crottée mais en un seul morceau, pendant que ma gentille monture a fini par s’arrêter. Mon cœur bat un peu la chamade mais je suis bien contente d’être restée en selle !

L’autre jument a filé au galop, virant la selle à l’envers, cassant ses courroies, larguant selle et couverture et la voilà qui s’enfuie, libérée de toute contrainte. Nous la voyons s’éloigner à plus d’une kilomètre et il nous faudra bien du temps pour aller la rejoindre, l’une à pied, l’autre à cheval, retourner à l’écurie chercher une nouvelle selle et repartir pour aller voir l’étang du Vaccarès.

 

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J’y verrai mes premiers flamants roses. Le vent du sud souffle à plein mais il a repoussé la pluie. Les abords de l’étang, tout en gros buissons de salicorne rougissants, sont magnifiques. Au retour à travers champs, ma Taquine et sa Colombine se sont calmées. Pas de sanglier à l’horizon mais je garde une petite crainte…

 

 

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Morale de l’histoire: mon cœur semble encore bon et si je ne suis pas prête pour la Mongolie à cheval, ça s’en vient !
 J’en suis désolée mais pas de photo pour illustrer cet épisode de mes aventures camarguaises: j’étais trop occupée à tenir mes rênes…

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2 Commentaires
  1. Pas plus de moustiques en Camargue que de maringouins au Quebec : ils n’aiment que la chair tendre des étrangers, c’est aussi répété ironiquement ici que là-bas !
    En ballade équestre en extérieure, j’ai souvent vu quelque néophyte se faire « embarquer » par leur monture ce qui gâche tout le plaisir restant pour la randonnée.
    Une seule année de pratique en club (à faire à tout age) permet de mieux profiter de ces sorties merveilleuses en pleine nature et en toute sérénité.
    Heureusement pour ta monitrice que les chevaux camarguais sont connus pour avoir un petit gabarit ; reste que la chute n’est pas systématiquement l’apanage de la bleusaille !

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