J’ai grouillé en « croisière » ski de fond-raquette

Il reste de la belle neige partout au Québec pour les mordus de ski de fond, ski alpin et raquette. J’en profite pour faire un petit retour en arrière sur ma dernière grande aventure en terre hivernale québécoise… A ceux qui croient que je suis une « malade » de plein air, sachez que je ne suis rien à côté des hyper-intoxiqués que j’ai pu côtoyer fin janvier lors de la Traversée du Saint-Laurent, édition 2017 des fameuses Traversées de la Gaspésie. Cette 15ème édition était plutôt cool et même un peu trop cool pour plusieurs des 250 participants habitués à faire des 60-80 km de ski de fond par jour, des Marathons canadiens de ski de fond ou des courses de raquettes…

 

Croisière versus Gaspésie

Comme Claudine Roy, grande manitou des TDLG, ne fait rien comme tout le monde et même pas comme elle-même, au lieu de « s’encrouter » dans une nième édition de ces « semaines tout inclus sportives » destinées entre autres à valoriser le potentiel de la péninsule gaspésienne, sa gang proposait cette année une semaine de ski de fond et raquettes avec le Saint-Laurent – fleuve et golfe – pour toile de fond. Histoire de célébrer le 375ème anniversaire de Montréal, de la croix de Gaspé à celle du Mont-Royal. Le tout en dormant à bord du Vacancier, le bateau de croisière de la CTMA. Aux étapes, embarquement immédiat sur les skis de fond ou raquettes pour aller découvrir des coins connus ou méconnus de Gaspésie, de Charlevoix, de Québec et de Montréal.

 

Rythme d’enfer paradisiaque

A défaut de compléter les 30 km de ski de fond quotidien, de rigueur dans les tdlg des années précédentes, ou les 15 km de raquette en terrain accidenté (à cause notamment des trajets en bus pour se rendre sur les lieux d’activités), personne ne s’est plaint. Il fallait voir les gens courir dans les coursives du navire avant 8 h le matin pour aller farter leurs skis dans la cale, puis dévaler la passerelle pour se jeter dans le premier bus en partance. La frénésie ambiante se rencontrait aussi sur les pistes. Est-ce un effet du confinement à bord d’un bateau, fut-il aussi agréable à vivre que celui-là ? Il m’a semblé en tout cas que nombreux étaient ceux qui avaient de grosses fourmis dans les pattes le matin et avaient hâte d’en découdre avec la neige, la glisse, le « canard » pour grimper les côtes en ski, leurs bâtons pour se hisser vers les sommets en raquettes…

Et rien qui n’arrête le pèlerin ! Réveil entre 5h30 et 6h max; déjeuner au pas de course, ski ou raquette avec heure-limite pour terminer les trajets… afin de ne pas rater le bateau ! Celui-ci larguait en effet les amarres vers 17 h et nous étions parfois à une ou deux heures de route en bus.

Croisière-détente ?

Vous pensez qu’après de telles journées, les fins d’après-midis et soirées étaient plutôt tranquilles ? Détrompez-vous : l’équipe de choc de la Traversée avait concocté un programme artistique du tonnerre, avec choix multiples tous les jours, histoire de continuer sur notre lancée d’hyperactifs. Certains l’étaient plus que d’autres, profitant jusque tard dans la nuit des concerts et soirées dansantes…

 

De bobo en bobo

Fidèle à mon habitude, j’ai fait ma première chute en public, m’écrasant un tibia sur la première marche glissante de la passerelle du Vacancier à Gaspé. Je m’apprêtais de façon athlétique à grimper à bord, devant un méchant comité d’accueil… Par chance, il faisait déjà un peu nuit et je suis presque passée inaperçue. Le lendemain, en ski de fond dans le parc national Forillon, nous fûmes plusieurs à rater un bonne descente en forêt… mais je crois que je fus bien la seule à me plaindre après 10 km d’une ampoule dans l’arche du pied, qui plus est avec mes bonnes vieilles bottes et bas de ski… Drôle de place ! Les 5 km suivants m’ont arraché le cœur et je suis piteusement monté à bord de la camionnette des Zappalaches, mes amis musiciens, pour les cinq derniers kilomètres. Le sort de mes pieds en dépendait.

 

Le lendemain en raquettes au fabuleux Mont-Pointu, dans la réserve faunique de Matane, je suis tombée jusqu’à la taille dans un « trou d’arbre », typique espace dangereux près des troncs, recouverts de neige mais creux en-dessous, parfois de plusieurs mètres. Il m’a fallu me débattre pour remonter à la surface sous l’œil amusé de quelques raquetteurs. Puis je me suis rentrée dans l’avant-bras un bout de bois mort qui traînait sur le bord de la piste. En redescendant sur un large chemin, seule, en fin de parcours, j’allais d’un bon pas lorsque j’ai littéralement piqué du nez, m’étalant de tout mon long face contre terre. Sans témoin. Ouf !

 

Les jours suivants, rien à signaler, sauf une deuxième ampoule jouant les jumelles avec la première, sur le pied droit, et un coup dans le front en me levant dans le bus. L’avant-dernier jour, mes nouveaux amis bretons ont eu la gentillesse de tomber à ma place en passant par-dessus un tronc dans le parc du Mont-Royal mais, au matin du départ, alors qu’un membre de l’équipage m’avait gentiment proposé de descendre ma valise dans l’escalier, j’ai trouvé le moyen de glisser sur une marche et de me faire mal au bras sur la rambarde. Au moins, je n’ai pas précipité mon chevalier servant dans ma chute…

 

Bilan de cette formidable équipée hyper-hyperactive : quand est-ce qu’on repart en Gaspésie ? Le prochain rendez-vous maso est prévu « à bottines » du 23 au 30 septembre. Qu’on se le dise ! J’ai du temps pour soigner mes bobos et même, qui sait, pour m’en faire d’autres. Je ne suis pas avare en la matière.

 

 

 

 

 

 

 

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